L'ECOLE DE NICE : LA POLÉMIQUE

 
2011-01-07

L'ECOLE DE NICE VU PAR MARCEL ALOCCO


marcel alocco me demande de mettre ce qui suit sur dans ma rubrique école de nice la voici
bien sure cette interpretation n'engage que lui même

Marcel Alocco L’Ecole de Nice,
Une école c’est…
Depuis maintenant un demi-siècle, il est question d’une Ecole de Nice.
Une « Ecole » serait, selon mon petit dictionnaire l’ensemble des artistes qui ont travaillé dans un même lieu (ville, région, nation), ou suivi la manière d’un même maître. (Larousse)
« Artistes qui ont (…) suivi la manière d’un même maître » ne correspond à rien de ce que nous allons découvrir sous le nom d’Ecole de Nice. « Ensemble des artistes qui ont travaillé dans un même lieu » n’est pas suffisant, sauf à insister sur le premier mot : « Ensemble ».
Il faut donc se demander ce qui a pu réunir au moins une douzaine d’artistes assez remarquables pour qu’on puisse les désigner par cette enseigne géographique.

Bien sûr, il y avait avant, sur la Côte d’Azur, quelques bons peintres locaux. Quelques grands noms aussi, résidant dans la région de façon plus ou moins permanente : Renoir, Bonnard, Picasso, Matisse, Léger, Dufy, Chagall, Van Dongen,… mais, le principal de l’œuvre fait, venus en ordre dispersé étaler sur le tard leurs couleurs au soleil : Pas question d’y faire Ecole…


… à Nice et environ

Il était une fois un pays qui se flattait d’être le phare du monde pour la création artistique, mais dont le phare ne désignait aux voyageurs qu’une entrée, une seule ville : Paris. Vers le milieu du vingtième siècle, d’autres phares s’allument. Si Paris reste un lieu important de l’art, les USA s’imposent, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie (surtout Milan et Turin) prennent de plus en plus d’importance dans les arts plastiques.
Dans le même temps, un phénomène étrange pour la France centralisée se produit dans la période (1955-1975) : la région niçoise, (qui grâce à son attrait touristique et son aéroport international est déjà branchée directement sur N.Y. ou Milan) se signale par un nombre insolite d’artistes d’avant-garde.
Ainsi, dans le petit groupe initial des Nouveaux Réalistes, trois sont niçois. En 1969, le Salon de Mai, (le salon parisien le plus avant-gardiste, le plus important pour l’art contemporain en un temps où les Foires n’existaient pas encore), consacre une de ses salles aux artistes niçois. Lorsqu’en 1971 Catherine Millet, jeune critique parisienne, créatrice et directrice du bientôt célèbre « Art Press », fait une sélection de 14 artistes sous l’intitulé « Aspects de l’avant-garde en France », 6 ont des attaches niçoises. Dans les années 60, quand les actualités cinématographiques tiennent encore la place que prendront bientôt totalement les journaux télévisés, les Actualités Gaumont (été 1965) montrent sur grand écran des artistes niçois gambadant sur la Promenade des Anglais.

La revue « Identités » (juin 1965) sous le titre « Lettres et le néon, l’école de Nice » donne la parole à ses principaux acteurs, l’hebdomadaire « L’Express » (Otto Hahn, août 1965) proposent deux pages sur le thème, le magazine d’art « Opus » (Jean-Jacques Lévêque, avril 1967) traite le sujet… Ce qui ne signifie pas que l’événement est bien reçu par tous. Dans le quotidien « Combat » du 22 août 1966, le journaliste critique d’art François Pluchart titre « Sur la tombe de Klein, l’école de Nice compte ses sous » un article très violent d’une page, (ce qui lui vaut, par lettre ouverte, une réponse tout aussi vive de M. Alocco). Pour André Parinaud, l’Ecole de Nice « est devenue l’école du vice de peindre, un repaire de truqueurs et de petits faisans… » (Galerie, décembre 1972)

