LES RALEURS
Moi j'aime quand les gens rouspètent, qu'ils aient tort ou qu'ils
aient raison, car c'est de la liberté.
BEN
A MOI DE RALLER AUSSI par BEN 2006-01-07
Ben le raleur
On est tous à facettes
Voici donc
Une autre facette de Ben
Ben le râleur
Je ne devrais pas râler
Mais je râle
D'ailleurs Cela fait des mois
que j'ai envie
de râler pour râler
Ne pas être gentil
Être moi même
S'il le faut mesquin
Et pourtant
Quoique mon taux d'adrénaline
dépasse souvent 4 sur l'échelle de Richter
Je ne l'ai pas fait
Pourquoi ?
1- parce que trop lâche
2- parce que, comme Jésus, je pardonne
3- parce que je doute
4- parce que j'ai peur de passer pour raleur
Puis hier (une goutte de trop) je me suis dit
Stop Ben
La vie est trop courte pour la passer à ramper
Toi qui a écrit :
« C'est le courage qui compte »
Ne t'écrase plus
Râle (sois humain)
Sinon ils te prendront pour un mou
Et puis Ben si tu dis que ton art c'est le « quotidien »
Ce qui te prend la tête
Et te fais râler
Cela aussi c'est du quotidien
Donc voilà mon premier RALE
JE RALE
La galerie s'appelle : Lovers of Fine Art
ils sont à Gstaad en Suisse
Et ils vendent de l'art
Elle (belle dame) vient un jour dans mon atelier
m'achète deux tableaux, me demande de lui les envoyer
qu'elle les payera à réception
Je les envoie par mail box.
Avec facture tout en règle
Non seulement elle ne les paye pas
Mais 3 mois après
Ne répond pas
Et me raccroche au nez.
J'ai donné le dossier à un avocat, mais ça n'a servi à rien.
Cela dit Si après cette réclamation
Mme de « Lovers of Fine Art de Gstaadt
Me payait ou me retournait mes tableaux
je le signalerai dans ma prochaine news letter.
JE RALE
Auprès de
Caroline Corre qui sévit Verderonne
elle m'a pris il y a quelques années de cela
des livres anciens et rares pour
la somme de 7625 FR plus 5000 FR (2 000 E )
depuis
Pas moyen de me faire payer ou de les récupérer
Si vous la voyez parlez lui de ça.
elle as peut-être perdu la mémoire
JE RALE
Drôle d'anecdote
Une maison de pub me fait venir à Paris exprès
Pour rencontrer les grands PDG fabricants de lunettes.
Des gens sympas réunion etc.
On discute - les idées fusent - on déjeune
Je leur propose même une idée :
Le beau est transparent (lunettes)
On visite un de leurs magasins
Ils me prennent les paramètres de ma vue
En retournant dans l'avion, je me dis
drôle d'affaire
je n'ai pas été rémunéré pour la journée
J'ai perdu mon temps
Ils vont au moins me faire cadeau d'une paire de lunettes
J'attends toujours
JE RALE PAS AVEC OUDIN
de la rue quincampoix
qui vient de me rendre et
payer deux pieces qui datent depuis 1993
JE RALE
Hughet de Neuchâtel :
Mec super sympa et cool nous étions même amis
Je ne vous raconte donc que la fin
C'est une histoire
Hughet aime mon travail
Fait une expo dans son local a Neuchatel
Je le soutient
Un jour il prend chez moi des plaques émaillées
Pas grand chose
Mais quand même
4 ans après il ne me les rend toujours pas
Je ne comprends pas
Je sais qu'il a eu des soucis mais ce n'est pas une raison.
Il aurait pu au moins écrire pour s'expliquer ou s'excuser
Mauvais karma
J'ai plus envie d'aller a Neuchâtel
JE RALE
Mon ami Galdin (qui reste et est toujours mon ami)
m'invite à aller à Monceaux les Mines
Et d'imaginer un projet de réhabilitation du lavoir des mines.
Nous y allons avec Maxime
on rencontre le responsable, un certain Didier,
je propose à Didier un projet
un peu utopique mais courageux
Transformer cet espace en un « centre des cultures ignorées »
ils disent oui : nous rvenons à Nice.
