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JE NE PARLE PAS QUE DE MOI (16 JANV2004)

2004-01-19
Je n parle pas que de moi J’ecoute aussi la radio et à la radio, à la télé, on est reparti ces jours-ci pour reparler de l’alter mondialisation. Bien que j’ai déjà, dans une lettre précédente, donné ma position, la voici à nouveau pour ceux qui ne l’auraient pas lue.
Vous voyez je ne parle pas que de moi et de mon nombril.

VOICI DONC MA POSITION SUR l’ALTER MONDIALISATION
Si on veut changer le monde l’alter mondialisation ne règlera rien et restera du verbiage si elle ne met pas au centre de sa problématique l’existence des 5000 peuples (langues) qui composent ce monde ainsi que leur désir légitime de gérer leur propre destin. En effet, qu’on le veuille ou pas, si on inventorie l’ensemble des conflits intérieurs et extérieurs qui affectent les Etats du monde aujourd’hui, plus de 95 % sont d’origine ethnique (c’est-à-dire conflits entre communautés linguistiques) là où un peuple en opprime un autre.
Les intellectuels, avec leurs schémas : lutte des classes, primauté de l’économie sur la langue, et qui avaient consciencieusement gommé le besoin d’identité des minorités, doivent faire marche arrière toute. L’alter mondialisation, avec toute sa bonne volonté et ses bonnes intentions ne sera qu’une boursouflure idéologique de plus, une omelette intellectuelle qui ne prendra jamais à moins qu’elle ne prenne en compte que pour changer le monde il faut en premier l’accepter comme il est c’est-à-dire avec sa diversité de peuples ayant tous une dynamique prête à la guerre et même, pour certains, au suicide pour survivre (pour leur droit légitime et juste à la survie de leur culture, langue et différence)
L’alter mondialisation, à juste titre, se focalise sur l’impérialisme économique du capitalisme sauvage et du libéralisme à tous crins, en oubliant que pour combattre ce mal, il ne faut pas refaire la même erreur que Rosa Luxembourg et le communisme idéologique avaient fait : proposer une solution universelle c’est-à-dire porter tous les mêmes chapeaux et les mêmes pantalons.
J’ai bien écouté ce qui s’est dit à Clichy et j’ai constaté que presque tous les débats sur l’alter mondialisation ont occulté la réalité des peuples pour mettre en avant l’injustice économique. Je n’ai pas entendu les Corses, les Inuits, les Sioux, les Basques, les Bretons, les Tamouls, les Occitans dire que pour changer le monde il fallait d’abord que l’on se sente libre de le changer.
L’ethnisme ne dit pas que l’injustice économique n’existe pas, mais il dit qu’elle n’est que l’infection sur l’abcès qui provient directement des situations de l’impérialisme, des injustices ethniques et des dynamiques ethnocentriques c’est-à-dire le non-respect du droit des peuples et l’impérialisme linguistique et ethnique de certains peuples sur d’autres.
Si je me souviens bien, à Rio, les petits peuples Amérindiens présents avaient donné à espérer que le mouvement anti-mondialisation devenu alter mondialisation irait dans un sens qui prendrait en compte le respect et le droit des petits peuples à décider de leur propre culture et de leur indépendance. Après Gênes et maintenant Clichy, je ne sais pas si j’ai raison et si je suis mal informé, mais j’ai l’impression que cet espoir s’amenuise et que l’alter mondialisation est devenue surtout la recherche d’une solution pour régler les problèmes économiques et sociaux des puissants entre eux.
Je vais donc résumer ci-dessous, au cas où, comme je l’aurais entendu sur France Inter, l’alter mondialisation est encore un mouvement ouvert aux propositions,
Ma vision pour une politique d’alter mondialisation.
Point 1 : Nous sommes tous d’accord : nous allons vers la catastrophe. Il faut changer le monde, nous voulons un monde nouveau or les inégalités augmentent (voir l’Afrique, le Cambodge…)