Une activité créatrice plus remarquable toujours le produit de l’effervescence d’un milieu culturel établi sur un réseau d’échange : des écrivains et des artistes de disciplines diverses, ayant souvent connus d’autres horizons, se rencontrent, discutent, s’accompagnent ou s’opposent, et même quand les paroles s’envolent, elles sont paroles en travail qui fécondent ou révèlent les œuvres produites. Dès les années 60-70 existaient, à Nice et autour, des lieux de rencontres comme, Le Provence et sa cave qui abritait musiciens de jazz et les diverses jeunes troupes de théâtre, ou Le Club des jeunes, mais aussi les domiciles-ateliers de l’un ou l’autre artiste, et surtout Le Laboratoire 32 de Ben et La Cédille qui sourit de George Brecht et Robert Filliou ; et puis aussi le Club des Vaguants, Le Cercle Théâtral, Lieu 5, Calibre 33… Circulaient des revues comme « Tout » (et autres publications de Ben) les « Fluxfest » de Maciunas, « Sud-communication » de Sosno, « Identités » de M. Alocco et J.P Charles, « Open » de Francis Merino et M. Alocco, les cahiers de « INterVENTION » de Raphaël Monticelli, « Le Guèp’Art » de Serge Oldenbourg – publications imprimées ou ronéotées, souvent éphémères et marginales par nécessité.





Les grandes tendances :


Un certain nombre d’artistes, bien qu’oeuvrant toujours plus ou moins à proximité d’une tendance contemporaine ou travaillant sur les marges (et ce ne sont pas toujours les moins originaux) ne peuvent entièrement se définir en fonction des courants majeurs. Les grandes orientations de travail ne sont qu’indicatives. Elles ne sont pas étanches, et les problématiques contemporaines s’opposent, s’influencent, se rejoignent, se confondent parfois dans des pratiques au fond très voisines, tandis que des individus réunis un moment par une communauté d’idées peuvent produire des œuvres, au moins en apparence, très différentes. Cependant ces grands courants, groupes ou mouvements, structurent la perception que nous avons d’une époque.


Le Nouveau Réalisme : Pierre Restany désigne ainsi en 1960 un petit groupe d’artistes, aux œuvres principalement construites à partir d’objets existants, qu’il a réunis autour d’un bref manifeste :
« Le jeudi 27 octobre 1960 les nouveaux réalistes ont pris conscience de leur singularité collective. Nouveau Réalisme = nouvelles approches perceptives du rée.l »
Suivent les signatures de : Arman, Villeglé, Restany, Klein (qui signe Yves lemonochrome) Tinguely, Dufrêne, Spoerri, Raysse et Hains.
Viendront se joindre au groupe, César, Rotella, Niki de Saint Phalle, Christo, Deschamps.
Il n’est pas possible de définir ce mouvement par une esthétique, ou une manière de reproduire le réel. Il est plutôt question d’une approche sociologique du contemporain à partir d’objets quotidiens caractéristiques. Pierre Restany le désignera comme « un humanisme de l’objet industriel » ou « un recyclage poétique du réel urbain, industriel, publicitaire ». « … c’est la réalité entière, le bien commun de l’activité des hommes, la nature du XXème siècle, technologique, industrielle, publicitaire, urbaine, qui est assignée à comparaître. » (À quarante degrés au-dessus de Dada, Paris, mai 1961)

A consulter :
Les Nouveaux Réalistes suivi de Actualité, Galerie des Ponchettes et Galerie d’Art Contemporain des Musées de Nice, Nice 1982.
Trente ans de Nouveau-Réalisme (1960-1990), Pierre Restany, Ed La Différence Paris 1990
Les Nouveaux-Réalistes, Jean-Paul Ameline, Centre Pompidou, Paris 1992
Les nouveaux réalistes, Catherine Francblin Ed. du Regard, Paris 1997. (Collection Vivre l’art).