Maxime passe une semaine à créer le canevas du site
Et moi à faire des recherches et des dossiers
(Vous pourrez d'ailleurs bientôt le visiter sur mon site)
Cela me coûte 1000 euros et 5 jours de mon temps
Puis silence total- j'écris mais
Monceaux les mines ne répond plus
Plus signe de vie.
Un jour une copine, Diane me dit, j'ai vu sur le net qu'à
Montceaux les Mines il y a eu appel d'offres
Décidément je me fais des illusions.
Ils auraient au moins pu écrire pour me dire que mon projet ne les intéressait pas
Ceci étant je ne regrette rien car le travail de recherche fait
sur les peuples ignorés fut passionnant
et vas un jour me servir
J'ALLAIS raler a propos de la Fondation d'Emily Harvey ?
mais j'ai enfin des nouvelles
elle existe et je suppose que
Les tableaux que je lui ai laissés sont- inscrits
dans la Fondation ?
on ne me dit rien
JE RALE
Un jour j'achète un groupe électrogène
Parce que je me dis :
On ne sait jamais un tremblement de terre…
à la maison
Je n'arrive pas à le faire démarrer
Je le laisse dans un coin
Au bout d'un an
Panne de courant je veux m'en servir, il ne démarre pas
Je l'apporte à Outillage niçois du côté de Saint Roch
Je lui dis : il est neuf, je n'arrive pas à le faire démarrer
Il le garde un mois, je vais le récupérer et il me dit :
ça fait 184 euros et il me montre le démarreur
Là je comprends que je ne savais pas comment le faire démarrer parce que je ne savais pas où était le starter.
Je lui dis :
Je ne tiens pas à payer 184 euros pour apprendre où est le starter (j'ai impression qu'il me prend pour un Américain)
Je lui dis : vous pouvez le garder.
Je vous en fais cadeau car le même est à 125 euros à Métro. Par contre je ne retournerai pas chez lui.
Je lui avais aussi donné un karsher à réparer et il me le montre en 30 petits morceaux par terre. Irréparable.
Il me prend pour un Américain
j'ai le bourdon
BON J'ARRETE ET POURTANT JE RALE ENCORE
Oui j'ai encore au moins dix râles de cerf aux abois
en réserve dans ma tête d'angoissé
Et quelques colères aussi
Grenoble une histoire d'art dans la rue
Une histoire sordide de deux pianos que des musees mont empruntes
Paris un rigolo (qui se prend pour un expert)
Genève un marchand qui a des trous de mémoire
Et bien sur une liste de « qui ce qui oublient ce qu ils doivent Etc., etc
SAME OLD SHIT par F ROUX (JAIME) 2005-04-10Les années 80 sont, soi-disant, mortes et enterrées, leurs errements avec. En art surtout. Plus question de servir la soupe à la spéculation et à la com’. Parole de rebelle ! Tu parles Charles ! Serment d’ivrogne... Un peu d’avoine et les bourriques repiquent presto à la gamelle.
Pour ceux qui auraient des doutes ou bien quelques illusions, je conseille l’examen d’une hypothèse d’école récente : Genesis sculpture Expérience Pommery #1 (on peut donc craindre qu’il y ait une deuxième expérience l’année prochaine... Puis-je suggérer Phil Collins peinture Experience Pommery #2 ?) Difficile de faire plus hype ! Difficile de faire plus rock ! Le rendez-vous pour le vernissage était fixé devant le Crillon... Vingt ans après, le bus a davantage changé que les passagers, il y a même Bernard Marcadé qui parle toujours le "je-veux-dire" à tue-tête debout sur un strapontin. Sur place, la catastrophe est si voyante (C’est 80 tout plein ! Même Haring est au rendez-vous !) que l’hilarité vous gagne. Les oeuvres sont accrochées en dépit du bon sens, confrontées au lieu, elles disparaissent (au mieux) ou se ridiculisent (au pire), comme d’hab’ dans ce genre de manigances promotionnelles.
