ON NE VOUS DIT PAS TOUT !

AMNESTY BLANC BLEU ? - 2008-05-23

POUR UN AUTRE SON DE CLOCHE (POLITIQUE INTERNATIONALE )

La Guerre froide n'est pas finie
Les contradictions d'Amnesty International

par Salim Lamrani | 5 mai 2008 | Doit-on considérer comme « prisonniers d'opinion » des individus qui ont été condamnés parce qu'ils étaient stipendiés par une puissance étrangère pour déstabiliser leur pays ? À l'évidence non. Et pourtant, Amnesty International admet que les agents des États-Unis chargés de renverser un régime socialiste sont des « prisonniers d'opinion ».
Salim Lamrani s'interroge sur cette étrange conception selon laquelle tout État aurait le droit de se protéger des ingérences étrangères, sauf lorsqu'elles proviennent des États-Unis et visent à imposer leur idéologie et leur modèle économique.
Amnesty International (AI) est sans aucun doute la plus célèbre organisation de défense des droits de l'homme à travers le monde. Créée en 1961 par l'avocat britannique Peter Benenson, cette organisation non gouvernementale dispose de sections dans plus de cinquante pays et de plus de deux millions d'adhérents à travers la planète. Son travail remarquable en faveur de l'abolition de la peine de mort et de la torture, contre les crimes politiques et pour la libération des prisonniers d'opinion lui a permis de bénéficier du statut d'organisme à caractère consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies, de l'UNESCO, du Conseil de l'Europe et de l'Organisation des États américains, entre autres [1].
Les « prisonniers d'opinion »
AI publie chaque année un rapport sur la situation des droits de l'homme dans le monde. Presque aucun pays n'échappe à son regard vigilant. Concernant Cuba, l'organisation internationale fait état de « 69 prisonniers d'opinion » dans son rapport 2007 et explique que ces derniers sont incarcérés pour « leurs positions ou activités politiques non violentes ». Le gouvernement cubain récuse cette charge et accuse AI de partialité. Les relations ont été rompues entre l'organisation et les autorités du pays depuis 1988, date de la dernière visite de AI à Cuba [2].
Dans une déclaration du 18 mars 2008, AI a cette fois-ci dénombré « 58 dissidents toujours emprisonnés à travers le pays ». L'organisation souligne que « le seul crime commis par ces 58 personnes est d'avoir exercé de manière pacifique leurs libertés fondamentales ». Kerry Howard, directrice adjointe du programme Amériques d'Amnesty International, note qu'elle « les considère comme des prisonniers d'opinion. Ces personnes doivent être remises en liberté sans délai et sans condition [3] ».
Dans son communiqué, l'organisation internationale reconnaît que « la plupart ont été inculpés d''actes contre l'indépendance de l'Etat' ». Amnesty International reconnaît également que ces personnes ont été condamnées « pour avoir reçu des fonds ou du matériel du gouvernement américain pour des activités perçues par les autorités comme subversives ou faisant du tort à Cuba [4] ».
Pour se convaincre d'une telle réalité, en vigueur depuis 1959, il suffit de consulter, en plus des archives états-uniennes partiellement déclassifiées, la section 1705 de la loi Torriccelli de 1992, la section 109 de la loi Helms-Burton de 1996 et les deux rapports de la Commission d'Assistance à une Cuba libre de mai 2004 et juillet 2006. Tous ces documents révèlent que le président des États-Unis finance l'opposition interne à Cuba dans le but de renverser le gouvernement de La Havane. Il s'agit là du principal pilier de la politique étrangère de Washington à l'égard Cuba [5].


Ainsi, la section 1705 de la loi Torricelli stipule que « les États-Unis fourniront une assistance, à des organisations non gouvernementales appropriées, pour soutenir des individus et des organisations qui promeuvent un changement démocratique non violent à Cuba [6] ».
La section 109 de la loi Helms-Burton est également très claire : « Le Président [des États-Unis] est autorisé à fournir une assistance et offrir tout type de soutien à des individus et des organisations non gouvernementales indépendantes pour soutenir des efforts en vue de construire la démocratie à Cuba [7] ».
Le premier rapport de la Commission d'assistance à une Cuba libre prévoit la mise en place d'un « solide programme de soutien favorisant la société civile cubaine ». Parmi les mesures préconisées, un financement à hauteur de 36 millions de dollars est destiné au « soutien de l'opposition démocratique et au renforcement de la société civile émergeante [8] ».
Le 3 mars 2005, M. Roger Noriega, secrétaire assistant pour les Affaires de l'hémisphère occidental de l'administration Bush, a signalé que 14,4 millions de dollars avaient été ajoutés au budget de 36 millions de dollars prévu dans le rapport de 2004. M. Noriega a même poussé la sincérité jusqu'à dévoiler l'identité de certaines personnes travaillant à l'élaboration de la politique étrangère états-unienne contre Cuba [9].
Enfin, le second rapport de la Commission d'assistance à une Cuba libre prévoit un budget de 31 millions de dollars pour financer davantage l'opposition interne. De plus, un financement d'au moins 20 millions de dollars annuels est alloué à ce même effet pour les années suivantes « jusqu'à ce que la dictature cesse d'exister [10] ».
Ainsi, aucun doute n'est possible à ce sujet.
Contradictions
AI admet désormais que les personnes qu'elle considère comme des « prisonniers d'opinion » ont « reçu des fonds ou du matériel du gouvernement américain pour des activités perçues par les autorités comme subversives ou faisant du tort à Cuba ». C'est ici que l'organisation internationale entre en pleine contradiction.
En effet, le droit international considère comme illégal le financement d'une opposition interne dans une autre nation souveraine. Une telle politique viole de manière flagrante les principes et les normes qui régissent les relations entre les États. Tous les pays du monde disposent d'un arsenal juridique leur permettant de défendre l'indépendance nationale contre ce type d'agression étrangère, en codifiant comme délits les conduites qui favorisent l'application de telles dispositions menant à la subversion. Il s'agit là d'un devoir primordial de tout État.
La législation cubaine
La législation cubaine punit de sanctions très sévères toute association avec une puissance étrangère dans le but de subvertir l'ordre établi et de détruire son système politique, économique et social. La loi n° 88 de protection de l'indépendance nationale et de l'économie de Cuba a été adoptée le 15 mars 1999, suite à la décision prise par les États-Unis d'accroître les sanctions économiques et le financement de l'opposition interne à Cuba.
Cette législation a pour but, comme le stipule l'Article 1, de « définir et sanctionner les actes destinés à soutenir, faciliter ou collaborer avec les objectifs de la loi 'Helms-Burton', le blocus et la guerre économique contre [le] peuple [cubain], destinés à briser l'ordre interne, déstabiliser le pays et liquider l'État socialiste et l'indépendance de Cuba [11] ».
La loi prévoit des sanctions de sept à quinze ans de privation de liberté pour toute personne qui « fournirait, directement ou par le biais d'un tiers, au gouvernement des États-Unis d'Amérique, ses agences, dépendances, représentants ou fonctionnaires, des informations pour faciliter les objectifs de la loi 'Helms-Burton'. Cette sanction sera de huit à vingt ans de prison si le délit est commis conjointement par plusieurs personnes ou s'il est stipendié d'une manière ou d'une autre [12].
La législation n° 88 sanctionne d'une peine de trois à huit ans de prison le fait d'accumuler, reproduire ou diffuser du matériel à caractère subversif du « gouvernement des États-Unis, ses agences, dépendances, représentants, fonctionnaires ou de toute entité étrangère » dans le but de soutenir les objectifs des sanctions économiques et déstabiliser la nation. Les peines seront de quatre à dix ans d'emprisonnement si le délit est réalisé avec le concours d'autres personnes ou s'il est rémunéré [13].

SOURCE : ...

POUR UN AUTRE SON DE CLOCHE - 2008-05-23

POUR UN AUTRE SON DE CLOCHE (politique internationale )

MAXIME VIVAS COMPARE DANS CE TEXTE A JUSTE TITRE NOUVELLE ORLEONS ET CHINE

Séisme en Chine et amnésie du Nouvel-Obs.


Le séisme du lundi 12 mai 2008 en Chine a particulièrement frappé le Sichuan région du « grand Tibet ».
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao est arrivé le soir même, à 22 heures, dans la zone de l'épicentre du séisme à Dujiangyan.
Il s'est enquis de l'état de santé des rescapés avant de se rendre sur les lieux d'un l'hôpital partiellement détruit où restaient encore ensevelies une centaine de personnes.
Le Dalaï Lama se devait de parler. Il l'a fait le lendemain, mardi 13 mai. "Nous exprimons toutes nos condoléances aux familles endeuillées par cette grande tragédie et nous admirons la réponse rapide des autorités chinoises à déployer des équipes de secours pour secourir les survivants"
La presse française, qui s'en serait voulu naguère de censurer la moindre de ses paroles autour de la flamme olympique, a occulté ces propos.
A Paris, les Dalaï-lamistes, plus Dalaï-lamistes que le Dalaï-Lama se bouchent les oreilles devant pareil encensement « politiquement incorrect » et contreproductif dans le cadre de la Mère de toutes les Batailles Ménardo-manichéenne.
Une recherche sur Internet et sur le site de la ville de Paris permet de découvrir que Bertrand Delanoë, qui fit en avril le Dalaï Lama citoyen d'honneur de la Capitale, a exprimé sa "profonde émotion". Hélas, le communiqué date du 9 mai et concerne la mort d'un chanteur français, Pascal Sevran !
Supposons naïvement qu'il soit possible, sans être soupçonné de vouloir importer le système politique chinois en France, de convenir que la réponse fut en effet rapide au plus haut niveau.
Le site Internet du Nouvel Observateur du 14 mai note d'ailleurs que le « premier ministre Wen Jiabao s'est immédiatement rendu sur les lieux pour prendre la direction des opérations de sauvetage, comme ferait n'importe quel leader politique ».
La précision « comme ferait n'importe quel leader politique » tend à minimiser la réactivité, du dirigeant chinois. Nullement exemplaire, elle serait au contraire courante dans de telles circonstances. De la routine pour les chefs d'Etat.
Cependant, le Nouvel- Observateur parie ainsi sur l'amnésie des lecteurs qui n'ont sûrement pas tous oublié ce qui suit.
Le 29 août 2005, le cyclone Katrina dévaste la Louisiane.
Selon l'hebdomadaire Newsweek, vers 20 heures, le gouverneur de Louisiane a réclamé de l'assistance au président Bush qui ira se coucher sans avoir répondu à sa demande.
Le jour après que Katrina eut atteint la côte du Mexique, Bush jouait au golf. Il attendit 3 jours avant d'apparaître à la Télé et 5 jours avant de visiter les lieues du désastre. Dans un éditorial cinglant, le New York Times écrivit « Rien dans le comportement d'hier du Président- qui semblait désinvolte au point d'en être imprudent- rien ne témoignait qu'il comprenait la gravité de la crise en cours »
Entre-temps, des militaires armés vont quadriller la région sinistrée avec ordre de tirer sur les pillards privés de nourriture.
Le gouverneur Kathleen Blanco a été explicite : « 300 soldats de la garde nationale viennent juste de rentrer d'Irak. Ils ont une certaine expérience des combats. Ils rétabliront l'ordre dans les rues. Ils ont des M-16 prêts à tirer. Ces troupes savent comment tirer et tuer et elles sont plus que jamais prêtes à le faire ».
Le 7 septembre 2005, sous le titre ironique : « L'Etat ne peut pas tout ? Mon pauvre ! », le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon, publiait un communiqué :
« La Louisiane noyée par un cyclone et martyrisée par un Etat absent et une société d'injustice sociale sera le Tchernobyl du régime absurde qui gouverne les USA. Rien de tel qu'une catastrophe pour révéler ce que vaut un système. A la face du monde éclatent l'incurie, la bureaucratisation, l'inefficacité et l'égoïsme de la société libérale dans son centre le plus avancé.
Bon vent aux logisticiens de la Croix Rouge française qui vont aller enseigner aux sous-développés de la solidarité comment on s'occupe de ses semblables quand tout va mal ! Monsieur Bush a bien le bonjour des Français, citoyens d'un pays dévasté par une tempête catastrophique qui a réussi à rétablir le courant électrique et assisté le plus isolé des siens en moins de 48 heures ! Oui, la France, monsieur Bush, ce pays enfoncé dans la vieille Europe bureaucratique des acquis sociaux et des services publics ! »
Bien entendu, par ce que nous disons, Jean-Luc Mélenchon et moi, exceptionnellement épaulés par le Dalaï-Lama, nous exprimons un amour aveugle et suranné pour le regretté président Mao Zedong.
Nul doute que si un cataclysme en Russie amenait le Nouvel-Observateur à nous révéler que le Premier ministre russe se conduit « comme ferait n'importe quel leader politique », nous aurions du mal à ne pas ajouter : « Sauf Bush et les généraux birmans », objection qui constitue, on en conviendra, un éloge éhonté de Staline.
Maxime Vivas

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POUR UN AUTRE SON DE CLOCHE (politique internationale )


Une pensée ne tient la légitimité de sa vérité que dans la mesure où, directement ou indirectement, elle dénonce le mensonge d'une autre. Il existe une grande quantité d'écrits qui disent des vérités contradictoires, ils sont tous faux.
Chaque concept est un mensonge, chaque question est mal posée, chaque réponse est une erreur. Que reste-t-il, alors, à quoi se fier ? Rien ? Une chose quand même : la possibilité d'invention, c'est-à-dire la capacité de faire mentir le mensonge.
Toute pensée est un mensonge qui voudrait dominer les autres. On nous apprend à respecter ou à brûler les livres, en fait il faut les lire pour les nier, il faut les trahir. Inventer sa propre pensée, faire mentir le mensonge, c'est contrer la domination d'un mensonge unique.
Il faut apprendre à toujours commencer par dire non, mais cela ne suffit pas, car en plus d'être faux, les écrits sont tous risibles. Face à une proposition, il faut se faire un devoir d'affirmer joyeusement le contraire. Mince de chic ! La Société n'existe pas.
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POUR UN AUTRE SON DE CLOCHE (politique internationale )

Depuis sa création, le Réseau Voltaire n'a cessé d'ouvrir des débats et de susciter des polémiques. Ses adversaires ont lancé des campagnes visant à l'intimider ou à le discréditer. Aujourd'hui, ils veulent le faire disparaître.

Au cours des six dernières années, le département US de la Défense a interdit aux grands médias d'évoquer notre action sous peine de suppression de leurs accréditations ; le département d'État nous a classé parmi les « principales sources de désinformation anti-américaine dans le monde » (probablement un hommage du vice à la vertu) ; des émissaires du Conseil de sécurité nationale des États-Unis nous ont présenté des offres de corruption ; une unité spécialisée de Tsahal a hacké notre site Internet ; des contrats ont été lancés contre notre président et contre certains de nos collaborateurs sud-américains. Cependant, jusqu'en mai, les autorités françaises ont garanti notre sécurité physique, notre liberté de circulation et d'expression. Il en va autrement aujourd'hui : les pressions sont plus fortes, elles s'étendent à notre entourage, et nous ne pouvons plus compter sur la bienveillance de la France.
Nos principaux collaborateurs parisiens ont non seulement été placés sur écoutes, mais ont fait l'objet de filatures permanentes pour identifier nos sources d'information. De proche en proche, cette surveillance s'est étendue à nos familles et à nos amis.
Le 17 juillet et le 1er août, George Bush a signé deux décrets présidentiels (Executive Orders 13438 et 13441) criminalisant les opposants à sa politique en Irak et au Liban. Les comptes bancaires de nos collaborateurs résidant au Moyen-Orient ont immédiatement été bloqués et l'accès au territoire US leur a été interdit, à eux et à leurs familles. Selon nos informations, les autorités états-uniennes faisant jouer les accords de défense mutuelle ont demandé à leurs homologues françaises, courant août, de prendre des mesures identiques à l'encontre de nos collaborateurs français qui sont déjà interdits d'accès au territoire US.
Au cours des mois d'août et septembre, des fonctionnaires français et états-uniens, utilisant abusivement les dispositions légales réprimant le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, ont procédé à des enquêtes pour tenter d'identifier nos donateurs réguliers et faire pression sur eux.
De plus, des menaces crédibles ont été adressées oralement par des fonctionnaires français et états-uniens à certains de nos rédacteurs.
En définitive, nous avons dû prendre des mesures draconiennes et onéreuses pour garantir la sécurité de nos collaborateurs et correspondants, et la confidentialité de nos donateurs. L'interruption de toute aide financière pendant les mois nécessaires à l'installation de notre nouveau dispositif a mis en danger la continuation de notre action en Europe, dans le monde arabe et en Amérique latine.
Depuis le 11 septembre 2001, nous dénonçons la manipulation du terrorisme par les États-Unis et son usage pour justifier de guerres à l'extérieur et de répressions à l'intérieur. Notre travail s'est inscrit dans la durée et a rencontré un large écho (2 à 2,5 millions de visiteurs distincts par mois sur notre site web principal, Voltairenet.org, dont 92 000 abonnés aux listes de diffusion). Nos idées sont maintenant reprises à travers le monde, y compris aux États-Unis, malgré les efforts déployés pour nous dénigrer.
Le Réseau Voltaire est un outil international de lutte contre la propagande et d'émancipation des esprits. Il agit en Europe, mais aussi depuis et en direction de pays du Sud dont les ressources économiques sont faibles. Nos lecteurs du Sud ont besoin que le Réseau Voltaire existe. Lecteur d'un pays du Nord, vous ne soutenez pas le Réseau Voltaire uniquement pour vous : vous le faites aussi pour les citoyens de pays moins fortunés que le vôtre.
Voltairenet.org est une initiative citoyenne exclusivement financée par les dons de ses lecteurs. Son travail d'information et d'analyse ne peut se poursuivre qu'avec votre soutien financier.
C'est pourquoi nous vous demandons de faire un effort particulier pour nous aider dans ce moment difficile.