Fluxus : Il s’agit d’un mouvement né autour de la volonté fédératrice de George Maciunas, à l’origine avec des artistes plus ou moins influencé par les notions (particulièrement « l’aléatoire ») défendues par John Cage. Les premières manifestations désignées par le terme Fluxus ont lieu en Allemagne, à Wiesbaden en 1962. Il s’agit de « concerts » dans lesquels les « events » et « performances » sont vite dominants. Les « Events », actions « ordinaires », simples, courtes et précises, (particulièrement installées par George Brecht) seront l’une des créations caractéristiques de Fluxus. En juillet 1963 Ben (Vautier) organise avec la participation de Maciunas le premier spectacle niçois spécifiquement « Concert Fluxus ». L’installation à Villefranche-sur-Mer de George Brecht et Robert Filliou avec leur lieu de rencontre, plus mythique qu’actif, « La cédille qui sourit », donne une nouvelle impulsion aux activités, et fera de Nice un point d’implantation symbolique de Fluxus (le seul lieu en France où il sera question, autour de « Art Total », d’un groupe).
Une autre production typique de Fluxus se concrétisera sous forme d’assemblages improbables, (selon le principe d’équivalence de R. Filliou « Bien fait= mal fait= pas fait »). « C’est seulement un autre arrangement » disait G.Brecht. Le plus souvent édités par Maciunas, mais parfois dus à d’autres initiatives, ils se présentent dans des petites valises, ou des petites boîtes contenant quelques objets, textes, affiches. Multiples en principe illimités, mais en réalité de fabrication artisanale réduite, ils matérialisent les volontés contradictoires de faire de l’art « pour tous » et hors de la logique du marché, mais vendus, même peu cher, pour permettre aux artistes de continuer à travailler. Peu diffusés, très peu vendus, ils sont devenus objets rares, et donc pratiquement considérés et recherchés comme des originaux.


A consulter :

« Fluxus en France », 20/21.siècle n°2, cahiers du Centre Pierre Francastel, automne 2005
George Maciunas, une révolution furtive, Bertrand Clavez éd. Les presses du réel, 2009








La peinture analytique et critique : En réaction aux artistes de l’objet, ce courant représente, par une réflexion pratique sur la spécificité de la peinture comme moyen d’expression, la version picturale la plus radicale de l’avant-garde des années soixante. Ces artistes posent systématiquement comme fondement de leurs travaux l’analyse des moyens propres à la pratique du peintre, qui avaient bien sûr été abordés avant eux mais de façons très partielles : les outils, les supports… Les travaux sur le châssis ou son image, sur le comportement des couleurs sur ou dans les tissus, sur les matières et les outils traditionnels ou improvisés, seront caractéristiques de cette démarche, comme « la toile libre » en sera souvent l’expression la plus apparente, bien que pas toujours essentielle.
Après les aînés précurseurs (tels que Morris Louis ou Hantaï…), cette démarche en travail dès 1966, tend à refonder la pratique picturale à partir de l’idée que la peinture ne dit qu’elle-même : ce qu’affirme de façon provocatrice et donc excessive le Groupe BMPT (Buren, Mosset, Parmentier, Toroni) lors du Salon de la Jeune Peinture en janvier 1967 en disant : «Il n’y a pas de communication » et « La peinture ne fait qu’exister ». Encore mal théorisée dans le carrefour INterVENTION (1968), les œuvres vont se structurer dans des démarches personnelles pour être un temps réunies en groupes de dialogues, de travail et d’expositions. En avril 1970, l’exposition « Intervention 70 », Galerie A. de La Salle à Vence, favorise la convergence d’artistes qui vont créer le Groupe 70 (Tous niçois, et qui s’intéressent d’entrée plutôt à la mise en espace de la couleur). Durant l’été 1970 une série d’expositions préparent le premier groupe Supports-Surfaces (le plus « parisien » quant aux participants et lieux d’action, et le plus diversifié quant aux formes) présenté à l’ARC (Paris) en septembre. Enfin, un peu postérieur, viendront les artistes de Textruction, qui partant des mêmes positions travaillent plus particulièrement sur le rapport de la peinture à l’écriture.