Point 2 : Nous sommes tous d’accord de l’effet mondialisation sur le plan de la circulation de l’information, de l’échange des marchandises, de l’impossibilité, pour une région du monde, de se séparer du reste du monde.
Point 3 : (c’est ici que l’ethnisme commence à différer sur l’analyse de la situation)
Le monde est et reste toujours un espace habité par des peuples ayant des langues différentes donc des cultures différentes, des ego de survie distincts. Ces peuples existent. Ils sont définis par une langue. Il y a un peuple Italien parce qu’il y a une langue Italienne, un peuple Arabe parce qu’il y a une langue Arabe, un peuple Juif parce qu’il y a une langue Hébraïque.
L’ethnisme croit que ces conflits et situations impérialistes entre langues, peuples, communautés, sont la cause principale de la situation catastrophique du monde.
Point 4 : Comme un docteur, si je devais chercher à guérir le mal je m’attaquerais à sa source qui est, d’abord et avant tout, contenue dans les situations impérialistes dans le monde.
Hélas ces situations impérialistes sont nombreuses, tellement nombreuses qu’on pourrait presque croire qu’elles sont naturelles à tous les peuples.
Pour en êtres persuadés, il suffit de remarquer que le plus petit peuple en lutte contre l’impérialisme qu’il subit, opprime souvent lui-même ou revendique un territoire qui ne lui appartient pas.
Point 5 : quand l’alter mondialisation propose des solutions : la taxe Tobin, de nouvelles lois régulatrices de l’économie mondiale, du FMI etc, son argumentation ne part jamais du simple axiome de base qui est le droit des peuples à gérer leur propre destin. Au contraire, ATAC, comme d’autres, se propose de ressembler à des ONG qui viendraient trouver la solution pour les autres. Celà dit, peut-on faire autrement quand on assiste à la destruction des Buchmen de Calgary, ou des peuples d’Amazonie ? Oui leur donner l’indépendance.
Point 6 : Aujourd’hui le mouvement alter mondialiste navigue dans la confusion parce que les ingrédients qui le composent sont contradictoires. En effet, bien qu’au départ nous soyons tous d’accord sur le fait qu’il faut changer le monde,
il y a ceux qui, pour les droits des femmes imaginent une femme idéale
il y a ceux qui rêvent d’une société modèle etc.
Résumons :
Ma position par rapport à la mondialisation et l’alter mondialisation
a) Pour ne pas tomber dans les travers d’une alter mondialisation qui occulterait sinon combattrait ce droit des peuples, il faut obligatoirement passer par le débat sur ce qu’est un peuple.
Il faut tout faire pour éviter que l’alter mondialisation ne
devienne pas une chasse gardée idéologique des intellectuels gauchistes, trotskistes, qui n’ont jamais pu se débarrasser de la vision du monde égalitariste de Rosa Luxembourg.
b) Cette alter mondialisation doit donc prendre en compte la réalité de l’existence des peuples et leur droit à la survie. (droit des peuples)
c) Cette alter mondialisation doit déceler et combattre la domination d’une ethnie (peuple langue) sur d’autres ethnies (peuples langues) c’est-à-dire qu’elle ne doit pas entériner l’impérialisme.

En ce qui concerne l’Inde puisque cette rencontre alter mondialiste a lieu aux Indes à Bombay,
Permettez- moi une remarque
Il y a vingt ans, l’Inde était fortement centralisée sous la houlette impérialiste des Anglais, puis des Hindis. Aujourd’hui, parce qu’il était impossible de faire autrement, l’Inde s’est décentralisée. (voir la carte linguistique de l’Inde sur le site ethnisme .com) et cette décentralisation de l’Inde a été réalisée peu à peu sur la base des langues.donc des peuples qui la composent et malgré cela ll, l’Anglais bien que la langue de l’oppresseur, est restée en Inde la langue de communication entre ses peuples et la langue internationale.
Je dis cela car ça devrait donner l’exemple à la France qui même si elle décentralisait culturellement et politiquement, n’aurait rien à perdre mais tout a gagner

Ben nov- janv 2004.