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A LIRE PAR CURIOSITE (ON PEUX AUSSI NE PAS ETRE D'ACCORD ET DOUTER )MAIS ... - 2007-01-02

Le chaudron yougoslave_Jürgen Elsässer : « La CIA a recruté et formé les djihadistes » _par Silvia Cattori*
Dans son dernier ouvrage, « Comment le Djihad est arrivé en Europe », le journaliste allemand Jürgen Elsässer met en évidence la continuité de la filière djihadiste. Des combattants musulmans recrutés par la CIA pour lutter contre les Soviétiques en Afghanistan ont été employés successivement en Yougoslavie et en Tchétchènie, toujours avec le soutien de la CIA, mais peut-être parfois hors de son contrôle. S'appuyant sur des sources ouvertes diversifiées, principalement yougoslaves, néerlandaises et allemandes, il a reconstitué le parcours d'Oussama Ben Laden et de ses lieutenants en Bosnie-Herzégovine aux côtés de l'OTAN.

Silvia Cattori : Votre enquête sur les agissements des services secrets fait un constat effrayant. C'est ainsi que l'on découvre que depuis les années 80 les États-Unis ont investi des milliards de dollars pour financer des activités criminelles et que par le biais de la CIA ils sont directement impliqués dans des attentats que l'on attribue à des musulmans. Quel est l'apport de votre livre ?
Jurgen Elsässer : C'est le seul ouvrage qui établit le lien entre les guerres dans les Balkans des années 90 et les attentats du 11 septembre 2001. Tous les grands attentats, à New York, à Londres, à Madrid, n'auraient jamais eu lieu sans le recrutement par les services secrets américains et britanniques de ces djihadistes à qui l'ont attribue les attentats. Sur les manipulations des services j'apporte un nouvel éclairage. D'autres livres que le mien ont fait état de la présence d'Oussama Ben Laden dans les Balkans. Mais leurs auteurs ont présenté ces combattants musulmans présents dans les Balkans, comme des ennemis de l'Occident. Les informations que j'ai collectées à de multiples sources, démontrent que ces djihadistes sont des marionnettes entre les mains de l'Occident et non pas, comme on le prétend, des ennemis.
Silvia Cattori : Dans le cas de la guerre des Balkans, les manipulations d'États sont clairement désignées dans votre livre. Les États-Unis ont soutenu Ben Laden qui avait pour travail de former les Moudjahidines. Nul ne peut donc plus ignorer que ces attentats qui glacent l'opinion n'auraient jamais existé si les « terroristes » n'avaient pas été entraînés et financés par les services secrets occidentaux ?
Jürgen Elsässer : Oui, en effet, c'est le résultat de faits que l'on peut observer. Mais on ne peut pas dire que l'intervention des pays occidentaux en ex-Yougoslavie avait pour objectif de préparer les attentats du 11 septembre. Pour être précis : ces attentats sont une conséquence de la politique occidentale des années 90 car l'OTAN a mis en place ces djihadistes dans les Balkans et a collaboré avec eux. Les militants musulmans qui ont été désignés comme responsables des attentats du 11 septembre ont fait partie de ce réseau.
Silvia Cattori : Selon vous, quel était l'intérêt des États-Unis et de l'Allemagne à dresser les peuples des Balkans les uns contre les autres ?
Jürgen Elsässer : L'Occident avait un intérêt commun à détruire la Yougoslavie, à la démembrer, parce que, après la fin du bloc soviétique, elle aurait été un modèle de combinaison intelligente entre éléments capitalistes et socialistes. Mais l'Occident voulait imposer le modèle néolibéral à tous les pays.
Silvia Cattori : L'Europe ne s'est-elle pas imprudemment engagée dans une guerre manipulée par les néoconservateurs ?
Jürgen Elsässer : C'est difficile à dire. Je crois que, dans les années 90, la politique des États-Unis, était inspirée par leur victoire contre les Soviétiques en Afghanistan. C'était le modèle qu'ils voulaient appliquer aux Balkans. Si, ces années-là, l'économie des États-Unis n'était pas tombée dans la dépression, peut-être que des politiciens plus réalistes, comme Kissinger, auraient pu garder le contrôle de la politique américaine. Je pense que la coïncidence entre la dépression économique et l'agressivité de l'école néoconservatrice a déterminé ce qui s'est passé.
Silvia Cattori : Pensez-vous qu'un dirigeant comme Blair, par exemple, une fois embarqué dans les projets des néoconservateurs, à un certain point, il en est devenu l'otage ?
Jürgen Elsässer : Je ne connais pas assez bien la position de Blair. C'est plus facile de voir ce qui se passe aux États-Unis. On peut voir que Bush est l'otage de son entourage. Et, comme il n'est pas très intelligent, il n'est pas en mesure de prendre les décisions et doit suivre les idées de son entourage. Il est clair que son père était contre l'attaque contre l'Irak en 2003.
Silvia Cattori : La première guerre du Golfe ne faisait-elle pas partie d'un plan visant à déclencher d'autres guerres par la suite ?
Jürgen Elsässer : Non, il n'y a pas eu de lien avec la guerre en Irak en 1991. Il y a eu deux phases. Jusqu'à la fin de la période Clinton, la politique des États-Unis était impérialiste, mais en même temps pragmatique. Ils ont chassé les Soviétiques hors d'Afghanistan. Ils ont vaincu l'Irak en 1991. Leur guerre s'est arrêté une fois le Koweït libéré. Ensuite ils ont attaqué la Bosnie et la Yougoslavie ; mais cela s'est produit étape par étape. Tout est allé hors de contrôle après le 11 septembre.
Silvia Cattori : Les néoconservateurs n'y sont pour rien ?
Jürgen Elsässer : Les néoconservateurs, groupés autour de Perle, avaient rédigé un document, un an avant le 11 septembre, selon lequel l'Amérique avait besoin d'un évènement catalyseur comme l'attaque de Pearl Harbour. Le 11 septembre fut cet évènement catalyseur. Je crois que les gens autour de Perle ont souhaité les attentats du 11 septembre.
Silvia Cattori : Quel était l'objectif poursuivi par les États-Unis en attaquant la Serbie ? S'agissait-il simplement, comme l'indique votre livre, de s'installer dans une région stratégique située sur une voie de transit pour le pétrole et le gaz d'Asie centrale ? Ou l'alliance des États-Unis avec les combattants musulmans dirigés par Izetbegovic, avait-elle un second objectif : créer un foyer d'extrémisme musulman aux portes de l'Europe pour s'en servir dans le cadre de manipulations terroristes ? Et, si oui, dans quel but ?
Jürgen Elsässer : Les États-Unis voulaient, comme l'Autriche à la fin du 19ème siècle en Bosnie, créer un Islam « européen » pour affaiblir les états islamiques au Moyen-Orient, c'est-à-dire, à cette époque, l'Empire Ottoman, aujourd'hui l'Iran et les états arabes. Les néoconservateurs avaient encore d'autres plans : construire un réseau clandestin de marionnettes « fondamentalistes » pour faire le sale travail contre la « vieille » Europe.
Silvia Cattori : Résultat, une guerre civile terrible. Comment l'Europe a-t-elle pu participer à la destruction de la Yougoslavie, qui apparaissait comme un exemple de cohabitation parfaitement réussie entre ethnies ? En faisant des Serbes les coupables, l'Europe n'a-t-elle pas fait voler en éclat un pays qui était une des constructions majeures de l'après-guerre. Sur quelle légitimité l'Europe fondait-elle son intervention ?
Jürgen Elsässer : D'abord, au début des années 90, l'Allemagne a mené l'attaque en se basant sur les principes de l'auto-détermination « ethnique » : c'est-à-dire la vieille ruse d'Hitler contre la Tchécoslovaquie et la Pologne en 1938/39. Ensuite, les États-Unis, ont pris le relais et ont fait l'éloge des « droits de l'homme », une escroquerie évidente.
Silvia Cattori : Dans votre enquête, Israël n'est jamais mentionné. N'avez-vous pas minimisé l'importance des néoconservateurs pro-israéliens qui, à l'intérieur du Pentagone, serviraient davantage les intérêts d'Israël que ceux des États-Unis ?
Jürgen Elsässer : Il y a des Israéliens qui ont collaboré avec les néoconservateurs, c'est un fait. Mais je ne suis pas sûr du rôle joué par Israël dans cette affaire. Sharon était contre le soutien des Albanais du Kossovo par l'OTAN. Et, en 1998, il a exprimé sa crainte à l'idée que l'OTAN soutienne la mise en place d'éléments pro-islamiques dans les Balkans. Je crois également qu'il n'était pas favorable à cette guerre l'année suivante.
Silvia Cattori : Vous ne voyez pas non plus de lien entre les services secrets israéliens et les attentats du 11 septembre 2001 ?
Jürgen Elsässer : Il y a des liens, mais je n'ai pas analysé le caractère de ces liens. Par exemple, immédiatement après le 11 septembre, un certain nombre d'agents israéliens ont été arrêtés aux États-Unis. Ils étaient présents sur les lieux où se préparaient les attentats. Il y a des analystes qui disent que c'est là une preuve qu'Israël était directement impliqué dans ces attentats. Mais cela pourrait également signifier autre chose. Il se pourrait que ces agents observaient ce qui se passait, qu'ils étaient au courant que les services secrets américains soutenaient ces « terroristes » dans la préparation de ces attentats, mais qu'ils garderaient leur savoir pour s'en servir au moment opportun, et pouvoir exercer un chantage le moment venu : « Si vous ne soutenez pas davantage Israël, nous allons livrer ces informations aux médias ». Il y a même une troisième possibilité, à savoir que ces espions israéliens voulaient prévenir les attaques mais ont échoué. En ce moment, nous savons seulement que ces types étaient sur place et qu'ils ont été arrêtés. Des investigations supplémentaires sont nécessaires.
Silvia Cattori : Ces liens mettent-ils en évidence que les attentats du 11 septembre 2001 faisaient partie d'un plan conçu de longue date ?
Jürgen Elsässer : Je ne suis pas certain qu'il y avait un plan établi de longue date. Il se peut que des gens comme Richard Perle improvisent beaucoup et se servent d'éléments criminels qu'ils ont mis en place mais qu'ils ne contrôlent pas en permanence. Comme, lors de l'assassinat de Kennedy, il est clair que la CIA était impliquée, mais on ne sait pas si cela avait été planifié au sommet, à Langley [le quartier général de la CIA], ou si ce sont les milieux les plus violents des exilés cubains travaillant pour la CIA qui l'on fait, le quartier général de la CIA se bornant à le tolérer.
Silvia Cattori : Si, demain, ces personnages regroupés autour de Perle étaient mis à l'écart, la stratégie de guerre antimusulmane des États-Unis et les manipulations qui la justifient, s'arrêteraient-elles ?
Jürgen Elsässer : Elle s'arrête quand ils perdent une guerre.
Silvia Cattori : La guerre, ne l'ont-ils pas perdue en Irak ?
Jürgen Elsässer : La guerre ne sera perdue que quand ils quitteront le pays, comme au Vietnam.
Silvia Cattori : Ces musulmans qui, comme Mohammed Atta, étaient des citoyens ordinaires avant d'être enrôlés par la CIA, comment ont-ils pu être conduits à des actions aussi terrifiantes, sans savoir qu'ils étaient manipulés par les agents secrets du camp opposé ?
Jürgen Elsässer : Il y a des jeunes qui peuvent être fanatisés et manipulés très facilement par des services. Les personnages haut placés n'ignorent pas ce qui se passe et savent par qui ils sont engagés.
Silvia Cattori : Ben Laden, par exemple, savait-il qu'il servait les intérêts des États-Unis ?
Jürgen Elsässer : Je n'ai pas étudié son cas. J'ai étudié le cas d'Al Zawahiri, le bras droit de Ben Laden, qui était le chef des opérations dans les Balkans. Au début des années 90, il a voyagé tout au travers des États-Unis avec un agent de l'US-Special Command pour collecter de l'argent pour le Djihad ; cet homme savait qu'il participait à cette collecte d'argent dans une activité qui était appuyée par les États-Unis.
Silvia Cattori : Tout cela est très inquiétant. Vous apportez la preuve que les attentats qui se sont produits depuis 1996 (les attentats dans le métro de Paris), n'auraient jamais été possibles si la guerre dans les Balkans n'avait pas eu lieu. Et ces attentats qui ont fait des milliers de victimes vous les imputez à des services occidentaux. L'opinion en Occident a donc été trompée par des gouvernements embarqués dans des actions terroristes ?
Jürgen Elsässer : Le réseau terroriste que les services secrets américains et britanniques ont formé durant la guerre civile en Bosnie et plus tard au Kossovo, a fourni un réservoir de militants que l'on a ensuite retrouvés impliqué dans les attentats de New York, Madrid, Londres.
Silvia Cattori : Comment cela s'est-il passé concrètement ?
Jürgen Elsässer : Une fois la guerre en Afghanistan finie, Oussama Ben Laden a recruté ces militants djhadistes. C'était son travail. C'est lui qui les a entraînés, partiellement avec le soutien de la CIA, et qui les a mis en place en Bosnie. Les Américains ont toléré la connexion qu'il y avait entre le Président Izetbegovic et Ben Laden. Deux années plus tard, en 1994, les Américains ont commencé à envoyer des armes, dans une opération clandestine commune avec l'Iran. Après le traité de Dayton, en novembre 1995, la CIA et le Pentagone ont recruté les meilleurs des djihadistes qui avaient combattu en Bosnie.
Silvia Cattori : Comment cela se fait-il que ces musulmans se soient mis entre les mains de services qui servaient des intérêts idéologiques opposés aux leurs ?
Jürgen Elsässer : J'ai analysé les témoignages donnés par quelques djihadistes interrogés par les juges allemands. Ils ont dit qu'après le traité de Dayton, qui stipulait que tous les ex-combattants étrangers devaient quitter le pays, ils n'avaient plus d'argent et nulle part où aller. Quant à ceux qui pouvaient rester en Bosnie, parce qu'on leur avait fourni des passeports bosniaques, ils étaient eux aussi sans travail et sans argent. Le jour où des recruteurs sont venus sonner à leur porte et leur ont proposé 3000 dollars par mois, pour servir dans l'armée bosniaque, ils ne savaient pas qu'ils étaient recrutés et payés par des émissaires de la CIA pour servir les États-Unis.
Silvia Cattori : Par la suite, quand on les a envoyés préparer des attentats à Londres en juillet 2005, par exemple, ne se sont-ils pas rendus compte qu'ils étaient entre les mains d'agents secrets occidentaux qui les manipulaient ?
Jürgen Elsässer : Il n'est pas clair que ce soient réellement des jeunes musulmans issus de la banlieue de Londres qui aient commis les attentats, comme la police l'a prétendu. Il y a d'autres indices selon lesquels les bombes étaient fixées sous les rames. Il est aussi possible que des bombes aient été fixées sous les rames sans que ces jeunes le sachent. Dans ce cas là, il n'est pas sûr que les jeunes musulmans que l'enquête a incriminés, aient commis ces attentats.