A consulter :
Supports-Surfaces 1966-1974, Marie-Hélène Dampérat, Publications de l’Université de Saint-Etienne, 2000.
Les années Supports-Surfaces, 1965-1990, Marie-Hélène Grinfeder, Herscher Ed. Paris 1991
Groupe 70 et Supports-Surfaces, éléments d’un dialogue, Raphaël Monticelli, Art-Transit, Marseille, 1992







… L’Ecole de Nice


Ce qui rassemble les artistes dans la désignation « Ecole de Nice » est donc, l’éclosion sur la Côte d’Azur, en quelques années, d’une série d’artistes qui se réclament des « avant-gardes », en rupture avec les pratiques picturales établies ou traditionnelles, artistes localement rejetés ou pour le moins ignorés, bien que presque tous participent à des courants créateurs internationaux contemporains, principalement à cette époque le Nouveau Réalisme, Fluxus, ou La Peinture analytique et critique.
On désigne donc par Ecole de Nice un ensemble d’artistes mettant en place leur travail dans une période précise (entre 1955 et 1975) en un même lieu (la région niçoise), dans l’esprit des avant-gardes, en rupture avec l’art officiellement dominant du moment.
Longtemps ignorés par les institutions culturelles niçoises, les artistes niçois ont cependant été reçus par quelques rares amateurs d’art contemporain qui les ont exposés : Jacques Matarasso en sa librairie-galerie, Alexandre de La Salle, dès 1966 d’abord en sa galerie de Vence, puis à partir de 1974 à Saint-Paul, Jean Ferrero à Nice, avec autant de constance, et la Galerie Sapone, plus ponctuellement… Plusieurs photographes ont documenté cette époque dans des moments et des secteurs différents : Jean Ferrero, J. Strauch et Michou Strauch, R. Gatti, et Béatrice Heyligers, A. Villers, F. Altman, M. Anssens, F. Fernandez…


Les artistes « Ecole de Nice »


À partir de l’exposition inaugurale (Galerie Alexandre de La Salle, à Vence, mars-avril1967) de nombreuses expositions « Ecole de Nice » seront proposées, avec un groupe variable autour d’une dizaine de permanents. Toutes constituées par cooptations des artistes sans intervention institutionnelle, les expositions organisées tous les dix ans (1967, 1974, 1977, 1987, 1997) par A. de La Salle, et l’exposition proposée par Jean Ferrero dans son « Studio » place Ile de Beauté, à Nice, en octobre 1972, donnent l’image de L’Ecole de Nice par elle-même dans son époque fondatrice : Onze artistes, « le noyau dur » selon A. de La Salle, figurent dans toutes les expositions : Alocco, Arman, Ben, César, Chubac, Farhi, Gilli, Klein, Malaval, Raysse, Venet, et le poète André Verdet. S’y ajouteront pour les manifestations suivantes, principalement à l’occasion des expositions à Saint-Paul, puis au Centre Pompidou en 1977: Pinoncelli, Dolla, Chacallis, Charvolen, Isnard, Maccaferri, Mas, Miguel, Sosno…




… et alentours


Certains artistes, comme Patrick Saytour, Ernest Pignon-Ernest, Bernard Pagès, Roland Flexner, Henri Maccheroni, pour des raisons d’incompatibilité diverses, choisiront de rester le plus souvent à l’écart. D’autres seront parfois occasionnellement participants à des manifestations élargies par décision institutionnelle. Si l’image d’une Ecole de Nice a pu s’imposer, c’est qu’il existait une ambiance de création plus large, que d’autres artistes contemporains extérieurs ont apporté leurs contributions à la vie artistique niçoise : George Brecht, Robert Filliou, Erik Dietman, Joe Jones, Claude Viallat, Carmelo Arden-Quin, Daniel Dezeuze, en résidant et travaillant un temps dans la région et en participant aux échanges et activités ; Maciunas, Dick Higgins, Pavlos, et beaucoup d’autres venant en visiteurs…