Le seul à tirer son épingle du jeu : Eric Cytron. Faut dire que c’est pas la moitié d’un Trycon (ce qui, tout bien calculé, fait quand même un con et demi !)... Il a compris, en tous les cas, que l’art et la décoration avaient quelque chose à voir (D’où ça vient ?) et nous gratifie d’une nature morte à l’oeuvre contemporaine ("A kind of display !") qui devrait faire le bonheur des photographes et des agences de com’ qui vont avec. Bravo Co(u)ntry ! Mission accomplie ! Prends le pognon, vive Dijon et les joyeux Bourguignons !
Le discours (sou)tenu en la circonstance atteignant des sommets de ridicule (lorsque l’on vous parle d’oeuvres "frappant par la pureté de leurs formes tout en démontrant à l’évidence que la matérialité n’interfère en rien sur le pouvoir de l’imaginaire", attendez-vous à vous entraver dans deux étagères Ikea oubliées hasard), il ne restait plus qu’à se torcher la gueule.
Ce que nous fînes.
FREE PRESS
C’est en feuilletant Les Inrockuptîbles (dont Eric Troncy est un collaborateur régulier), l’oeil captivé par une pièce de Présence Panchounette (non créditée), que j’eus vent de cette "opération". D’après ce magazine, l’exposition est "construite sur l’articulation complexe entre une création contemporaine effervescente (je croyais ne plus pétiller depuis vingt ans) et le lieu spécifique du Domaine Pommery". Ben voyons !
Un mois plus tard, j’appris qu’en penser en parcourant Beaux-Arts Magazine (dont Eric Troncy est un collaborateur régulier ainsi que Stéphanie Moisdon, commissaire de l’expo en question). Ce n’est plus de l’enthousiasme, c’est du délire... Huit pages ! Judicael Lavrador (collaborateur régulier des Inrockuptibles), délégué au goupillon, entame le dithyrambe sur les chapeaux de roue "Epoustouflant". Ce qui est encore plus époustouflant, c’est que la quatrième de couverture du numéro précédent de Beaux-Arts Magazine était une publicité pour... Genesis/Pommery/Même combat #1/On-attend-la-suite-avec-impatience !
Là ou l’on atteint le grandiose, c’est lorsque l’on convoque une pièce de Présence Panchounette (Le Roi des rennes, 1985) pour illustrer le propos ; là où l’on frôle le sublime c’est lorsque l’on sait que l’oeuvre comprend la tête du chevreuil, les gants Mapa ET leur ombre (d’où le titre) et que d’ombre, point I Donc d’oeuvre, non plus...
BONUS TRACKS
Je me suis demandé hier et avant-hier à quoi me faisait penser le travail de Sylvie Fleury et celui de Maurizio Cattelan ; je ne me le demande plus puisque, aujourd’hui, je me demande à quoi me fait penser le travail de Bruno Peinado. On ne se refait pas.
Dans le temps, Daniel Buren et Patrick Bouchain ont essayé de refourguer à l’inter de Milan le maillot de Botafogo. Les footeux, moins borgnes que les cultureux, ont envoyé les deux petits filous se faire mettre. Quel dommage !
Carole_Benzaken a reçu le prix Marcel Duchamp et Guillaume Durand déclare au Monde "La télé n'est pas assez impertinente" On n’a pas tous les jours l'occasion de rigoler.
Je me demande à quoi me fait penser le tissu d’ameublement repeint par Bertrand
Lavier en 2004 ? Peut-être à "A la manière de la manière deux" (Présence
Panchounette,1982) ! Peut-être... mais pas sûr.
C'est une exposition consacrée à Jeff Koons (crétin coûteux) qui inaugurera la Fondation François Pinault en 2007. Cinquante ans après avoir essayé de leur vendre des Dauphines, nous tenons, enfin, notre revanche.
Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture, rejoint Artemis, holding de PPR, comme conseiller de son président, François-Henri Pinault ; Guillaume Cerutti, son ancien directeur de cabinet, a été nommé directeur général de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Ça va barder !
"Le constat est simple. L’art contemporain et le (grand) luxe constituent la même cible", déclare Virginie Mouzat dans Le Figaro à propos de l’inauguration du nouveau siège de LVMH. Ah bon !