Silvia Cattori : On peine à cerner le but que poursuivent les États occidentaux en engageant leurs services dans des manipulations criminelles ?
Jürgen Elsässer : Ce n'est pas facile à dire. Souvenez-vous de l'assassinat de Kennedy. Qui a fait cela ? C'est sûr que ce sont des gens de la CIA qui ont soutenu le deuxième tueur, c'est sûr qu'Oswald a été assassiné par un homme qui avait été mandaté par la CIA. Ce qui n'est pas clair, c'est si ces hommes recrutés par la CIA ont agi sur ordre de Johnson ou de Dulles, ou s'ils étaient liés à des milieux d'exilés cubains extrémistes, c'est-à-dire affiliés à la maffia. Je ne crois pas que Bush ou Blair soient les chefs. Je ne crois pas en la théorie de la grande conspiration. Je crois que les services secrets engagent des hommes à qui l'on ordonne d'exécuter les affaires sales ; ces agents agissent comme ils veulent. Peut-être savez-vous que le 11 septembre 2001, quelqu'un a essayé de tuer Bush. Qu'est-ce que cela veut dire ? C'est difficile à expliquer.
Silvia Cattori : Vous voulez dire que Bush, par exemple, est lui-même otage de gens qui, à l'intérieur du Pentagone, forment un État dans l'État qui échappe également au commandement de l'armée américaine ?
Jürgen Elsässer : Oui. Bush est stupide. Il n'est qu'un instrument entre les mains d'autres personnes.
Silvia Cattori : Vous pensez à des gens qui sont sous l'influence directe de personnages comme Perle, Wolfowitz, Feith ? Vous pensez que ce serait eux qui, après la guerre des Balkans, auraient été les véritables commanditaires de ces attentats et que ces attentats ne sont pas séparés les uns des autres, qu'il y a un lien entre Madrid et Londres ? Cela veut-il dire que les États-uniens sont prêts à s'allier avec le diable pour semer le chaos partout dans le cadre de cette guerre antimusulmane, anti-arabe menées sous prétexte de terrorisme ? Un terrorisme fabriqué ?
Jürgen Elsässer : Oui, il y a un double gouvernement qui échappe au contrôle de Bush. Ce sont des néoconservateurs, comme Cheney, Rumsfeld, Wolfowitz, Perle, des gens liés au pétrole et aux industries militaires. Le chaos global est dans l'intérêt de l'industrie militaire : quand il y a le chaos dans le monde entier, on peut vendre des armes et le pétrole plus cher.
Silvia Cattori : Youssef Asckar a très bien décrit cet État dans l'État auquel vous donnez crédit [1]. Israël n'est-il pas le premier pays intéressé par cette stratégie du chaos, donc par la manipulation des attentats terroristes ? La propagande du lobby pro-israélien ne tend-t-elle pas à faire croire qu'Israël est menacé par des Arabes fanatisés ?
Jürgen Elsässer : Ce n'est pas certain que cette stratégie puisse servir les intérêts d'Israël car, si les choses continuent de la sorte, tout le Proche-Orient sera en flammes, y compris Israël. On s'est servi du même procédé durant la guerre en Bosnie. Pour diaboliser les Serbes, les médias de l'Ouest ont inventé les histoires de camps de concentration et fait des montages photographiques pour comparer les Serbes à des nazis. Cette propagande visait à gagner l'opinion à la guerre contre la Serbie mais, en ce qui concerne les États-Unis, elle n'était pas forcément alimentée par le lobby juif mais par des stratèges chrétiens et athées. Ces stratèges jouent la carte « juive ». C'est ma thèse. On voit cela actuellement avec la propagande contre l'Iran ; les stratèges de la guerre jouent la carte « juive » pour impressionner les gens qui ont plus de morale que d'intelligence.
Silvia Cattori : Les manipulations récentes viennent confirmer, en partie, votre thèse : au même moment où les États-Unis voulaient faire passer au Conseil de Sécurité des sanctions contre l'Iran, un journal canadien a écrit que l'Iran voulait contraindre les juifs iraniens à porter l'équivalent d'une étoile jaune [2]]]. Mais je me référais à ces personnalités ouvertement pro-israéliennes qui, en France par exemple, jouent un rôle important dans la formation de l'opinion car elles occupent des positions médiatiques stratégiques, et dont le parti pris communautaire les conduits toujours à appuyer la politique d'Israël et des États-Unis, peut importe si elle est criminelle. Souvenez-vous du soutien actif apporté à Izetbegovic en Bosnie par Bernard-Henri Lévy et Bernard Kouchner. Une fois la Serbie à genoux, ils ont tout de suite dirigé leur propagande contre les Arabes et les musulmans ; il s'agissait cette fois de mobiliser l'opinion en faveur de la « guerre des civilisations ». Quand ils ont parlé de « camps de concentration » pour associer les Serbes à Hitler, n'ont-ils pas participé aux manipulations de l'OTAN ?
Jürgen Elsässer : Nous avons assisté au même phénomène en Allemagne. Les journalistes juifs qui soutenaient la guerre contre la Yougoslavie avaient accès aux plateaux télévisés. Mais les journalistes qui étaient contre, qu'ils fussent de confession juive ou pas, ont été écartés du débat. Je pense que les médias et les politiques se servent des voix juives pour des enjeux géostratégiques.
Silvia Cattori : Si, comme vous le dites, ce qui s'est passé dans les Balkans n'était que la répétition de ce qui s'était passé en Afghanistan, ce qui a succédé faisait donc partie du même processus. Pensez-vous que nos autorités connaissent les risques des guerres provoquées par leurs services secrets ?
Jürgen Elsässer : Mon espoir est qu'il y ait une réaction de la part des militaires aux États-Unis. Il y a parmi eux des gens qui savent très bien que toutes ces guerres ne sont pas intelligentes. Ils savent que les États-Unis vont perdre cette guerre. Dans l'armée américaine, ils sont impérialistes mais ils ne sont pas fous, ils ne sont pas d'accord avec ce qui se passe. Mais les néoconservateurs sont fous, ils veulent faire la Troisième Guerre mondiale contre tous les Arabes et tous les musulmans, comme Hitler qui voulait tuer tous les juifs et attaquer tous les autres pays ; les généraux allemands avaient averti Hitler de ce qu'il risquait.
Silvia Cattori : Votre espoir est qu'un changement survienne de manière inattendue ?
Jürgen Elsässer : Pour arrêter cette folie, je ne vois de possibilité de changement que parmi des forces qui sont, elles, restées rationnelles. Le commandement supérieur de l'armée américaine a écrit une lettre à Bush pour dire qu'il ne veut pas participer à une attaque contre l'Iran avec une arme nucléaire. Peut-être que Bush attaquera ; mais les conséquences seraient plus graves que dans le cas d'Irak. Il s'est passé la même chose avec les nazis : ils attaquent, ils attaquent, et un jour il y a Stalingrad et le début de la défaite. Mais cette aventure a coûté la vie de 60 millions d'êtres humains.
Silvia Cattori : Est-ce bien là ce qui a motivé votre effort en écrivant ce livre : alerter les consciences afin d'éviter de nouveaux désastres et de nouvelles souffrances ? D'autant qu'après l'Irak ce serait au tour de l'Iran ?
Jürgen Elsässer : Oui. Mais des personnages comme Bush se fichent de tout cela. Je ne suis pas totalement pessimiste sur l'Iran : on pourrait voir une répétition de l'axe Paris, Berlin, Moscou. Notre chancelière, qui est normalement une marionnette des États-Unis, a offert une coopération stratégique à la Russie, car l'Allemagne dépend entièrement du pétrole et du gaz russe. C'est un argument fort. Les Allemands sont des impérialistes, mais ils ne sont pas fous.
Silvia Cattori : Dans les Balkans n'est-ce pas l'Allemagne qui a ouvert la porte à la guerre ?
Jürgen Elsässer : Oui, c'est vrai. Mais, aujourd'hui, vous voyez que Joschka Fischer et Madeleine Albright ont envoyé une lettre ouverte à Bush pour lui dire de ne pas attaquer l'Iran. Mme Albright a précisé que l'on ne peut pas attaquer tous les gens que l'on n'aime pas. C'est rationnel.
Silvia Cattori : Avez-vous pu recueillir ces éléments qui illustrent les agissements des services secrets parce que, aujourd'hui, inquiets de l'évolution de la politique internationale, des gens commencent à parler ?
Jürgen Elsässer : Oui. Je me suis beaucoup appuyé sur les informations de gens qui travaillent au sein de « la bête ».
Silvia Cattori : Partout dans le monde ?
Jürgen Elsässer : Je peux seulement vous dire que ce sont des gens en Europe de l'Ouest. Ce sont des gens qui n'ont pas cessé d'utiliser leur tête.
Silvia Cattori : Pour avoir la preuve des manipulations qui ont entouré l'« Incident du Golfe du Tonkin », incident qui a permis aux États-Unis de déclencher la guerre contre le peuple vietnamien, il a fallu attendre longtemps. Les choses ont-elles donc changé aujourd'hui ce qui permettrait de riposter à temps ?
Jürgen Elsässer : Il y a une grande différence entre la situation des années 60 et celle d'aujourd'hui. En République fédérale d'Allemagne, par exemple, on était à cette époque en faveur de la guerre contre les communistes au Vietnam. La version officielle qui disait notre république en danger d'être attaquée par les communistes était partagée par une grande partie de l'opinion. Ce qui a changé c'est, qu'aujourd'hui, la majorité de la population est contre la guerre, sans discussion.
Silvia Cattori : Vous soulignez à juste titre le caractère religieux extrémiste de la Bosnie-Herzégovine sous Izetbegovic mais, alors que vous doutez du soutien d'Israël à cette espèce d'ébauche de l'émirat des Taliban, ne surévaluez-vous pas le rôle de l'Iran et de l'Arabie saoudite ? Richard Perle était le principal conseiller politique d'Izetbegovic. Les Iraniens et les Saoudiens n'ont-ils pas fait de la surenchère islamique en espérant prendre le contrôle d'un régime musulman qui ne tenait ses ordres que de Tel-Aviv et Washington. En fait, Izetbegovic n'était-il pas un agent d'Israël ?
Jürgen Elsässer : Le Mossad a aidé les Serbes bosniaques, ils leur ont même fourni des armes. Il n'y a rien qui indique que le gouvernement israélien ait aidé Izetbegovic. Il a été soutenu par les Américains, et Clinton s'appuyait sur le lobby sioniste aux États-Unis, mais ce lobby n'avait pas le soutien du gouvernement israélien pendant la guerre de Bosnie.
Silvia Cattori : En ce qui concerne certaines de vos sources, peut-on accorder crédit aux assertions de Yossef Bodanski, directeur de Groupe de travail sur le terrorisme et la guerre non conventionnelle près du Sénat américain ?
Jürgen Elsässer : Je ne fais confiance à personne. On prétend que Bodansky a des liens avec des sources du Mossad et cela rend nombre de ses conclusions suspectes. D'un autre côté il porte à notre connaissance beaucoup de faits intéressants qui contredisent la propagande officielle. Dans mon livre, je montre les contradictions au sein des élites dominantes des États-Unis et, à cet égard, Bodansky, est très intéressant.
Silvia Cattori : Il est dit dans votre livre : « Le terrorisme existe au Kossovo et Macédoine, mais dans sa majorité, il n'est pas contrôlé par Ben Laden mais par les services secrets US ». Doutez-vous de l'existence d'Al Qaeda ?
Jürgen Elsässer : Oui, comme je l'ai écrit dans mon livre, c'est de la propagande fabriquée par l'Occident.
Silvia Cattori : On a un peu l'impression que, pour aller au bout de sa logique, votre enquête n'est pas terminée. Certes, la Yougoslavie a été un laboratoire de la fabrication des réseaux islamistes, et votre livre montre bien que ces réseaux servent les intérêts des États-Unis. Pourtant, vous semblez croire en l'existence de réseaux islamistes internationaux qui auraient une base populaire dans le monde musulman, alors qu'en même temps votre recherche démontre que ces réseaux ne sont que des mercenaires des États-Unis et qu'ils n'ont jamais rien fait pour les musulmans ?
Jürgen Elsässer : Regardez l'exemple du Hamas : au début des années 80 il a été fomenté par le Mossad pour contrer l'influence de l'OLP. Mais par la suite, le Hamas a développé sa propre base populaire et, maintenant, il fait partie de la résistance. Mais je parie qu'il y a encore des agents étrangers à l'intérieur du Hamas.
Silvia Cattori : Vous avez mentionné que les inspecteurs des Nations-Unies sont infiltrés d'espions par les États-Unis. Pourrions-nous avoir des précisions ?
Jürgen Elsässer : Certains casques bleus de l'UNPROFOR en Bosnie ont transporté des armes à destinations des Moudjahidines.
Silvia Cattori : Quand Peter Handke affirme que les Serbes ne sont pas les seuls coupables, qu'ils sont les victimes de la guerre des Balkans on le proscrit. Qui a raison dans cette affaire ?
Jürgen Elsässer : De tous les côtés - Serbes, Croates, Musulmans - les gens ordinaires ont tous perdu. Les Musulmans ont gagné la guerre en Bosnie avec l'aide de Ben Laden et de Clinton mais, maintenant, leur pays est occupé par l'OTAN. Ils ont aujourd'hui moins d'indépendance qu'au temps de la Yougoslavie.
Silvia Cattori : Comment votre recherche se situe par rapport à celle d'Andreas Von Bülow et Thierry Meyssan ?
Jurgen Elsässer : Nous partageons la même opinion sur les évènements du 11 septembre 2001 : nous pensons que la version officielle n'est pas vraie. Toutes ces recherches combinées sont très utiles pour pouvoir continuer d'approfondir la réalité des faits. Ma spécialité, est d'avoir fait le lien entre les guerres des Balkans et le 11 septembre, tandis que Thierry Meyssan a analysé l'attaque sur le Pentagone pour démontrer qu'elle était due à un missile et pas à un avion, et que Von Bülow, lui, est arrivé à la conclusion que les avions étaient guidés par une balise.
Silvia Cattori : Pour avoir remis en questions la vérité officielle, Thierry Meyssan a subi le discrédit et le blocage des médias. Allez-vous échapper à cela ?
Jürgen Elsässer : Il y a aussi un blocage contre mon livre. Il n'est pas possible pour un seul auteur de casser ce blocage. Toutefois, cela ne peut empêcher nos thèses de faire leur chemin. Le public n'est pas d'accord avec ce que disent les médias : malgré leur blocage 35 à 40 % des gens ne croient pas ce que les médias leur disent. Il y a l'exemple de l'assassinat de Kennedy : aujourd'hui, 90 % des gens ne croient pas en la version officielle et pensent que l'assassinat de Kennedy était une action de la CIA.
Silvia Cattori : Mettre à jour les manipulations des États, qui se servent de leurs services de sécurité de manière criminelle, ne doit pas être sans danger ?
Jürgen Elsässer : Je crois que le danger vient seulement quand on vend plus de 100 000 livres. En Allemagne, en onze mois, mon livre n'a été vendu qu'à 6 000 exemplaires.

