-> retour à la liste <-

ATLAS ET CARTES LINGUISTIQUES ( le 1 janv 2004)

2004-01-02
Voici ma lettre : Ethnisme n°12
Le sujet de cette lettre concerne les
" Cartes et Atlas linguistiques "

J’envoie cette lettre d’une part à ceux qui se sont abonnés et d’autre part à des adresses emails d’individus chercheurs ou autres que j’ai croisés sur le net et qui, il me semble, s’intéressent au sujet. Dans le cas où cela ne serait pas vrai je leur demande d’avance de m’excuser., Ils peuvent se désabonner en cliquant en bas de page.

Annie m’a offert pour noël,
L’Atlas des langues du monde de Roland Breton et l’Atlas des peuples d’Afrique aux Editions La Découverte. Je les ai littéralement dévorés.
Par ailleurs en parcourant le Net depuis un an je note qu’il y a de plus en plus de cartes linguistiques et ethniques de toutes les régions du monde et surtout des régions en conflits. J’en tire une conclusion : l’élément linguistique est devenu de plus en plus important dans l’analyse des conflits.

L’ethnisme de François Fontan est entièrement basé sur le principe qu’il n’y a pas de peuple sans langue et pas de peuple sans droit à gérer son destin sur son territoire linguistique.

A partir de ce point de vue-là, les données des cartes linguistiques deviennent très importantes.

Fançois Fontan en 1958 a travaillé avec le matériel qu’il a trouvé, essentiellement les cartes linguistiques contenues dans le livre de A.Meillet et Marcel Cohen.
En grande partie ces cartes restent toujours valables, mais les linguistes de terrain ont continué à les préciser et à les parfaire. D’autre part, bien que Fontan fût persuadé de la sédentarisation des populations, nous devons reconnaître qu’il y a eu et qu’il y a encore des flux migratoires qu’il va falloir prendre en considération dans les nouveaux tracés.

En parcourant ces cartes j’ai fait plusieurs observations : il y a des linguistes qui produisent des cartes et qui voient des langues partout et d’autres qui éliminent les langues.
Je ne mets pas en doute la sincérité du travail de certaines linguistes, mais quand une équipe de linguistes débarque sur un territoire et commence à demander à tous les habitants d’un village : comment dites-vous le mot " pain ", le mot " vin " ou le mot " table " et enregistre méticuleusement les réponses pour établir une carte linguistique, toutes les erreurs sont possibles. Il est très facile de faire disparaître une langue autochtone si on ne la cherche pas.
Il y a aussi les linguistes qui coupent les cheveux en quatre et qui, par exemple, auraient tendance à créer des langues là où il n’y a que des dialectes.
Dernière remarque, ces Atlas qui enfin donnent des informations sur la situation des langues (des peuples) dans le monde omettent presque toujours de tirer des conclusions politiques de ces frontières linguistiques. Ils sont, sur ce sujet, très muets, se disant certainement : c’est la boîte de Pandore et si on établissait la relation : droit à la langue = droit à l’indépendance, ce serait mettre en chantier des dizaines de guerres civiles et de conflits frontaliers.
L’Ethnisme pense le contraire : ne pas reconnaître le droit à l’indépendance culturelle et même politique (gérer son destin) quand il y a territoire linguistique est plus créateur de conflits que le contraire. Toutes ces nouvelles cartes linguistiques doivent aider à la redéfinition des frontières et des peuples.
Il est temps que tous ces Sites qui ont presque tous, comme objectif, la survie des langues dans le monde, se réunissent et prennent conscience que leur objectif (défense des langues) et celui des Sites de nombreux mouvements de libération nationale des peuples devraient concorder. Le mouvement de libération Mapouche ou le mouvement de libération Basque ont tous deux la même finalité, la défense de la langue, donc du peuple etc.

En fait, l’étude de ces cartes doit aider à faire comprendre qu’il faut en finir avec le principe sacro-- saint " d’intangibilité des frontières " et faire accepter l’idée que pour combatte l’impérialisme et permettre l’épanouissement des individus il faut retracer les frontières des peuples.

Pour ceux que le contenu de cette lettre intéresse, j’ai ajouté une rubrique (nouvelles cartes linguistiques) dans mon site (http://ethnisme.ben-vautier.com/ )(allez le consulter)
Dans cette rubrique, je crée des liens et je propose des cartes linguistiques trouvées sur le net ainsi qu’une série de commentaires sur ce que ces cartes nous apprennent cartes.
Ben nov. 2003

Ps : Je ne prétends pas, dans ces news letters, apporter la vérité mais simplement vous donner mon avis sur tel ou tel sujet.