Pour la dernière de Campus, Bertrand Lavier déclare "Un artiste ne peut pas être cynique... Un artiste qui serait cynique exploserait en vol !" Idéaliste, va !
IN CAUDA VENENUM
Je remercie tous les artistes qui se sont élevés contre la décision d’Hervé DiRosa, artiste mondialement connu, Pierre-Jean Galdin et Norbert Duffort, fonctionnaires culturels à Nantes et ChantaI Creste (idem à Rennes), de me licencier (ainsi que mon assistant, Luc Lauras) du musée intemational des Arts modestes. Je remercie également tous les journalistes qui s’en sont fait l’écho, tous les institutionnels qui nous ont manifesté leur solidarité à cette occasion, et tous ceux qui se demandent encore "Pourquoi ?" Ben, oui, au fait pourquoi ?Artcurial/ Briest – À l’attention de Maître Francis Briest par Richard Rodriguez 2004-12-13Maître,
Voilà de quelle manière totalement stupide et criminelle on détruit, pour de longues années, la réputation et la cote d’un grand artiste national !
C’est surprenant la façon avec laquelle vous avez réussi, en si peu de temps, à vous mettre à dos, non seulement, l’ensemble des intervenants du marché de la photographie mais, également, ceux du marché de l’art contemporain.
Il ne fallait, pourtant, pas être grand devin pour imaginer ce qui risquait d’arriver; mettre en vente un si grand nombre de sculptures de César, au moment où l’on constatait que son marché était fragilisé par le scandale récent des faux et le conflit familial de succession, était on ne peut plus irresponsable et suicidaire.
Faut-il que vous soyez aux abois pour agir de manière aussi inconsidérée et avoir un comportement aussi arrogant à l’égard de ceux qui tentent de vous éviter de commettre de pareilles bévues.
Je ne voudrais pas être à votre place, mais il faudra bien que vous acceptiez de prendre conscience que c’est vous seul qui avez scié la fragile branche sur laquelle vous étiez assis et que vous assumiez enfin vos responsabilités !
Qui va, dorénavant, accepter de faire confiance à quelqu’un qui sacrifie la réputation d’un célèbre artiste à son ego personnel ?
Qui va confier la vente de sa collection d’art contemporain ou de photographies à quelqu’un qui ne sait même pas défendre les œuvres d’importants artistes internationaux qui, à New York et à Londres, se vendent "haut la main" ?
Car, non content de casser la cote de l’un de nos plus talentueux artistes français vous déconsidérez aussi, aux yeux de la concurrence anglo-saxonne, le savoir faire de votre profession, en matière d’art contemporain international, en ravalant, à tour de bras, les de Gursky, Ruff, Mori, Becher... !
Ce n’est certainement pas grâce à des gens comme vous que l’on va pouvoir rehausser le prestige de la France en matière culturelle, bien au contraire, hélas !
Bien sincèrement,
Richard RodriguezLe Journal des Arts – À l'attention de Monsieur Philippe Régnier Directeur de la Rédaction par Richard Rodriguez 2004-12-13Cher Directeur,
La lecture du compte rendu des dernières ventes aux enchères d’art contemporain de New York rédigé par votre correspondant Roger Bevan me laisse on ne peut plus perplexe, ainsi que de nombreuses personnalités du milieu de l’art, en particulier cette déclaration : "La semaine aura été décisive pour l’œuvre de Maurizio Cattelan, qui se confirme comme l’un des investissements les plus fiables et les plus intéressants du marché de l’art contemporain."
Ne pensez-vous pas qu’il eut été opportun, pour le respect de l’ensemble de vos lecteurs peu avertis en la matière, que l’on replace dans leur contexte réel les raisons exactes de la hausse récente et irrationnelle de la valeur des œuvres de cet artiste ?
L’exemple le plus frappant et, quelque peu, dérangeant, c’est la manière dont la valeur du Pape, " La Nona Ora ", a été propulsée, en moins de quatre ans, à des sommets stratosphériques.