Silvia Cattori
Journaliste suisse.
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Guantanamo : la presse occidentale entre larmes et narcissisme - 2006-07-19

Guantanamo : la presse occidentale entre larmes et narcissisme
Décryptage
Dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 juin, trois détenus, deux Saoudiens et un Yéménite sont morts dans le camp de Guantanamo a-t-on indiqué de source officielle. Les responsables du camp ont affirmé que les trois hommes s'étaient pendus à l'aide de leurs vêtements et de leurs draps. L'avocat et les familles de deux des victimes se sont étonnés que de prétendus prisonniers islamistes se soient donnés la mort malgré la stricte interdiction du suicide en islam. En raison du secret qui entoure la prison, ils se sont aussi demandé s'il s'agissait réellement de suicides. L'avocat de la troisième victime a, quant à lui, compris ces décès comme l'expression du désespoir d'hommes détenus à vie sans charges, ni jugement. C'est cette dernière thèse qui est largement reprise dans la presse internationale.
Cette affaire a fait couler beaucoup d'encre, surtout en raison des déclarations des responsables états-uniens qui ont présenté ces morts comme une escarmouche dans la « guerre au terrorisme ». Ainsi, le commandant du camp, le contre-amiral Harry B. Harris a déclaré : « Ils n'ont aucun égard pour la vie humaine, que ce soit les nôtres ou les leurs. Je crois qu'il ne s'agit pas d'un acte de désespoir, mais d'une opération de guerre asymétrique dirigée contre nous, ici à Guantanamo. Nous avons des hommes ici qui sont des jihadistes engagés. Ce sont des hommes dangereux et ils feront n'importe quoi pour faire avancer leur cause. ». Emboîtant le pas du militaire, l'Assistante du sous-secrétaire d'État en charge de la propagande, Colleen Graffy, a présenté ces décès comme une « opération de relations publiques ». Ces propos aussi absurdes que choquants ont suscité bien des commentaires dans la presse internationale.
La presse dominante s'est essentiellement attelée à la critique de ces déclarations, à la dénonciation du sort des détenus de Guantanamo et a souvent accompagné ses articles d'éditoriaux demandant la fermeture du camp. Toutefois, rares sont ceux qui poussent plus loin leur analyse et qui notent que les déclarations délirantes des autorités états-uniennes et les morts de Guantanamo, aussi choquantes soient-elles, ne sont que l'arbre qui cache la forêt.
Comme le notait, le président du Réseau Voltaire, Thierry Meyssan, dans nos colonnes, Guantanamo n'est pas l'alpha et l'omega du système concentrationnaire mis en place par les États-Unis depuis le 11 septembre 2001. Si cette prison est effectivement un important centre de détention et de torture, elle est loin d'être le plus important, faisant presque pâle figure devant l'important centre de Bagram en Afghanistan et avec le réseau de prisons secrètes que les États-Unis possèdent de part le monde, aussi bien en Irak qu'en Europe de l'Est. _Malheureusement, cet aspect reste largement ignoré. En se focalisant sur un élément précis du système mis en place, les médias choisissent d'ignorer l'ampleur du problème.
Les médias occidentaux dominant traitent cette affaire en oscillant entre deux orientations : d'un côté, le registre compassionnel qui revient à insister avec force pathos sur des souffrances individuelles sans élargir l'analyse, et d'un autre côté, la complainte narcissique sur la mauvaise image que Guantanamo donne des États-Unis, voire de « l'Occident ».
Partisan de la première approche, le New York Times, publie la tribune d'un ancien détenu de Guantanamo, le Français Mourad Benchellali. Celui-ci décrit son parcours personnel et les souffrances qu'il a subis. Il dénonce le système carcéral kafkaïen dans lequel il a vécu et demande, au nom des détenus qui ne peuvent prendre la parole, qu'on y mette un terme en jugeant les prisonniers. Il faut noter que, bien que libéré, l'auteur garde mauvaise presse en France, ce qui explique peut-être qu'il soit publié par le New York Times et non par un journal français. _Dans The Guardian, Zachary Katznelson, avocat de l'organisation britannique Reprieve, qui représente légalement 36 détenus de Guantanamo, joue la fibre humanitaire des lecteurs et demande à ce que les traitements inhumains et illégaux de ce camp prennent fin. Il plaide pour le jugement ou la libération immédiate de tous les détenus et une mobilisation en ce sens du Royaume-Uni.
Nous ne reprochons nullement à MM. Benchellali et Katznelson de développer ces points de vue. Le premier livre un témoignage important et le second vise avant tout la libération de ses clients, estimant peut-être qu'élargir le questionnement sur les prisons états-uniennes seraient contre-productive. Toutefois, en ne publiant que leurs points de vue, sans apporter une analyse plus large, les rédactions des journaux qui les publient choisissent de facto, de ne donner à leurs lecteurs qu'une vision tronquée d'un système global et, par conséquent, les détournent des vrais problèmes.
Dans le Christian Science Monitor, l'ancien correspondant du quotidien au Proche-Orient, James Norton, fait dans la dénonciation narcissique selon une rhétorique qui avait déjà été utilisée lors du scandale d'Abu Ghraib : ce qui est grave, c'est que les États-Unis salissent leur image internationale et bafouent les fondements de la République. Ayant relativement peu de mots à consacrer aux détenus de Guantanamo, et moins encore pour ceux des autres prisons, ou sur la façon de mener la « guerre au terrorisme », l'auteur semble avant tout préoccupé par la déchéance morale qui touche l'action de son pays.
Dans un éditorial riche en ambiguïté et non signé, engageant donc toute la rédaction, le quotidien français Le Monde élargit cette approche à « l'Occident ». En effet, si ce texte demande la fermeture du camp de Guantanamo et une mobilisation des dirigeants européens pour parvenir à cet objectif, le quotidien de référence des élites françaises justifie sa revendication par des arguments montrant qu'il a parfaitement intégré les présupposés de la « guerre au terrorisme ». Ainsi, c'est moins par volonté de respecter le droit international que par utilitarisme que le quotidien du soir réclame la fermeture de Guantanamo. Ce camp affaiblirait l'image des États-Unis et servirait surtout aux recruteurs d'« Al Qaïda » pour trouver de nouveaux complices « dans nos banlieues et nos communautés musulmanes » (c'est le journal qui met « nos » en italique). Rien n'indique si le « nos » est un possessif identifiant la rédaction du journal à la France, à l'Europe où à « l'Occident », mais on peut supposer que c'est de cette dernière entité qu'il s'agit. Tout en critiquant Guantanamo, le journal admet toutefois que des mesures fortes doivent être employées contre « le terrorisme mondial » sous peine de faire preuve d'« angélisme », terme en vogue dans les médias français depuis la fin des années 90 pour désigner les adversaires du tout répressif. _Bref, tout en critiquant l'existence de Guantanamo, le journal se pose comme membre d'une communauté d'intérêt dont les États-Unis font partie, accepte des mesures dures (mais pas trop, sans toutefois fixer la limite clairement) dans la « guerre au terrorisme », et désigne une fois de plus, comme beaucoup de journaux français, les musulmans français comme une minorité intrinsèquement dangereuse en raison de sa perméabilité au « terrorisme ». _Le Monde raisonne comme dans un rêve : il continue à s'émerveiller des garanties juridiques du système constitutionnel états-unien et déplore que l'administration Bush ne les respecte pas. C'est que le quotidien, comme la classe dirigeante française dont il est l'expression, n'a toujours pas intégré qu'à la faveur du 11 septembre, l'administration Bush a fait voter un volumineux code anti-terroriste, l'USA Patriot Act, lequel suspend les droits constitutionnels pendant la « guerre au terrorisme ». Il s'efforce d'imaginer les États-Unis comme un État de droit, de voir Guantanamo comme un dysfonctionnement, en un mot de dénier l'évolution de leur régime politique.
Songeant peut-être lui aussi que seule la remise en cause de sa réputation peut émouvoir Washington et changer son attitude, le rédacteur en chef d'Asharq Al-Awsat , Tarek Al-Hamed, dénonce aussi la formidable atteinte à l'image des États-Unis que provoque cette affaire. Lyrique, il joue sur les consonances de Guantanamo et du poème Guantanamera et pose aux États-Unis le choix entre le goulag qu'évoque le premier, et l'amour et la liberté évoqués par le second. Il est douteux qu'un tel procédé culpabilisant influe beaucoup la politique états-unienne ou permette de développer l'analyse critique des lecteurs.
Bien que l'éditorial d'Asharq Al-Awsat soit un contre-exemple, notons que les rares analystes à ne pas se laisser aveugler et à voir le problème de la torture et des internement abusifs de façon plus large sont des éditorialistes travaillant pour la presse du Proche-Orient. _Ainsi si l'analyste de Gulf News, Linda S. Heard, s'agace, comme ses collègues de la presse occidentale, des réactions états-unienne à la mort des trois détenus, mais elle ne s'arrête pas là. Elle espère que ces trois morts vont durablement pousser certains États à faire pression sur Washington pour que les prisonniers du camp soient libérés et que cette mobilisation ira plus loin encore. En effet, la journaliste note que Guantanamo n'est qu'une petite partie du problème et déplore que personne ne se mobilise contre Bagram ou les prisons secrètes. _Dans Alhayat , l'analyste Mustapha Al-Ani, s'agace de la façon dont George W. Bush tente de se dédouaner en annonçant que les cadavres seront traités avec respect. Puis, revenant à une problématique plus large, il estime que cette affaire est malheureusement révélatrice non seulement de la façon dont les prisonniers sont détenus à Guantanamo mais du traitement réservé à tous les détenus arabes ou musulmans dans le cadre de la « guerre au terrorisme ». Dans ces conditions, il estime que les responsables états-uniens méritent autant que Saddam Hussein d'être jugés pour leurs crimes. _Dans le Tehran Times, l'éditorialiste Mohammed Ali Saki, reprend les grandes lignes des arguments communs mais se pose une question que la presse dominante occidentale refuse d'énoncer : les multiples sévices répertoriés à Guantanamo ne sont-ils pas l'indication d'un système plus large sur le traitement des prisonniers des États-Unis ? Et, surtout, la preuve que les soldats états-uniens reçoivent des formations à la torture ? Une question à laquelle le Réseau Voltaire a déjà répondu, il y a deux ans, en publiant les manuels de torture des États-Unis.
En définitive, aucun auteur ne s'interroge sur les raisons qui ont poussé l'US Southern Command a rendre publics ces « suicides » que la majorité du monde musulman interprète comme des décès sous la torture. Rien ne les y forçait puisque les prisonniers étaient juridiquement inexistants et privés de tout contact extérieur. De même aucun auteur ne s'interroge sur les raisons qui ont poussé le Pentagone à rendre publique l'existence du camp de Guantanamo alors que la CIA cache ses prisons. La réponse à ces questions est inscrite dans les manuels de torture, pourtant déjà anciens : en dehors de toute situation d'urgence, les tortionnaires ne prétendent pas chercher à obtenir des renseignements, mais à provoquer la terreur. Guantanamo n'est pas une arme dans la « guerre au terrorisme ». Il est le terrorisme. Il est l'effroi qui saisit tous ceux qui veulent se révolter contre l'Empire, comme la Rome antique plantait de longs alignements de croix de suppliciés sur le bord des routes pavées.
Réseau Voltaire

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BRAVO Ken Livingstone - 2006-07-19


LU SUR LE NET
http://quibla.net/europa/gb2005.htm#blair
Le maire de Londres Ken Livingstone - surnommé il y a quelques années "Ken le Rouge", a estimé mercredi 20 juillet que l'interventionnisme depuis de longues années de l'Occident au Proche-Orient pouvait expliquer les attentats comme ceux qui ont frappé sa ville le 7 juillet. "Je n'ai aucune sympathie pour (les attentats suicides)", a déclaré le maire travailliste interrogé sur la BBC (radio). "Je n'en soutiens aucun".
Mais, a-t-il fait valoir, ils ne seraient probablement pas arrivés si l'Occident avait laissé les pays arabes libres de prendre leurs décisions après la Première guerre mondiale.
"Je pense que nous avons eu 80 ans d'intervention occidentale dans des pays majoritairement arabes, à cause du besoin de pétrole de l'Occident", a-t-il déclaré. "Nous avons soutenu des gouvernements peu recommandables, nous en avons renversé d'autres que nous ne jugions pas sympathiques".
"Si à la fin de la Première guerre mondiale nous avions fait ce que nous avions promis aux Arabes, c'est-à-dire les laisser libres d'avoir leurs propres gouvernements et étions restés en dehors de leurs affaires, achetant simplement leur pétrole plutôt que de penser que nous devions contrôler les sources d'approvisionnement de ce pétrole", je pense que cela ne serait pas arrivé", a-t-il ajouté.
Le "deux poids deux mesures" des Occidentaux au Proche-Orient a mis en colère de nombreux jeunes musulmans, a-t-il ajouté, évoquant la "plaie ouverte" du conflit israélo-palestinien.
"Je ne dénonce pas seulement les kamikazes. Je dénonce les gouvernements qui massacrent aveuglément au nom de leur politique étrangère", a-t-il ajouté, évoquant notamment "les bombardements du gouvernement israélien dans les zones d'où un groupe terroriste pourrait provenir".
"Et je pense que le problème que nous avons en particulier à l'heure actuelle c'est que dans les années 1980 les Américains ont recruté et formé Oussama ben Laden, lui ont appris comment tuer et faire des bombes (...) pour faire sortir les Russes d'Afghanistan", a-t-il encore déclaré.
"Ils n'ont jamais pensé qu'une fois cela accompli, ils pourrait se retourner contre ses créateurs".
M. Livingstone, connu pour son franc-parler, a également estimé que la Grande-Bretagne aurait compté beaucoup de kamikazes si les Britanniques étaient "sous occupation étrangère" et qu'on leur refusait "le droit de vote", et "souvent le droit de travailler" depuis "trois générations".
Ses propos, 13 jours après les attentats qui ont fait 56 morts dans la capitale britannique, ont été accueillis fraîchement par l'entourage du Premier ministre Tony Blair, qui cherche à tout prix à dissocier les attentats du soutien britannique à la guerre en Irak.
"Le Premier ministre et Ken Livingstone ont une vision différente du monde et cela reste le cas", a déclaré un porte-parole de M. Blair.
Dès le lendemain des déclarations de Ken Livingstone, des Musulmans londoniens ont lancé une pétition de soutien au maire, qui a subi des attaques virulentes pour ses déclarations somme toute plutôt sensées.
Source : AP, 20 juillet 2005

SOURCE : ...

ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE LE MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE CUBA, M.FELIPE PEREZ ROQUE, A L'OCCASION DE LA TENUE DU SEGMENT DE HAUT NIVEAU DU CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME. Genève, le 20 juin 2006. - 2006-07-19


Excellences,
Aujourd'hui est un jour hautement symbolique. Cuba est membre fondateur du Conseil des droits de l'homme ; les Etats-Unis, non. Cuba a été élue par cent trente-cinq pays, plus des deux tiers de l'assemblée générale des Nations Unies ; les Etats-Unis n'ont même pas osé présenter leur candidature. Cuba avait des raisons de faire confiance au vote secret ; les Etats-Unis en avaient peur, pour les mêmes raisons.

L'élection de Cuba est la victoire des principes et de la vérité, la reconnaissance du courage de notre résistance. L'absence des Etats-Unis est la déroute du mensonge, la punition morale de l'arrogance impériale.

L'élection a supposé une évaluation exigeante. Chacun a reçu ce qu'il méritait : Cuba a été récompensée ; les Etats-Unis ont été châtiés. Chacun avait son histoire, et les pays qui votaient la connaissaient pertinemment.

Les pays africains se rappelaient que plus de deux mille combattants cubains ont versé leur sang généreux dans la lutte contre le régime ignominieux de l'apartheid, celui-là même que les Etats-Unis soutenaient et équipaient, y compris d'armes atomiques.

Cuba, au jour de l'élection, pouvait faire état de presque trente mille médecins en train de sauver des vies et de soulager la douleur dans soixante-dix pays ; les Etats-Unis pouvaient faire état, eux, de cent cinquante mille soldats envahisseurs, envoyés pour tuer et mourir dans une guerre injuste et illicite.

Cuba, au jour de l'élection, pouvait faire état de plus de trois cent mille patients de vingt-six pays latino-américains et caribéens ayant retrouvé la vue grâce aux opérations réalisées gratuitement par des ophtalmologues cubains ; les Etats-Unis pouvaient faire état, eux, de plus de cent mille civils assassinés et de deux mille cinq cents jeunes étasuniens morts dans une guerre ourdie pour voler le pétrole d'un pays et faire cadeau de juteux contrats aux petits amis du président de la seule superpuissance de notre planète.

Cuba, au jour de l'élection, pouvait faire état de plus de vingt-cinq mille jeunes de cent vingt pays du tiers monde faisant des études gratuites dans ses universités ; les Etats-Unis pouvaient faire état, eux, d'un camp de concentration à Guantánamo où l'on torture les prisonniers et où les geôliers déclarent officiellement que le suicide de trois hommes « n'est pas un acte de désespoir, mais un acte de guerre et de propagande ».

Cuba, au jour de l'élection, pouvait faire état d'avions transportant ses médecins et ses hôpitaux de campagne là où étaient survenues des catastrophes naturelles ou des épidémies ; les Etats-Unis pouvaient faire état, eux, d'avions transportant en secret d'une prison à une autre des prisonniers drogués et menottés.

Cuba, au jour de l'élection, proclamait la primauté du droit sur la force, défendait la Charte des Nations Unies, réclamait un monde meilleur et se battait pour ; les Etats-Unis proclamaient, eux : « Qui n'est pas avec moi est contre moi. »

Cuba, au jour de l'élection, proposait d'allouer le billion de dollars gaspillé tous les ans en armes à la lutte contre la mort qui frappe, pour des causes que l'on pourrait prévenir, onze millions d'enfants de moins de cinq ans et six cent mille femmes pauvres en couches ; les Etats-Unis proclamaient, eux, leur droit de bombarder et de raser « à titre préventif » ce qu'ils ont appelé d'un ton méprisant « n'importe quel trou perdu de la planète » au cas où l'on résisterait à leurs visées, y compris La Haye si le Tribunal pénal international prétendait juger un de leurs soldats.

Tandis que Cuba défendait les droits du peuple palestinien, les Etats-Unis étaient, eux, le principal soutien des crimes et des atrocités d'Israël.

Tandis que le gouvernement des Etats-Unis livrait des centaines de milliers de personnes, la plupart des Noirs et des pauvres, à la furie du cyclone Katrina, Cuba offrait, elle, d'envoyer sur-le-champ mille cent médecins qui auraient pu sauver des vies et soulager des souffrances.

Je pourrais égrener ainsi des raisons à l'infini. Je voudrais juste ajouter que c'est le gouvernement des Etats-Unis qui n'occupe pas son siège comme membre du Conseil, non le peuple étasunien. Celui-ci sera représenté par les autres, Cuba comprise. Notre délégation se constituera aussi en porte-parole des droits du peuple étasunien, en particulier de ses secteurs les plus discriminés et marginalisés.

Le fait est, toutefois, que les Etats-Unis n'ont pas été seuls dans leurs manigances et pressions grossières et désespérées pour empêcher l'élection de Cuba. Un petit groupe d'alliés les a accompagnés jusqu'au bout. Ceux de toujours. Pour la plupart, des bénéficiaires de l'ordre mondial injuste et fondé sur l'exclusion, d'anciennes métropoles coloniales qui n'ont toujours pas payé leur dette historique envers les pays qui furent leurs colonies.

Cuba connaît parfaitement, jusque dans ses moindres détails, l'accord secret négocié à Bruxelles aux termes duquel l'Union européenne s'est engagée à ne pas voter pour notre pays et à travailler étroitement de concert avec les États-Unis à bloquer notre candidature. Mais l'échec a été total. Il s'avère que Cuba a été élue sans son soutien, tandis que son allié incommode, dont elle a besoin comme gendarme qui garantisse ses privilèges et son opulence gaspilleuse, n'a même pas pu se présenter aux élections.

On entend s'élever maintenant dans les couloirs et les salles de cet édifice des appels réitérés à « commencer de nouveau », à « faire souffler un vent nouveau sur le Conseil », de la bouche même des responsables de la manipulation, de l'hypocrisie et de la sélectivité qui ont fait naufrager la Commission antérieure. Je tiens à souligner qu'il ne suffit pas de biffer le passé pour repartir du bon pied ou de lancer quelques fleurs de rhétorique édulcorée pour régler les problèmes. Nous avons besoin de faits, non de belles paroles.

Si les déclarations des porte-parole de l'Union européenne sont sincères et si nous assistons vraiment à un mea culpa , nous attendons toujours, néanmoins, une rectification de sa part. Non pour Cuba. Non parce qu'elle s'est acoquinée avec les Etats-Unis pour tenter d'empêcher notre élection. Non parce qu'elle n'a même pas été capable de se doter d'une politique fondée sur la morale et indépendante envers Cuba.

Si nous attendons une rectification de l'Union européenne, c'est parce qu'elle a empêché l'an dernier la Commission des droits de l'homme de se prononcer sur l'ouverture d'une enquête concernant les violations massives, flagrantes et systématiques des droits de l'homme commises dans la base navale de Guantánamo.

C'est parce qu'elle a gardé un silence complice devant les centaines de vols secrets réalisés par la CIA pour transporter des personnes séquestrées et l'établissement de prisons clandestines en Europe même, où l'on torture et humilie les prisonniers, et qu'elle a continué à ce jour d'empêcher hypocritement que l'on enquête sur ces faits et qu'on les éclaircisse.

Parce que l'Union européenne n'a pas eu le courage de punir exemplairement les misérables manifestations d'irrespect envers d'autres religions e d'autres coutumes.

Parce que l'Union européenne a été le complice des Etats-Unis dans la conversion de l'ancienne Commission en une sorte d'inquisition contre les pays du Sud, et que nous espérons que ce scénario ne se répétera pas.

Parce que l'Union européenne n'a même pas reconnu sa dette historique envers la centaine de pays, aujourd'hui nations indépendantes au bout d'années de lutte et de sacrifices, qui étaient ses colonies exploitées quand, voilà cinquante-sept ans, le reste de l'humanité adoptait la Déclaration universelle des droits de l'homme où il est affirmé paradoxalement : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits."

Excellences,

Cette session peut marquer le début d'une nouvelle étape dans la lutte pour créer un système véritable de promotion et de protection de tous les droits de l'homme étendus à tous les habitants de la planète, et non aux seuls riches et privilégiés. Mais il y faudra un changement radical, une vraie révolution des conceptions et des méthodes qui ont entravé l'ancienne Commission.

Cuba ne se fait pas d'illusions quant à la disposition réelle des pays développés, alliés des Etats-Unis, à faire ce pas capital et historique. Elle leur concédera toutefois le bénéfice du doute. Elle attendra et les observera.

Si le Conseil œuvre pour concrétiser les promesses proclamées aux quatre vents, alors, il pourra compter sur Cuba. Si le passé se répète et si le Conseil redevient un champ de bataille, soyez sûrs que Cuba reprendra sa place dans les tranchées d'idées du tiers monde.

Mais que l'on ne compte pas sur Cuba pour transformer le Conseil en tribunal exclusif contre les pays sous-développés et pour assurer l'impunité des pays du Nord. Ni pour utiliser contre des pays rebelles la clause permettant l'expulsion du Conseil, ni pour recourir encore et toujours, d'une manière politisée et sélective, à des résolutions pour punir des pays qui refusent de courber le front.

Que l'on ne compte pas non plus sur Cuba pour utiliser le nouveau mécanisme de révision périodique universelle en tant qu'instrument de nouvelles pressions et campagnes médiatiques.

Que l'on ne compte pas non plus sur Cuba pour défendre le mensonge et agir hypocritement.

Mais s'il s'agit de lutter pour la vérité et la transparence, de défendre le droit à l'indépendance, à l'autodétermination, à la justice sociale, à l'égalité, alors, oui, l'on pourra compter sur Cuba. Ainsi que de défendre le droit à l'alimentation, à l'éducation, à la santé, à la dignité, à une vie décente.

S'il s'agit de défendre la démocratie réelle, la participation véritable, la vraie jouissance de tous les droits de l'homme, l'on pourra compter sur Cuba.

Mais que l'on ne compte pas sur Cuba pour coopérer avec n'importe quel envoyé, représentant ou rapporteur dont le mandat aurait été imposé de force ou après chantage. En revanche, s'il s'agit de coopérer sur un pied d'égalité avec le Conseil et ses mécanismes non sélectifs, l'on pourra compter sur Cuba.

S'il s'agit de faire silence et de ne pas dénoncer le blocus économique cruel dont nous sommes victimes depuis plus que quarante ans, ou de ne pas réclamer le retour dans leur patrie de cinq jeunes Cubains, combattants antiterroristes purs et courageux, incarcérés injustement et illégalement aux Etats-Unis, que l'on ne compte pas sur la coopération de Cuba.

S'il s'agit de renoncer à un seul principe, que l'on ne compte pas sur Cuba. Mais s'il s'agit de défendre le noble idéal d'un monde meilleur pour tous, alors l'on pourra toujours compter sur Cuba.

Je tiens finalement, au nom du peuple cubain qui là-bas, dans notre patrie, rêve, bâtit et défend sa Révolution, à remercier tout spécialement nos frères du tiers monde d'avoir soutenu décisivement l'élection de Cuba au Conseil des droits de l'homme et à leur redire que les Cubains ne trahiront jamais la confiance qu'ils ont déposée en nous.

À l'adresse de ceux qui soutiennent la lutte de Cuba pour ses droits, qui est aussi la lutte pour les droits de tous les peuples du tiers monde et des forces progressistes et démocratiques du premier monde, voici notre message : Jusqu'à la victoire à jamais !

À l'adresse de ceux qui attaquent Cuba et de leurs complices, voilà notre message : La patrie ou la mort ! Nous vaincrons !


La Misión Permanente de la República de Cuba en Ginebra invita a todos los interesados a reproducir, diseminar y distribuir lo más ampliamente posible los artículos e informaciones aquí contenidas.
Webmaster


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EN PARCOURANT LE NET - 2006-07-19

http://www.voltairenet.org/fr
je sait que cela va ennerver beaucuop en citant voltaire mais c'est un des meilleur « autre son de cloche «
ceci etant je me demande si il est tres ou peu frequente
moi j'y vais souvent bien que pas toujours d'accord
AINSI JE SUIS D'ACCORD AVEC CE TEXTE
Figure du mouvement anti-impérialiste, Jean Bricmont EXPLIQUE QUE
la paix ne peut s'appuyer que sur le droit international et que le droit d'ingérence, comme l'instrumentalisation des droits de l'homme, ne sont que des masques derrière lesquels se cache le droit du plus fort.
LISEZ LA SUITE SUR
http://www.voltairenet.org/article132463.html
le meilleur site linguistique en francais
http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/index.shtml
Il faut que je commande a tout prix l'atlas des minorites d'europe De plasseraud chez Les editions autremont
Je me ddemande si les occitans etc sont bien analyse je suis pessimiste d'avance Le gdm as un site Avec plein d'articles Assez bien fait mais je me pose des questions tel que que fait Chaliand Dans le comite de patronage et Plasseraud est il deffenseur des minoriteszs ou un agent ANTI russie
http://www.gdm.ras.eu.org/
UN AUTRE SITE
http://www.eurominority.org/version/eng/
Quelques cartes des vendeurs de drapeau
Ce qui est bien de petites nouvelles sur les ethnies mais en anglais la france est reticente
On peut chercher une ethnie par type de conflits mais biensure il y a des surprises tel que pas de courant corse separatiste
http://english.pravda.ru/
la pravda en anglais pas mauvais parfois drole
souvent un autrte son de cloche dommage que en anglais
http://www.rsf.org/
reporters sans frontieres
ce que je lui reproche c'est que on dirait
parfois pas toujours une officine des usa
toujours pret a denoncer mugabe chavez
jamais un mot sur le muselage de la presse et les medias occitan basque corse breton
<http://www.aber.ac.uk/mercator>
Le principal but de Mercator est le recueil, le stockage, l'analyse et la diffusion d'information par le biais d'un réseau d'information et de documentation destiné aux langues minoritaires et régionales de l'Union européenne. Il y a un grande banque de données sur les médias en langue minoritaires de l'Union européenne. Le banque de données aussi inclus des articles sur les bibliothéques, les autorités de diffusion, les maisons d'éditions y des organisations culturelles. Il y a aussi beaucoup d'articles de recherches sur le sujet de medias en langue minoritaires et regionales.


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LU SUR LE NET LE BON ET LE MECHANT - 2006-07-19

(A PROPOS DU LIVRE DE KOUSHNER )le livre noir de saddam
En outre, à la veille de l'invasion de l'Irak par la Coalition, les services de propagande atlantiques ont attribué à Saddam Hussein la responsabilité personnelle de crimes de guerre jusque-là attribués à d'autres. C'est le cas du célèbre massacre d'Halabja, dont un rapport militaire états-unien avait montré en son temps qu'il était en fait dû au déplacement vers une zone habitée de gaz utilisés sur le champ de bataille par les Iraniens.
Au demeurant, l'attribution de la responsabilité de 2 millions de morts est si peu crédible que les autorités de la Coalition parlent aujourd'hui, quant à elles, de centaines de milliers de victimes.
Cependant, là encore, ces massacres ne sauraient être attribués au seul Saddam Hussein en exonérant les grandes puissances de leurs responsabilités. C'est pourquoi le tribunal irakien mis en place par les États-Unis pour juger le tyran déchu ne l'a inculpé que de 148 meurtres.
L'inflation des chiffres, que cautionne M. Kouchner, n'a d'autre enjeu que de justifier a posteriori l'opération conduite par la Coalition. S'il n'y a pas d'armes de destruction massive en Irak, c'est qu'on y est allé pour renverser un dictateur sanguinaire, mais si Saddam Hussein était moins sanguinaire qu'on ne le dit, alors comment justifier d'une invasion qui a déjà fait des milliers de morts ?
LU SUR VOLTAIRE
http://www.voltairenet.org/article129966.html

SOURCE : http://www.voltairenet.org/article129966.html

LU SUR LE NET - 2006-07-19

(A PROPOS DU LIVRE DE KOUSHNER )le livre noir de saddam
En outre, à la veille de l'invasion de l'Irak par la Coalition, les services de propagande atlantiques ont attribué à Saddam Hussein la responsabilité personnelle de crimes de guerre jusque-là attribués à d'autres. C'est le cas du célèbre massacre d'Halabja, dont un rapport militaire états-unien avait montré en son temps qu'il était en fait dû au déplacement vers une zone habitée de gaz utilisés sur le champ de bataille par les Iraniens.
Au demeurant, l'attribution de la responsabilité de 2 millions de morts est si peu crédible que les autorités de la Coalition parlent aujourd'hui, quant à elles, de centaines de milliers de victimes.
Cependant, là encore, ces massacres ne sauraient être attribués au seul Saddam Hussein en exonérant les grandes puissances de leurs responsabilités. C'est pourquoi le tribunal irakien mis en place par les États-Unis pour juger le tyran déchu ne l'a inculpé que de 148 meurtres.
L'inflation des chiffres, que cautionne M. Kouchner, n'a d'autre enjeu que de justifier a posteriori l'opération conduite par la Coalition. S'il n'y a pas d'armes de destruction massive en Irak, c'est qu'on y est allé pour renverser un dictateur sanguinaire, mais si Saddam Hussein était moins sanguinaire qu'on ne le dit, alors comment justifier d'une invasion qui a déjà fait des milliers de morts ?
LU SUR VOLTAIRE
http://www.voltairenet.org/article129966.html

SOURCE : http://www.voltairenet.org/article129966.html

GROS CHIFFRE - 2006-07-19

The world is now spending $975 billion annually for military purposes.


ON DEPENSE CHAQUE AN 975 BILLIONS DE DOLLARS POUR L'ARMEMENT

SOURCE : ...

LU SUR LE NET - 2006-07-19

Le gouvernement britannique a refusé de confirmer l'exactitude
d'un nouveau sondage qui a recensé que 85 % d'Irakiens étaient opposés à la présence des troupes américaines et britanniques.
"Je ne suis pas en mesure de commenter les informations rapportées par un journal sur ce sondage," a déclaré Lord Drayson, ministre britannique de la défense au cours d'un débat parlementaire aujourd'hui jeudi à la Chambre des Lords.
"Je peux confirmer qu'un tel sondage a eu lieu. La population irakienne s'inquiète de la présence des forces de coalition," a précisé le ministre de la Défense.
Le ministre a été invité à présenter ses observations sur des rapports de la BBC et dans certains quotidiens britanniques sur le sondage révélant que 85 % d'Irakiens étaient opposés à la présence des troupes américaines et britanniques.
Les résultats ont également établi que jusqu'à 65 % d'Irakiens soutiennent les attaques perpétrées sur les troupes de la coalition et que seulement 1 % a pense que la sécurité s'est améliorée en

SOURCE : ...