Cette œuvre avait été achetée environ 80 000 $, en 1999, par un collectionneur français, Bernard Herbo, auprès de la galerie parisienne Emmanuel Perrotin dont il s’avérait être, par un heureux hasard, le financier.
En mai 2001, soit à peine deux ans après son acquisition, il met en vente cette œuvre chez Christie’s New York, qui, par un autre hasard, est la propriété de l’un de ses proches amis, François Pinault, qui, lui-même, possède toujours par une étonnante coïncidence la seconde version de cette L’œuvre est adjugée 886 000 $ TTC soit plus de dix fois son prix d’acquisition initial !
En novembre dernier, cette même œuvre est remise en vente à New York, chez Phillips, et est adjugée plus de trois millions de dollars, soit une valeur financière multipliée par trois et demi en trois ans et demi, qui dit mieux ?
Or, l’on apprend soudain, par la presse spécialisée, que l’un des deux chanceux vendeurs n’est autre que le courtier Genevois Marc Blondeau, qui est, comme chacun le sait et par un autre surprenant hasard, l’un des plus proches conseillés de François Pinault, et la boucle est ainsi bouclée !
Où est donc, en conséquence, la fiabilité d’un tel marché qui ne repose que sur une poignée d’intervenants qui s’avèrent avoir des intérêts croisés et communs en la matière, excluant tout autre intervenant ne faisant pas parti de leur club très privé?
En Bourse, cela s’appelle un " délit d’initié ", et en Economie, un " délit d’entrave â la libre concurrence et à la transparence des prix ", graves délits qui sont sévèrement réprimés par les législations nationales et internationales du commerce !
Il semble donc étonnant que, jusqu’à présent, la règle principale de ce marché de l’art, purement spéculatif, soit d’enfreindre impunément ces règles fondamentales du commerce et de se placer, ainsi, hors la loi !
Ne pensez vous pas que, par des commentaires si élogieux, votre correspondant fait ainsi l’apologie de telles pratiques répréhensibles et, qu’en conséquence, il les encourage à prospérer, avec le risque qu’elles mettent en péril, tôt ou tard, la stabilité et la crédibilité de l’ensemble du marché de l’art international ?
Le titre de son article "La valse des records" me rappelle celui d’une de ses cons de Beaux Arts Magazine, qui, en 1989, quelques mois avant l’effondrement du marché de l’ait titrait "Les records, j’adore !"; faut-il être naïf ou simple d’esprit pour croire que de tels excès spéculatifs sont fiables et peuvent durer indéfiniment !
En août dernier, Art & Auction, publiait un très intéressant article qui expliquait à ses lecteurs, pour lesquels il semble avoir plus de considérations et rejoignant ainsi mes propres préoccupations, que les dérives spéculatives du marché de l’art contemporain étaient similaires à celles de cette irrationnelle spéculation boursière sur les "start-up" de la nouvelle économie, qui avait sévi avant le terrible krach boursier de 2000 !
Les mêmes causes entraînant inéluctablement les mêmes effets, il est fort â craindre que le réveil des consciences sera tout aussi brutal.
Je vous invite chaleureusement à faire un sondage auprès des divers intervenants du marché de l’art (je parle bien évidemment des gens sérieux et responsables et non de ces "autruches" insouciantes qui dansent actuellement sur un volcan) et vous constaterez que la majorité d’entre eux partage mes craintes et mon indignation.
Bien cordialement,
Richard RodriguezLe Monde/service culturel – À l'attention de Monsieur Harry Bellet par Richard Rodriguez 2004-12-13Mon Cher Harry,
Désolé, mais ton dernier article est la goutte de trop qui fait déborder le vase !
Déjà, le mois dernier, tu avais réduit principalement ton compte rendu des ventes d’art contemporain de New York à la vente du "Pape" de Maurizio Cattelan, à plus de trois millions de dollars, et voilà, maintenant, que tu récidives, en limitant ton compte rendu de la foire d’art contemporain de Miami/Bâle, à l’installation à Miami, en décembre 2005, de son marchand Emmanuel Perrotin.
Ce n’est pas parce que François Pinault est actionnaire minoritaire du journal Le Monde que cela t’autorise à faire, de manière si outrancière, l’apologie de l’un de ses artistes préférés et de son marchand attitré, sans faire la moindre réserve sur leurs agissements très critiques !