LU SUR LE NET 2005-2006 - 2006-07-19


Une coalition militaire s'est lancée dans une exploitation effrénée des sources d'énergie et des matières premières. Sous l'impulsion des néo-conservateurs, elle a accru ses prédations et a renoué avec toutes les formes d'ingérence, du changement de régime à l'expansionnisme colonial. Elle bafoue en permanence les principes du droit international élaborés par les conférences de La Haye et énoncés par la charte de San Francisco.

Elle masque ses ambitions en intoxiquant les médias et en trompant les institutions internationales. Elle développe un double standard en accusant mensongèrement ceux qui lui font obstacle de ne pas respecter les règles qu'elle viole elle-même. Elle dénature l'idéal démocratique en prétendant le servir par l'occupation militaire.

Pour justifier ses conquêtes, elle crée et manipule des groupes terroristes, fabrique des prétextes, propage la théorie du complot islamique mondial et fomente un clash des civilisations. Elle s'arroge les pleins pouvoirs et pousse l'humanité au désordre et à la ruine.

Pour arrêter ce processus, nous en appelons aux membres permanents du Conseil de sécurité de bonne volonté. Nous leur demandons de faire respecter la souveraineté des États, base du droit international et condition préalable à l'épanouissement d'une démocratie authentique. Nous déplorons que la France, qui s'était opposée à l'invasion de l'Irak, se joigne aux menaces proférées contre de nouvelles proies.

Nous saluons la médiation de la Russie qui défend l'application du traité de non-prolifération nucléaire et la présomption d'innocence dans les relations internationales. Nous appelons l'Assemblée générale de l'ONU à soutenir les efforts de la Russie en faveur du rétablissement d'un dialogue multilatéral, ses positions contre le financement du terrorisme, le double-standard dans la politique internationale, et les ingérences dans les affaires intérieures des États.

Pour notre part, nous prenons l'engagement de mobiliser les opinions publiques, à l'exemple de ce que font déjà les Latino-Américains, pour faire échec à la propagande et à la haine et pour rejeter le projet global de domination et d'exploitation.

Il est encore temps de s'unir pour la Paix.

SOURCE : ...

LU SUR LE NET - 2006-07-19

" Le Président Mitterrand avait dédaigneusement qualifié le génocide des Tutsi de "génocide sans importance", et c'est ce qu'on va voir. Lui qui se pensait si important, (plus que les autres) où est-il ? Nous sommes déjà dix ans plus tard, et ça ne fait que commencer !

Pourquoi, d'après vous, le Président Mittérand s'est-il tant acharné sur les Tutsi du Rwanda ? Croyez-vous aux bobards qui a toujours voulu que ce fut rien qu'au nom de l'amitié de leurs fils tordus ? Trop facile n'est-ce pas...! Bernard dit : - La France socialiste porte à cet égard une immense responsabilité. Pour des raisons encore troubles qu'il faudra bien élucider un jour, elle a totalement supporté, assisté, secouru et promu le gouvernement du général Habyalimana.

Connaîtriez-vous l'enjeux fatal qui a conduit à la solution finale? Nous vous écoutons.
http://www.noublions-jamais.com/forum7.htm

SOURCE : ...

LE DISCOURS DE PINTER NOBEL PRIX - 2005-12-14

Peur de personne, Harold Pinter, et surtout pas du plus puissant du monde.
MV.


Date : Sun, 11 Dec 2005 15:31:44 -
Objet : Discours complet d'Harold Pinter, lu à Stockholm, mercredi 7
décembre 2005, au nom du Prix Nobel de littérature 2005 (souffrant, il était
absent).

Art, vérité et politique, par Harold Pinter

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-718764,0.html


LE MONDE | 08.12.05 |

En 1958 j'ai écrit la chose suivante : "Il n'y a pas de distinctions
tranchées entre ce qui est réel et ce qui est irréel, entre ce qui est vrai
et ce qui est faux. Une chose n'est pas nécessairement vraie ou fausse ;
elle peut être tout à la fois vraie et fausse."

Je crois que ces affirmations ont toujours un sens et s'appliquent toujours
à l'exploration de la réalité à travers l'art. Donc, en tant qu'auteur, j'y
souscris encore, mais en tant que citoyen je ne peux pas. En tant que
citoyen, je dois demander : Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui est faux
?

La vérité au théâtre est à jamais insaisissable. Vous ne la trouvez jamais
tout à fait, mais sa quête a quelque chose de compulsif. Cette quête est
précisément ce qui commande votre effort. Cette quête est votre tâche. La
plupart du temps vous tombez sur la vérité par hasard dans le noir, en
entrant en collision avec elle, ou en entrevoyant simplement une image ou
une forme qui semble correspondre à la vérité, souvent sans vous rendre
compte que vous l'avez fait. Mais la réelle vérité, c'est qu'il n'y a
jamais, en art dramatique, une et une seule vérité à découvrir. Il y en a
beaucoup. Ces vérités se défient l'une l'autre, se dérobent l'une à l'autre,
se reflètent, s'ignorent, se narguent, sont aveugles l'une à l'autre. Vous
avez parfois le sentiment d'avoir trouvé dans votre main la vérité d'un
moment, puis elle vous glisse entre les doigts et la voilà perdue.

On m'a souvent demandé comment mes pièces voyaient le jour. Je ne saurais le
dire. Pas plus que je ne saurais résumer mes pièces, si ce n'est pour dire
voilà ce qui s'est passé. Voilà ce qu'ils ont dit. Voilà ce qu'ils ont fait.

La plupart des pièces naissent d'une réplique, d'un mot ou d'une image. Le
mot s'offre le premier, l'image le suivant souvent de près. Je vais vous
donner deux exemples de répliques qui me sont venues à l'esprit de façon
totalement inattendue, suivies par une image, que j'ai moi-même suivie.

Les pièces en question sont Le Retour1 et C'était hier. La première réplique
du Retour est "Qu'est-ce que tu as fait des ciseaux ?" La première réplique
de C'était hier est "Bruns".

Dans un cas comme dans l'autre je n'avais pas d'autres indications.

Dans le premier cas, quelqu'un, à l'évidence, cherchait une paire de ciseaux
et demandait où ils étaient passés à quelqu'un d'autre dont il soupçonnait
qu'il les avait probablement volés. Mais d'une manière ou d'une autre je
savais que la personne à qui on s'adressait se fichait éperdument des
ciseaux, comme de celui qui posait la question, d'ailleurs.

"Bruns" : je présumais qu'il s'agissait de la description des cheveux de
quelqu'un, les cheveux d'une femme, et que cela répondait à une question.
Dans l'un et l'autre cas, je me suis trouvé contraint de poursuivre la
chose. Tout se passait visuellement, un très lent fondu, passant de l'ombre
à la lumière.

Je commence toujours une pièce en appelant les personnages A, B et C.

Dans la pièce qui est devenue Le Retour je voyais un homme entrer dans une
pièce austère et poser sa question à un homme plus jeune, assis sur un
affreux canapé, le nez dans un journal des courses. Je soupçonnais vaguement
que A était un père et que B était son fils, mais je n'en avais aucune
preuve. Cela s'est néanmoins confirmé un peu plus tard quand B (qui par la
suite deviendrait Lenny) dit à A (qui par la suite deviendrait Max), "Papa,
tu permets que je change de sujet ? Je voudrais te demander quelque chose.
Ce qu'on a mangé au dîner tout à l'heure, ça s'appelait comment ? Tu
appelles ça comment ? Pourquoi tu n'achètes pas un chien ? Tu es un
cuisinier pour chiens. Franchement. Tu crois donc que tu fais la cuisine
pour une bande de chiens." Donc, dès lors que B appelait A "Papa", il me
semblait raisonnable d'admettre qu'ils étaient père et fils. A,
manifestement, était aussi le cuisinier et sa cuisine ne semblait pas être
tenue en bien haute estime. Cela voulait-il dire qu'il n'y avait pas de mère
? Je n'en savais rien. Mais, comme je me le répétais à l'époque, nos débuts
ne savent jamais de quoi nos fins seront faites.

"Bruns." Une grande fenêtre. Ciel du soir. Un homme, A (qui par la suite
deviendrait Deeley), et une femme, B (qui par la suite deviendrait Kate),
assis avec des verres. "Grosse ou mince ?" demande l'homme. De qui
parlent-ils ? C'est alors que je vois, se tenant à la fenêtre, une femme, C
(qui par la suite deviendrait Anna), dans une autre qualité de lumière, leur
tournant le dos, les cheveux bruns.

C'est un étrange moment, le moment où l'on crée des personnages qui
n'avaient jusque-là aucune existence. Ce qui suit est capricieux, incertain,
voire hallucinatoire, même si cela peut parfois prendre la forme d'une
avalanche que rien ne peut arrêter. La position de l'auteur est une position
bizarre. En un sens, les personnages ne lui font pas bon accueil. Les
personnages lui résistent, ils ne sont pas faciles à vivre, ils sont
impossibles à définir. Vous ne pouvez certainement pas leur donner d'ordres.
Dans une certaine mesure vous vous livrez avec eux à un jeu interminable,
vous jouez au chat et à la souris, à colin-maillard, à cache-cache. Mais
vous découvrez finalement que vous avez sur les bras des êtres de chair et
de sang, des êtres possédant une volonté et une sensibilité individuelle
bien à eux, faits de composantes que vous n'êtes pas en mesure de changer,
manipuler ou dénaturer.

Le langage, en art, demeure donc une affaire extrêmement ambiguë, des sables
mouvants, un trampoline, une mare gelée qui pourrait bien céder sous vos
pieds, à vous l'auteur, d'un instant à l'autre.

Mais, comme je le disais, la quête de la vérité ne peut jamais s'arrêter.
Elle ne saurait être ajournée, elle ne saurait être différée. Il faut
l'affronter là, tout de suite.
Le théâtre politique présente un ensemble de problèmes totalement
différents. Les sermons doivent être évités à tout prix. L'objectivité est
essentielle. Il doit être permis aux personnages de respirer un air qui leur
appartient. L'auteur ne peut les enfermer ni les entraver pour satisfaire le
goût, l'inclination ou les préjugés qui sont les siens. Il doit être prêt à
les aborder sous des angles variés, dans des perspectives très diverses, ne
connaissant ni frein ni limite, les prendre par surprise, peut-être, de
temps en temps, tout en leur laissant la liberté de suivre le chemin qui
leur plaît. Ça ne fonctionne pas toujours. Et la satire politique, bien
évidemment, n'obéit à aucun de ces préceptes, elle fait même précisément
l'inverse, ce qui est d'ailleurs sa fonction première.

Dans ma pièce L'Anniversaire il me semble que je lance des pistes
d'interprétation très diverses, les laissant opérer dans une épaisse forêt
de possibles avant de me concentrer, au final, sur un acte de soumission.

Langue de la montagne ne prétend pas opérer de manière aussi ouverte. Tout y
est brutal, bref et laid. Les soldats de la pièce trouvent pourtant le moyen
de s'amuser de la situation. On oublie parfois que les tortionnaires
s'ennuient très facilement. Ils ont besoin de rire un peu pour garder le
moral. Comme l'ont bien évidemment confirmé les événements d'Abu Ghraib à
Bagdad. Langue de la montagne ne dure que vingt minutes, mais elle pourrait
se prolonger pendant des heures et des heures, inlassablement, répétant le
même schéma encore et encore, pendant des heures et des heures.



Ashes to Ashes, pour sa part, me semble se dérouler sous l'eau. Une femme
qui se noie, sa main se tendant vers la surface à travers les vagues,
retombant hors de vue, se tendant vers d'autres mains, mais ne trouvant là
personne, ni au-dessus ni au-dessous de l'eau, ne trouvant que des ombres,
des reflets, flottant ; la femme, une silhouette perdue dans un paysage qui
se noie, une femme incapable d'échapper au destin tragique qui semblait
n'appartenir qu'aux autres.

Mais comme les autres sont morts, elle doit mourir aussi.

Le langage politique, tel que l'emploient les hommes politiques, ne
s'aventure jamais sur ce genre de terrain, puisque la majorité des hommes
politiques, à en croire les éléments dont nous disposons, ne s'intéressent
pas à la vérité mais au pouvoir et au maintien de ce pouvoir. Pour maintenir
ce pouvoir il est essentiel que les gens demeurent dans l'ignorance, qu'ils
vivent dans l'ignorance de la vérité, jusqu'à la vérité de leur propre vie.
Ce qui nous entoure est donc un vaste tissu de mensonges, dont nous nous
nourrissons.

Comme le sait ici tout un chacun, l'argument avancé pour justifier
l'invasion de l'Irak était que Saddam Hussein détenait un arsenal
extrêmement dangereux d'armes de destruction massive, dont certaines
pouvaient être déchargées en 45 minutes, provoquant un effroyable carnage.
On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai. On nous disait que
l'Irak entretenait des relations avec Al-Qaida et avait donc sa part de
responsabilité dans l'atrocité du 11 septembre 2001 à New York. On nous
assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai. On nous disait que l'Irak
menaçait la sécurité du monde. On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était
pas vrai.

La vérité est totalement différente. La vérité est liée à la façon dont les
États-Unis comprennent leur rôle dans le monde et la façon dont ils
choisissent de l'incarner.

Mais avant de revenir au temps présent, j'aimerais considérer l'histoire
récente, j'entends par là la politique étrangère des États-Unis depuis la
fin de la seconde guerre mondiale. Je crois qu'il est pour nous impératif de
soumettre cette période à un examen rigoureux, quoique limité, forcément,
par le temps dont nous disposons ici.

Tout le monde sait ce qui s'est passé en Union soviétique et dans toute
l'Europe de l'Est durant l'après-guerre : la brutalité systématique, les
atrocités largement répandues, la répression impitoyable de toute pensée
indépendante. Tout cela a été pleinement documenté et attesté.

Mais je soutiens que les crimes commis par les États-Unis durant cette même
période n'ont été que superficiellement rapportés, encore moins documentés,
encore moins reconnus, encore moins identifiés à des crimes tout court. Je
crois que la question doit être abordée et que la vérité a un rapport
évident avec l'état actuel du monde. Bien que limitées, dans une certaine
mesure, par l'existence de l'Union soviétique, les actions menées dans le
monde entier par les États-Unis donnaient clairement à entendre qu'ils
avaient décrété avoir carte blanche pour faire ce qu'ils voulaient.

L'invasion directe d'un état souverain n'a jamais été, de fait, la méthode
privilégiée de l'Amérique. Dans l'ensemble, elle préférait ce qu'elle a
qualifié de "conflit de faible intensité". "Conflit de faible intensité",
cela veut dire que des milliers de gens meurent, mais plus lentement que si
vous lâchiez une bombe sur eux d'un seul coup. Cela veut dire que vous
contaminez le coeur du pays, que vous y implantez une tumeur maligne et que
vous observez s'étendre la gangrène. Une fois que le peuple a été soumis -
ou battu à mort - ça revient au même - et que vos amis, les militaires et
les grandes sociétés commerciales, sont confortablement installés au
pouvoir, vous allez devant les caméras et vous déclarez que la démocratie
l'a emporté. C'était monnaie courante dans la politique étrangère américaine
dans les années auxquelles je fais allusion.
La tragédie du Nicaragua s'est avérée être un cas extrêmement révélateur. Si
je décide de l'évoquer ici, c'est qu'il illustre de façon convaincante la
façon dont l'Amérique envisage son rôle dans le monde, aussi bien à l'époque
qu'aujourd'hui.

J'ai assisté à une réunion qui s'est tenue à l'Ambassade des États-Unis à
Londres à la fin des années 80.

Le Congrès américain était sur le point de décider s'il fallait ou non
donner davantage d'argent aux Contras dans la campagne qu'ils menaient
contre l'État du Nicaragua. J'étais là en tant que membre d'une délégation
parlant au nom du Nicaragua, mais le membre le plus important de cette
délégation était un certain Père John Metcalf. Le chef de file du camp
américain était Raymond Seitz (alors bras droit de l'ambassadeur, lui-même
nommé ambassadeur par la suite). Père Metcalf a dit : "Monsieur, j'ai la
charge d'une paroisse au nord du Nicaragua. Mes paroissiens ont construit
une école, un centre médico-social, un centre culturel. Nous avons vécu en
paix. Il y a quelques mois une force de la Contra a attaqué la paroisse. Ils
ont tout détruit : l'école, le centre médico-social, le centre culturel. Ils
ont violé les infirmières et les institutrices, massacré les médecins, de la
manière la plus brutale. Ils se sont comportés comme des sauvages. Je vous
en supplie, exigez du gouvernement américain qu'il retire son soutien à
cette odieuse activité terroriste."

Raymond Seitz avait très bonne réputation, celle d'un homme rationnel,
responsable et très bien informé. Il était grandement respecté dans les
cercles diplomatiques. Il a écouté, marqué une pause, puis parlé avec une
certaine gravité. "Père, dit-il, laissez-moi vous dire une chose. En temps
de guerre, les innocents souffrent toujours." Il y eut un silence glacial.
Nous l'avons regardé d'un oeil fixe. Il n'a pas bronché.


Les innocents, certes, souffrent toujours.

Finalement quelqu'un a dit : "Mais dans le cas qui nous occupe, des
'innocents' ont été les victimes d'une atrocité innommable financée par
votre gouvernement, une parmi tant d'autres. Si le Congrès accorde davantage
d'argent aux Contras, d'autres atrocités de cette espèce seront perpétrées.
N'est-ce pas le cas ? Votre gouvernement n'est-il pas par là même coupable
de soutenir des actes meurtriers et destructeurs commis sur les citoyens
d'un état souverain ?"

Seitz était imperturbable. "Je ne suis pas d'accord que les faits, tels
qu'ils nous ont été exposés, appuient ce que vous affirmez là", dit-il.

Alors que nous quittions l'ambassade, un conseiller américain m'a dit qu'il
aimait beaucoup mes pièces. Je n'ai pas répondu.

Je dois vous rappeler qu'à l'époque le président Reagan avait fait la
déclaration suivante : "Les Contras sont l'équivalent moral de nos Pères
fondateurs."

Les États-Unis ont pendant plus de quarante ans soutenu la dictature brutale
de Somoza au Nicaragua. Le peuple nicaraguayen, sous la conduite des
Sandinistes, a renversé ce régime en 1979, une révolution populaire et
poignante.

Les Sandinistes n'étaient pas parfaits. Ils avaient leur part d'arrogance et
leur philosophie politique comportait un certain nombre d'éléments
contradictoires. Mais ils étaient intelligents, rationnels et civilisés.
Leur but était d'instaurer une société stable, digne, et pluraliste. La
peine de mort a été abolie. Des centaines de milliers de paysans frappés par
la misère ont été ramenés d'entre les morts. Plus de 100 000 familles se
sont vues attribuer un droit à la terre. Deux mille écoles ont été
construites. Une campagne d'alphabétisation tout à fait remarquable a fait
tomber le taux d'analphabétisme dans le pays sous la barre des 15 %.
L'éducation gratuite a été instaurée ainsi que la gratuité des services de
santé. La mortalité infantile a diminué d'un tiers. La polio a été
éradiquée.

Les États-Unis accusèrent ces franches réussites d'être de la subversion
marxiste-léniniste. Aux yeux du gouvernement américain, le Nicaragua donnait
là un dangereux exemple. Si on lui permettait d'établir les normes
élémentaires de la justice économique et sociale, si on lui permettait
d'élever le niveau des soins médicaux et de l'éducation et d'accéder à une
unité sociale et une dignité nationale, les pays voisins se poseraient les
mêmes questions et apporteraient les mêmes réponses. Il y avait bien sûr à
l'époque, au Salvador, une résistance farouche au statu quo.

J'ai parlé tout à l'heure du "tissu de mensonges" qui nous entoure. Le
président Reagan qualifiait couramment le Nicaragua de "donjon totalitaire".
Ce que les médias, et assurément le gouvernement britannique, tenaient
généralement pour une observation juste et méritée. Il n'y avait pourtant
pas trace d'escadrons de la mort sous le gouvernement sandiniste. Il n'y
avait pas trace de tortures. Il n'y avait pas trace de brutalité militaire,
systématique ou officielle. Aucun prêtre n'a jamais été assassiné au
Nicaragua. Il y avait même trois prêtres dans le gouvernement sandiniste,
deux jésuites et un missionnaire de la Société de Maryknoll. Les "donjons
totalitaires" se trouvaient en fait tout à côté, au Salvador et au
Guatemala. Les États-Unis avaient, en 1954, fait tomber le gouvernement
démocratiquement élu du Guatemala et on estime que plus de 200 000 personnes
avaient été victimes des dictatures militaires qui s'y étaient succédé.

En 1989, six des plus éminents jésuites du monde ont été violemment abattus
à l'Université Centraméricaine de San Salvador par un bataillon du régiment
Alcatl entraîné à Fort Benning, Géorgie, USA. L'archevêque Romero, cet homme
au courage exemplaire, a été assassiné alors qu'il célébrait la messe. On
estime que 75 000 personnes sont mortes. Pourquoi a-t-on tué ces gens-là ?
On les a tués parce qu'ils étaient convaincus qu'une vie meilleure était
possible et devait advenir. Cette conviction les a immédiatement catalogués
comme communistes. Ils sont morts parce qu'ils osaient contester le statu
quo, l'horizon infini de pauvreté, de maladies, d'humiliation et
d'oppression, le seul droit qu'ils avaient acquis à la naissance.
Les États-Unis ont fini par faire tomber le gouvernement sandiniste. Cela
leur prit plusieurs années et ils durent faire preuve d'une ténacité
considérable, mais une persécution économique acharnée et 30 000 morts ont
fini par ébranler le courage des Nicaraguayens. Ils étaient épuisés et de
nouveau misérables. L'économie "casino" s'est réinstallée dans le pays. C'en
était fini de la santé gratuite et de l'éducation gratuite. Les affaires ont
fait un retour en force. La "Démocratie" l'avait emporté.

Mais cette "politique" ne se limitait en rien à l'Amérique centrale. Elle
était menée partout dans le monde. Elle était sans fin. Et c'est comme si ça
n'était jamais arrivé.

Les États-Unis ont soutenu, et dans bien des cas engendré, toutes les
dictatures militaires droitières apparues dans le monde à l'issue de la
seconde guerre mondiale. Je veux parler de l'Indonésie, de la Grèce, de
l'Uruguay, du Brésil, du Paraguay, d'Haïti, de la Turquie, des Philippines,
du Guatemala, du Salvador, et, bien sûr, du Chili. L'horreur que les
États-Unis ont infligée au Chili en 1973 ne pourra jamais être expiée et ne
pourra jamais être oubliée.

Des centaines de milliers de morts ont eu lieu dans tous ces pays. Ont-elles
eu lieu ? Et sont-elles dans tous les cas imputables à la politique
étrangère des États-Unis ? La réponse est oui, elles ont eu lieu et elles
sont imputables à la politique étrangère américaine. Mais vous n'en savez
rien.

Ça ne s'est jamais passé. Rien ne s est jamais passé. Même pendant que cela
se passait, ça ne se passait pas. Ça n'avait aucune importance. Ça n'avait
aucun intérêt. Les crimes commis par les États-Unis ont été systématiques,
constants, violents, impitoyables, mais très peu de gens en ont réellement
parlé. Rendons cette justice à l'Amérique : elle s'est livrée, partout dans
le monde, à une manipulation tout à fait clinique du pouvoir tout en se
faisant passer pour une force qui agissait dans l'intérêt du bien universel.
Un cas d'hypnose génial, pour ne pas dire spirituel, et terriblement
efficace.


Les États-Unis, je vous le dis, offrent sans aucun doute le plus grand
spectacle du moment. Pays brutal, indifférent, méprisant et sans pitié,
peut-être bien, mais c'est aussi un pays très malin. À l'image d'un commis
voyageur, il ouvre tout seul et l'article qu'il vend le mieux est l'amour de
soi. Succès garanti. Écoutez tous les présidents américains à la télévision
prononcer les mots "peuple américain", comme dans la phrase : "Je dis au
peuple américain qu'il est temps de prier et de défendre les droits du
peuple américain et je demande au peuple américain de faire confiance à son
président pour les actions qu'il s'apprête à mener au nom du peuple
américain."

Le stratagème est brillant. Le langage est en fait employé pour tenir la
pensée en échec. Les mots "peuple américain" fournissent un coussin
franchement voluptueux destiné à vous rassurer. Vous n'avez pas besoin de
penser. Vous n'avez qu'à vous allonger sur le coussin. Il se peut que ce
coussin étouffe votre intelligence et votre sens critique mais il est très
confortable. Ce qui bien sûr ne vaut pas pour les 40 millions de gens qui
vivent en dessous du seuil de pauvreté ni aux 2 millions d'hommes et de
femmes incarcérés dans le vaste goulag de prisons qui s'étend d'un bout à
l'autre des États-Unis.

Les États-Unis ne se préoccupent plus des conflits de faible intensité. Ils
ne voient plus l'intérêt qu'il y aurait à faire preuve de réserve, ni même
de sournoiserie. Ils jouent cartes sur table, sans distinction. C'est bien
simple, ils se fichent éperdument des Nations unies, du droit international
ou des voix dissidentes, dont ils pensent qu'ils n'ont aucun pouvoir ni
aucune pertinence. Et puis ils ont leur petit agneau bêlant qui les suit
partout au bout d'une laisse, la Grande-Bretagne, pathétique et soumise.

Où est donc passée notre sensibilité morale ? En avons-nous jamais eu une ?
Que signifient ces mots ? Renvoient-ils à un terme très rarement employé ces
temps-ci - la conscience ? Une conscience qui soit non seulement liée à nos
propres actes mais qui soit également liée à la part de responsabilité qui
est la nôtre dans les actes d'autrui ? Tout cela est-il mort ? Regardez
Guantanamo. Des centaines de gens détenus sans chef d'accusation depuis plus
de trois ans, sans représentation légale ni procès équitable, théoriquement
détenus pour toujours. Cette structure totalement illégitime est maintenue
au mépris de la Convention de Genève. Non seulement on la tolère mais c'est
à peine si la soi-disant "communauté internationale" en fait le moindre cas.
Ce crime scandaleux est commis en ce moment même par un pays qui fait
profession d'être "le leader du monde libre". Est-ce que nous pensons aux
locataires de Guantanamo ? Qu'en disent les médias ? Ils se réveillent de
temps en temps pour nous pondre un petit article en page six. Ces hommes ont
été relégués dans un no man's land dont ils pourraient fort bien ne jamais
revenir. À présent beaucoup d'entre eux font la grève de la faim, ils sont
nourris de force, y compris des résidents britanniques. Pas de raffinements
dans ces méthodes d'alimentation forcée. Pas de sédatifs ni d'anesthésiques.
Juste un tube qu'on vous enfonce dans le nez et qu'on vous fait descendre
dans la gorge. Vous vomissez du sang. C'est de la torture. Qu'en a dit le
ministre des affaires étrangères britannique ? Rien. Qu'en a dit le premier
ministre britannique ? Rien. Et pourquoi ? Parce que les États-Unis ont
déclaré : critiquer notre conduite à Guantanamo constitue un acte hostile.
Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. Résultat, Blair se
tait.

L'invasion de l'Irak était un acte de banditisme, un acte de terrorisme
d'État patenté, témoignant d'un absolu mépris pour la notion de droit
international. Cette invasion était un engagement militaire arbitraire
inspiré par une série de mensonges répétés sans fin et une manipulation
flagrante des médias et, partant, du public ; une intervention visant à
renforcer le contrôle militaire et économique de l'Amérique sur le
Moyen-Orient et ce faisant passer - en dernier ressort - toutes les autres
justifications n'ayant pas réussi à prouver leur bien-fondé - pour une
libération. Une redoutable affirmation de la force militaire responsable de
la mort et de la mutilation de milliers et de milliers d'innocents.

Nous avons apporté au peuple irakien la torture, les bombes à fragmentation,
l'uranium appauvri, d'innombrables tueries commises au hasard, la misère,
l'humiliation et la mort et nous appelons cela "apporter la liberté et la
démocratie au Moyen-Orient".

Combien de gens vous faut-il tuer avant d'avoir droit au titre de meurtrier
de masse et de criminel de guerre ? Cent mille ? Plus qu'assez, serais-je
tenté de croire. Il serait donc juste que Bush et Blair soient appelés à
comparaître devant la Cour internationale de justice. Mais Bush a été malin.
Il n'a pas ratifié la Cour internationale de justice. Donc, si un soldat
américain ou, à plus forte raison, un homme politique américain, devait se
retrouver au banc des accusés, Bush a prévenu qu'il enverrait les marines.
Mais Tony Blair, lui, a ratifié la Cour et peut donc faire l'objet de
poursuites. Nous pouvons communiquer son adresse à la Cour si ça
l'intéresse. Il habite au 10 Downing Street, Londres.
La mort dans ce contexte devient tout à fait accessoire. Bush et Blair
prennent tous deux bien soin de la mettre de côté. Au moins 100 000 Irakiens
ont péri sous les bombes et les missiles américains avant que ne commence
l'insurrection irakienne. Ces gens-là sont quantité négligeable. Leur mort
n'existe pas. Un néant. Ils ne sont même pas recensés comme étant morts.
"Nous ne comptons pas les cadavres" a déclaré le général américain Tommy
Franks.

Aux premiers jours de l'invasion une photo a été publiée à la une des
journaux britanniques ; on y voit Tony Blair embrassant sur la joue un petit
garçon irakien. "Un enfant reconnaissant" disait la légende. Quelques jours
plus tard on pouvait trouver, en pages intérieures, l'histoire et la photo
d'un autre petit garçon de quatre ans qui n'avait plus de bras. Sa famille
avait été pulvérisée par un missile. C'était le seul survivant. "Quand
est-ce que je retrouverai mes bras ?" demandait-il. L'histoire est passée à
la trappe. Eh bien oui, Tony Blair ne le serrait pas contre lui, pas plus
qu'il ne serrait dans ses bras le corps d'un autre enfant mutilé, ou le
corps d'un cadavre ensanglanté. Le sang, c'est sale. Ça salit votre chemise
et votre cravate quand vous parlez avec sincérité devant les caméras de
télévision.



Les 2 000 morts américains sont embarrassants. On les transporte vers leurs
tombes dans le noir. Les funérailles se font discrètement, en lieu sûr. Les
mutilés pourrissent dans leurs lits, certains pour le restant de leurs
jours. Ainsi les morts et les mutilés pourrissent-ils, dans différentes
catégories de tombes.

Voici un extrait de "J'explique certaines choses", un poème de Pablo Neruda
:

Et un matin tout était en feu,
et un matin les bûchers
sortaient de la terre
dévorant les êtres vivants,
et dès lors ce fut le feu,
ce fut la poudre,
et ce fut le sang.

Des bandits avec des avions, avec des Maures,
des bandits avec des bagues et des duchesses,
des bandits avec des moins noirs pour bénir
tombaient du ciel pour tuer des enfants,
et à travers les rues le sang des enfants
coulait simplement, comme du sang d'enfants.

Chacals que le chacal repousserait,
pierres que le dur chardon mordrait en crachant,
vipères que les vipères détesteraient !

Face à vous j'ai vu le sang
de l'Espagne se lever
pour vous noyer dans une seule vague
d'orgueil et de couteaux !

Généraux
de trahison :
regardez ma maison morte,
regardez l'Espagne brisée :
mais de chaque maison morte surgit un métal ardent
au lieu de fleurs,
mais de chaque brèche d'Espagne
surgit l'Espagne,
mais de chaque enfant mort surgit un fusil avec des yeux,
mais de chaque crime naissent des balles
qui trouveront un jour
l'endroit de votre cour.

Vous allez demander pourquoi sa poésie
ne parle-t-elle pas du rêve, des feuilles,
des grands volcans de son pays natal ?

Venez voir le sang dans les rues,
venez voir
le sang dans les rues,
venez voir
le sang dans les rues !