Je te rappelle que c’est le journal Le Monde et ses lecteurs qui te paient et non son actionnaire minoritaire ; Car, dis-toi bien que la majorité des lecteurs du Monde ne partagent absolument pas ton admiration débordante pour des gens qui sont arrivé là où ils sont en trichant et en enfreignant les règles les plus élémentaires du commerce.
Il ne faudra pas s’étonner, alors, de la désaffection de vos lecteurs si vous bafouez, aussi impunément, les valeurs qui sont les leurs et qui, jusqu’à présent, étaient défendues et représentées par votre journal.
L’objectivité de l’information journalistique, dans un pays démocratique digne de ce nom, ne peut être galvaudée au profit d’une bande de vulgaires affairistes et spéculateurs, au risque de mettre en péril la liberté de la Presse et la liberté d’opinion de ses lecteurs!
Bien sincèrement,
Richard RodriguezBeaux-Arts Magazine, A l’attention de Mesdames Emmanuelle Lequeux et Françoise-Aline Blain par Richard Rodriguez 2004-11-02Mesdames,
Dans votre article consacré à la FlAC je lis une déclaration de Lorenzo Fiaschi, directeur de la galerie Continua et membre du "comité de pilotage", qui me laisse pantois : "On a refusé la galerie Nahon, qui fait depuis des années des stands et des choix horribles. Elle n’a donc pas être là, tout comme la centaine de galeries que l’on a évincé."
Que ce petit Monsieur ne partage pas les choix artistiques des Nahon, c’est son droit le plus strict, mais prétendre, de manière aussi péremptoire, que leurs choix ont toujours été contestables c’est, soit faire preuve d’une mauvaise foi évidente, soit être d’une totale incompétence artistique.
En effet, peut-on honnêtement dire que cette galerie, en ayant exposé sur son stand les Nouveaux Réalistes, Beuys. Warhol, Basquiat, et j’en passe, à la FlAC, a porté atteinte, de quelque manière que ce soit, au prestige de cette foire ?
De qui se moque ce petit Monsieur qui est pleinement responsable de cette si pitoyable et scandaleuse exposition Louis Bourgeois, au Palais de Tokyo, organisée dans le seul but promotionnel d’une célèbre marque de café italien. aux dépens de la réputation de cette grande artiste.
Dans la liste des galeries sélectionnées pour la Flac 2004, il y a nombre de candidats retenus dont la démarche et les choix artistiques sont bien plus contestables que ceux des Nahon, et une foultitude d’importantes galeries internationales qui y sont absentes. Est-ce là la centaine de galeries que ce petit Monsieur se targue d’avoir évincé ?
Bien sincèrement,
Richard RodriguezRésistance et dissidence par Richard Rodriguez 2004-11-02"Il est certain que la liberté qui m’est chère n’a aucun rapport avec la
vôtre. Dans le domaine du sentiment elle est pudeur et droit au silence sur
ce qui me touche. Elle est droit au respect d’autrui."
(Antoine de Saint Exupéry — lettre à André Breton, février 1941)
L'installation de Maurizio Cattelan, à la chapelle de l'Ecole des Beaux-arts de Paris, consiste en un cercueil ouvert, exposé au milieu de la salle, comprenant la dépouille mortelle de John Kennedy, vêtu d’un costume sombre et pieds nus (?).
On ne saisit pas très bien le sens, s’il y en a un, de cette mascarade.
Ceux qui, si nombreux, encensent cet artiste, confondent manifestement bouffonnerie et génie. Pourtant, on ne peut ressentir que du mépris pour ceux qui, pour faire parler d’eux, sont prêts à tout, en ne respectant rien ni personne !
On aurait été plus indulgent si, vu les circonstances, Cattelan s’était servi de l’effigie de George Bush pour faire le pitre, mais le faire avec celle de Kennedy semble assez déplacé et irrespectueux pour sa mémoire. La bienséance voudrait que l’on ne joue pas avec les morts.