Laissez-moi préciser qu'en citant ce poème de Neruda je ne suis en aucune
façon en train de comparer l'Espagne républicaine à l'Irak de Saddam
Hussein. Si je cite Neruda c'est parce que je n'ai jamais lu ailleurs dans
la poésie contemporaine de description aussi puissante et viscérale d'un
bombardement de civils.
J'ai dit tout à l'heure que les États-Unis étaient désormais d'une franchise
totale et jouaient cartes sur table. C'est bien le cas. Leur politique
officielle déclarée est désormais définie comme une "full spectrum
dominance" (une domination totale sur tous les fronts). L'expression n'est
pas de moi, elle est d'eux. "Full spectrum dominance", cela veut dire
contrôle des terres, des mers, des airs et de l'espace et de toutes les
ressources qui vont avec.

Les États-Unis occupent aujourd'hui 702 installations militaires dans 132
pays du monde entier, à l'honorable exception de la Suède, bien sûr. On ne
sait pas trop comment ils en sont arrivés là, mais une chose est sûre, c'est
qu'ils y sont.

Les États-Unis détiennent 8 000 ogives nucléaires actives et
opérationnelles. 2 000 sont en état d'alerte maximale, prêtes à être lancées
avec un délai d'avertissement de 15 minutes. Ils développent de nouveaux
systèmes de force nucléaire, connus sous le nom de "bunker busters"
(briseurs de blockhaus). Les Britanniques, toujours coopératifs, ont
l'intention de remplacer leur missile nucléaire, le Trident. Qui, je me le
demande, visent-ils ? Oussama Ben Laden ? Vous ? Moi ? Tartempion ? La Chine
? Paris ? Qui sait ? Ce que nous savons c'est que cette folie infantile -
détenir des armes nucléaires et menacer de s'en servir - est au coeur de la
philosophie politique américaine actuelle. Nous devons nous rappeler que les
États-Unis sont en permanence sur le pied de guerre et ne laissent entrevoir
en la matière aucun signe de détente.

Des milliers, sinon des millions, de gens aux États-Unis sont pleins de
honte et de colère, visiblement écoeurés par les actions de leur
gouvernement, mais en l'état actuel des choses, ils ne constituent pas une
force politique cohérente - pas encore. Cela dit, l'angoisse, l'incertitude
et la peur que nous voyons grandir de jour en jour aux États-Unis ne sont
pas près de s'atténuer.

Je sais que le président Bush emploie déjà pour écrire ses discours de
nombreuses personnes extrêmement compétentes, mais j'aimerais me porter
volontaire pour le poste. Je propose la courte allocution suivante, qu'il
pourrait faire à la télévision et adresser à la nation. Je l'imagine grave,
les cheveux soigneusement peignés, sérieux, avenant, sincère, souvent
enjôleur, y allant parfois d'un petit sourire forcé, curieusement séduisant,
un homme plus à son aise avec les hommes.

"Dieu est bon. Dieu est grand. Dieu est bon. Mon Dieu est bon. Le Dieu de
Ben Laden est mauvais. Le sien est un mauvais Dieu. Le Dieu de Saddam était
mauvais, sauf que Saddam n'en avait pas. C'était un barbare. Nous ne sommes
pas des barbares. Nous ne tranchons pas la tête des gens. Nous croyons à la
liberté. Dieu aussi. Je ne suis pas un barbare. Je suis le leader
démocratiquement élu d'une démocratie éprise de liberté. Nous sommes une
société pleine de compassion. Nous administrons des électrocutions pleines
de compassion et des injections létales pleines de compassion. Nous sommes
une grande nation. Je ne suis pas un dictateur. Lui, oui. Je ne suis pas un
barbare. Lui, oui. Et lui aussi. Ils le sont tous. Moi, je détiens
l'autorité morale. Vous voyez ce poing ? C'est ça, mon autorité morale.
Tâchez de ne pas l'oublier."

La vie d'un écrivain est une activité infiniment vulnérable, presque nue.
Inutile de pleurer là-dessus. L'écrivain fait un choix, un choix qui lui
colle à la peau. Mais il est juste de dire que vous êtes exposé à tous les
vents, dont certains sont glacés bien sûr. Vous ouvrez tout seul, isolé de
tout. Vous ne trouvez aucun refuge,

SOURCE : ...

REPORTERS (LU SUR LE NET ) - 2005-07-15

Reporters sans frontières jouit, en France, d'une honorable réputation, tandis que des médias latino-américains l'accusent d'être à la solde de la NED/CIA. L'association collecte plus de 2 millions d'euros par an auprès du public français pour venir en aide aux journalistes opprimés dans le monde. En réalité, seulement 7 % du budget général de RSF est affecté à sa mission principale. La véritable activité de l'association, depuis qu'elle a conclu un contrat avec l'officine d'Otto Reich, c'est la lutte contre les régimes progressistes latino-américains (Cuba, Haïti, Venezuela).

SOURCE : ...

SAVIEZ VOUS QUE ?(LU SUR LE NET ) - 2005-07-14

L'Azerbaïdjan est dans une période d'instabilité aussi bien sur le plan interne que sur le plan régional. Le pays est en conflit ouvert avec l'Arménie depuis de nombreuses années au sujet du Nagorny-Karabakh. Les observateurs font part depuis quelques mois d'un regain des activités militaires du côté azéri, d'un renforcement de ses capacités militaires et de formulations agressives de la part de nombreux politiciens

SOURCE : ...

SAVIEZ VOUS QUE ?(LU SUR LE NET ) - 2005-07-14

Sadams mass graves
It is very hard to determine who was buried there and when. Iraq has survived two serious wars with Iran and Kuwait. The incursion in Kuwait, as you know, ended up with Operation Desert Storm. US forces and their allies exterminated Iraqi troops during the operation. The majority of killed soldiers had to be buried in mass graves. There are a lot of photographs and documents to prove the massacre that the USA arranged. It is noteworthy it is the evidence of Western sources, not Iraqi ones. Mass graves were practiced during the war with Iran too. The US army used the banned cassette bombs in their strikes against the Iraqi troops defending the Baghdad airport. Those bombs tore human bodies to pieces. The fallen soldiers of that battle were also buried in mass graves. However, Americans can say about those slaughtered bodies that it was Saddam's doing.

SOURCE : ...

SAVIEZ VU QUE (LU SUR LE NET ) - 2005-07-14

Le Pentagone veut installer des troupes en Mauritanie
C'est officiellement pour « stabiliser » le Sahel et mettre fin aux agissements des groupes salafistes « liés à Al Qaïda » que Washington a proposé son aide à Nouackchott. Depuis le 20 janvier 2004, des instructeurs US sont chargés de réorganiser les forces armées mauritaniennes. L'opposition, qui affirme qu'il n'y a aucun danger terroriste dans le pays, dénonce un soutien militaire étranger au régime autoritaire du colonel Maaouya ould Sid'Ahmed Taya.
Cependant, l'assistance US ne serait que les prémisses d'une collaboration de grande envergure. La sous-secrétaire d'État aux Affaires africaines, Pamela Bridgewater, négocie l'installation d'une base militaire US permanente dans le désert. Elle permettrait des interventions dans tout le continent africain et une maîtrise de « l'arc d'instabilité » qui va de l'Afghanistan au golfe de Guinée en passant par les principaux champs pétrolifères de la planète.

SOURCE : ...

On ne vous dit pas que - 2001-10-16

Les USA envisagent d'interdire l'espace sidéral à ceux qu'ils ne désirent pas y voir.
Au début ce sera une interdiction aux dits peuples "rogues" ceux qui sont hostiles aux USA et qui sait, après ce sera à n'importe quel Etat qui
n'obéit pas au doigt et à l'œil aux USA et donc risque d’un préalable interdisant aux petits peuples d’accéder à des médias satellitaires. La liberté
de l'information en prend un coup. (Août 2001)

SOURCE : http://www.therussianissues.com/print/997174449.html

On ne vous dit pas que - 2001-10-16

le Pentagone travaile sur une bombe puante
et envisage de s'en servir contre les manifestations hostiles au pouvoir. D’après eux pour faire dissiper les foules ce serait radical. (août 2001)

SOURCE : ...

On ne vous dit pas que - 2001-10-16

que c'est la CIA qui a fourni la cuve à acide pour faire disparaître le corps de Ben Barka (août 2001)

SOURCE : http://www.ireland.com/newspaper/world/2001/0808/wor5.htm

On ne vous dit pas que - 2001-10-16

la jeunesse Basque se bat avec l'ETA et que c'est presque à visage découvert dans la rue. (août 2001)

SOURCE : http://www.cnn.com/2001/WORLD/europe/08/05/spain.police/index.html

On ne vous dit pas que - 2001-10-16

il est possible que l'épidémie de la vache folle fut probablement une arme employée par un petit pays qui avait la haine de l'impérialisme
Anglo-saxon mais que le pays qui l'a fait ne le fait pas savoir par peur de retaliation. Alors il reste aux Anglo-saxons la solution de les attaquer tous
(août 2001)

SOURCE : ...

On ne vous dit pas que - 2001-10-16

les Corses sont déçus du Gouvernement qui ne tient pas ses promesses envers l'amnistie des prisonniers politiques (août 2001)

SOURCE : http://www.afp.com/francais/news/?cat=story&id=010806160000.tuoehv7o

On ne vous dit pas que - 2001-10-16

le réseau régional des médias français est sous la supervision d'un responsable des bureaux France. Ce responsable assure la coordination
générale et a été organisé en 7 bureaux régionaux : Bordeaux / Lille / Lyon / Marseille / Rennes / Strasbourg / Toulouse (où est la
décentralisation?) (août 2001)

SOURCE : http://www.afp.com/francais/afp/world/

On ne vous dit pas que - 2001-10-16

le journal Le Monde a perdu son procès contre Jean-Paul Gouteux, chercheur en entomologie médicale et coopérant dans différents pays
d'Afrique. Gouteux est un citoyen scandalisé. Fidèle lecteur du grand quotidien français de référence, il est révolté de la façon dont Le Monde s'est
employé à désinformer ses lecteurs pendant l'horreur du génocide qui avait été programmé au Rwanda en 1994. Le régime Hutu, fort de
"l'insoupçonnable" complicité du pouvoir français, venait de déclencher la plus grande tuerie raciste de la fin du siècle. Le génocide a fait un
million de victimes. Leur seule "faute"? Ils étaient Tutsi. Mais cette évidence ne l'était pas pour le grand quotidien parisien. (août 2001)

SOURCE : http://www.amnistia.net/news/articles/monddgse/monddgse.htm

ON NE VOUS DIT PAS TOUT - 2001-10-07

L'ambassadeur des USA en Serbie critique Kostonica et fait comme chez lui. Kostonica veut le virer. L'Ambassadeur lui répond : je ne partirai pas. Est-ce là la nouvelle diplomatie américaine ? (Juillet 2001)

SOURCE : http://www.FreeRepublic.com/forum/a3b72b1b8179b.htm

ON NE VOUS DIT PAS TOUT SUR LE RWANDA - 2001-10-07

Les USA étaient non seulement au courant du génocide qui se préparait au Rwanda mais, et les dossiers le prouvent, Ils ont tout fait pour qu'il n'y ait pas une intervention de l'ONU pendant ce temps. Pourquoi ? c'est cela qui m'intéresse et
l'explication est difficile à trouver.

SOURCE : http://www.nationalpost.com/home/story.html?f=/stories/20010822/659962.html

on ne vous dit pas tout - 2001-09-28

Le danger, pour les USA, c'est que sa politique hégémonique crée chez les petits peuples un phénomène de rejet. C'est conscient de cela que Bush fait la cour aux Hispaniques.

SOURCE : http://www.FreeRepublic.com/forum/a3b72c0a334f1.htm

on ne vous dit pas tout - 2001-09-28

10 AOUT - MON AVIS EST QUE
Les USA sont aujourd'hui grandement responsables de la dégradation de l'atmosphère par les trous d'ozones et la pollution industrielle mais qu'ils s'en accomodent parce que leur vision du monde est darwinienne (the survival of the fitest) août 2001 et qu'elle prévoit la nécessité pour les USA à s'adapter au pire.

SOURCE : http://www.worldnetdaily.com/news/article.asp?ARTICLE_ID=23943

on ne vous dit pas tout - 2001-09-28

10 AOUT -
La Georgie n'est pas peuplée que de Georgiens il y a plusieurs autres petits peuples avec leurs langues et cultures. Un de ces peuple s'appelle les Askases. Les Askase ne veulent pas obéir aux Georgiens et c'est normal. D'où éventualité d'un nouveau conflit ethnique avec possibilité, pour les USA de mettre de l'huile sur le feu. Ecrit le 10 août 2001 après lecture de

SOURCE : http://www.FreeRepublic.com/forum/a3b72b3521ab9.htm

On ne vous dit pas tout - 2001-09-26

Lu dans Internet qu'après avoir vendu Milosévic pour beaucoup d'argent, les Yougoslaves n'ont reçu qu'un
dixième de la somme. Ils sont furieux.
Alors dans Internet quelqu'un dit : ils auraient du faire l'échange sur un pont, comme dans les films, valise
remplie d'argent contre Milosévic parce que maintenant ils se sont fait avoir.

SOURCE : ...

On ne vous dit pas tout - 2001-09-26

Juridiquement parlant, si on arrête les criminels de guerre Croates qui ont massacrés des Serbes il y a
le risque que des Américains très haut placés, au Ministère des affaires étrangères, soient pris dans le filet
aussi. En effet, comme l'indique "La voie de Russie" sur Internet, les Croates qui, à l'époque, massacraient
les Serbes étaient encadrés et dirigés par les Américains.

SOURCE : ...

On ne vous dit pas tout - 2001-09-26

Les Russes ont aidé les USA sur le plan informatique à découvrir un bug qui permettait de faire oublier des
milliers de têtes nucléaires.

SOURCE : http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/articles/A44053-2001Jul10.html

On ne vous dit pas tout - 2001-09-26

10 soldats anglais auraient été tués en voulant arrêter Karadzic :
Premier jour : difficile de trouver confirmation de ces événements.
Deuxième jour : je trace toujours et c'est l'Observer qui annonce la tentative : ils ont essayé pendant la nuit de
le surprendre il était au courant et il y a eu dix morts parmi les Anglais. On ne sait pas combien mais toute la
presse occidentale se tait. Dix morts c'est quand même beaucoup.
Sa capture devait avoir lieu pendant que les gens du gouvernement de Bosnie, partie Serbe, étaient à
Washington.

SOURCE : http://www.freerepublic.com/forum/a3b5185221f42.htm

On ne vous dit pas que - 2001-09-26

L'Otan, furieux de sa déconvenue avec la tentative ratée met sur pied une grande opération pour attraper
Karadvic.

SOURCE : http://www.canoe.ca/CNEWSBalkans0107/18_nato-ap.html

On ne vous dit pas que - 2001-09-26

Les Services Secrets Macédoniens disent avoir la preuve (un film) que les USA alimentent en armes les
rebelles Albanais de Macédoine. lu sur

SOURCE : http://www.freerepublic.com/forum/a3b618e7b4162.html

On ne vous dit pas que - 2001-09-26

A Singapour on travaille sur un logiciel pour caméra détecteur d'attitudes suspicieuces. lu sur :

SOURCE : http://dailynews.yahoo.com/h/nm/20010727/tc/tech_singapore_software_dc_1.html

- 2001-09-26

Les USA négocient pour une base militaire en Serbie
pour de l'argent et que le premier ministre Serbe risque d'accepter.
Au nom de la loi du plus fort et du plus riche
les USA poussent le bouchon loin - lu sur :

SOURCE : http://www.freerepublic.com/forum/a3b65338e4363.htm

qui cherche trouve - 2001-08-02

Un jeu qui fait fureur en ce moment au Pentagone et qui s'appelle "war game strategy" est de demander à des gens d'imaginer une attaque sur les Etats Unis. Le jeu consiste en ce que les gens du pentagone démontrent que l'attaque était impossible ou que la parade existe.

SOURCE : http://antiwar.com/

On ne vous dit pas tout - 2001-07-28

Les médias aux Etats Unis disent sur le Net que ce sont les trotskistes Français qui ont poussé les berbères à se révolter.

SOURCE : ...