Quant à l’originalité créative de cette "œuvre", elle est inexistante. A moins de considérer, comme les adeptes de Cattelan, que l’esthétique du Musée Grévin est devenu la référence culturelle de ce siècle, comme l’a été celle du "Primitivisme" au XXe siècle !
L’on a, déjà, dénoncé le cynisme de cet artiste, surtout depuis qu’il a représenté, de manière aussi réaliste, Hitler en train de prier. Sa démarche artistique semble véhiculer une idéologie douteuse et suspecte, et cette installation, dans la chapelle des Beaux-arts, confirme nos craintes.
Que Cattelan soit capable du meilleur comme du pire, comme le vantent ses fans, n’est pas fait pour nous rassurer pour l’avenir, bien au contraire, car il s’est enfermé dans un système pervers qui lui impose de surenchérir, perpétuellement, dans une provocation purement gratuite et spectaculaire, afin de créer "l’événement" et de pouvoir survivre aux yeux d’un marché capricieux et, essentiellement, spéculatif.
Lorsque le cynisme de l’artiste rejoint, pareillement, celui du financier et du politique, il n’y a guère plus d’espoir pour l’humanité, ni de rêves pour nos enfants !Résistance et dissidence
"Vanitas vanitatum et omnia vanitas"
par Richard Rodriguez 2004-06-24Doit-on en rire ou en pleurer d’apprendre qu’après s’être entichés, tous deux, de l’artiste japonais Takashi Murakami nos deux fiers et puissants capitaines d’industries du luxe se chamaillent à coup de millions de dollars dans les ventes new-yorkaises, pour l’artiste italien Maurizio Cattelan? Ainsi, Bernard Arnault. serait "l’heureux" adjudicataire, à plus de deux millions de dollars, du cheval empaillé de Cattelan et, François Pinault son "malheureux" sous-enchérisseur !
Le célèbre collectionneur brItannique, Charles Saatchi, s’il spécule, actuellement, sur l’artiste. sud-africaine (d’origine hollandaise) Marlène Dumas, pour le moins, le mérite, lui, d’être le promoteur international des "Young British Artists".
Mais nos pauvres artistes contemporains, sur qui peuvent-ils compter pour les soutenir et les promouvoir à l'étranger si nos deux plus riches et influents collectionneurs les ignorent et se désintéressent pareillement, de leur sort?
L'inauguration, cette semaine, du nouveau siège social de LVMH., avenue Montaigne, est un autre insupportable exemple de l’arrogante désinvolture de son dirigeant à leur égard; En effet ce dernier a fait appel à une demi-douzaine d’artistes internationaux, dont Richard Serra (le sculpteur Favori de son rIval), pour décorer les lieux ; or, pas un seul de nos créateurs nationaux, même parmI les plus célèbres internationalement n’a été sollicité à cet effet.
Bemard Arnault ignore-t’il donc, lui qui voyage fréquemment dans le monde entIer pour ses affaires, que les grandes entreprises américaines ont pour principe de faire appel. de préférence, à leurs artistes nationaux pour décorer, avec prestige, leur siége social, leurs usines, leurs succursales, et qu’il en est de même pour les entreprises européennes ou asiatiques?
Mais que doit-on dire ou faire, à nos deux si "désinvoltes" collectionneurs milliardaires, pour leur inculquer cette "fibre patriotique" i qui leur fait tant défaut et qui fait pourtant la fierté des célèbres collectionneurs étrangers et la grandeur culturelle de leur pays ?!
Bernard Arnault a beau jeu de faire l’éloge, pour la fabrication de ses produits de luxe, de l’excellence de notre main d’œuvre artisanale, s’il méprise, par ailleurs, la créativité de nos artistes nationaux
Ainsi donc à ses yeux, la Culture française se réduirait, comme pour certains pays du tiers monde, à une simple activité artisanale et serait dénuée de toute créativité artistique, digne d’intérêt?!
Allons nous continuer à nous laisser humilier par ceux qui abusent ainsi d’un pouvoir financier aussi exorbitant au détriment de notre exception culturelle ? Libre à eux de ne pas aimer leur propre culture, mais notre tolérance s’arrête là où commence leur funeste intolérance!
24 Mai 2004