« À propos de Nice » (qui fit d’autant plus événement que c’était l’une des expositions proposées par Ponthus Hulten lors de l’inauguration du Centre Pompidou) sera la première reconnaissance officielle, à laquelle succèderont des présentations à l’étranger, comme aux USA (Ringling Museum1989 et Bass Museum, 1990), à Taïwan (Taipei museum), au Japon (Megaro Museum of Art, Tokyo 1995). Au Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice (Mamac) certains artistes figurent dans l’accrochage des sections de leurs tendances depuis l’ouverture (1990), tandis qu’une salle est particulièrement réservée à l’ensemble.



Pour une approche plus générale, consulter :

Chroniques niçoises, Genèse d’un Musée. éd. Mamac Nice (Tome 1 : 1991, tome II : 2001)
« Identités »
1962 à 1966, du n°1 au n°13/14. Un cahier de préface et présentation et réimpression intégrale de la revue dirigée par M. Alocco. Éditions de L'Ormaie, 1998.
L’Ecole de Nice, Marcel Alocco, éd. Demaistre, 1995
L’Ecole de Nice, mouvements et individualités, Megaro Museum of Art, Tokyo 1995
Le Roman de l’Ecole de Nice, Edouard Valdman, éd. la Différence, 1991
The School of Nice and it’s Movements, Taipei Fine Arts Museum, 1990
L’Ecole de Nice et ses mouvements, exposition itinérante Etats Unis, Direction des Musées de Nice, 1989
A propos de Nice, Mnam Centre National d’Art et de Culture Georges Pompidou, Paris, 1977





Quelques-uns des ARTISTES

Ces notes très rapides sont destinées à situer le parcours des artistes les plus significatifs ayant notablement contribué dans la période 1958-1975 à l’image de « L’ Ecole de Nice ». Nous indiquons en bibliographie, pour chacun d’eux, les ouvrages les plus accessibles et les plus généraux qui permettent de mieux commencer à connaître l’œuvre.

André Verdet
(Nice, le 4 août 1913, Saint-Paul, le 20 décembre 2004)

Poète, André Verdet publie son premier recueil en 1937. Rencontre des poètes comme Eluard, Desnos, Prévert. Résistant, il est arrêté en même temps que Desnos et déporté en 1944. À son retour, il publie avec Jacques Prévert Souvenirs du Présent, puis Histoires. Rencontre Atlan, Fautrier, Braque et surtout Picasso, et commence un travail de peintre qu’il expose à partir de 1957. Plus proche pour sa pratique plastique de ses amis de la génération antérieure, il fréquente volontiers les jeunes artistes qui formeront l’Ecole de Nice. En 1992, le Mamac présente une rétrospective du peintre et de l’écrivain.


César
(César Baldaccini. Marseille, 1er janvier 1921- Paris 6 décembre 1998)

Sans être véritablement rattaché à L’Ecole de Nice, participant au Nouveau Réalisme, il est proche des Nouveaux Réalistes niçois. Il réside et travaille souvent dans la région à partir du milieu des années soixante, influençant quelques jeunes artistes. Personnalité très médiatique (très connu par les « Césars » du cinéma), il a contribué à l’image de Nice comme ville de l’avant-garde des arts plastiques. Sculpteur d’abord dans la lignée des Richier et Giacometti, il présente à la fin des années cinquante des « Compressions », puis dans le mouvement inverse des « Expansions ». Après ses « Agrandissements » (Sein, pouce…) il revient vers des pratiques plus académiques avec des constructions d’objets coulés dans le bronze.

A consulter :
César, Paris, Galerie nationale du Jeu de Paume, 1997
Les Sept Vies de César, Otto Hahn, Éditions Favre, 1988
César, œuvres de 1947 à 1993, Musées de Marseille, 1993


Albert Chubac
(Genève, 29 décembre 1925 – Tourrette-Levens 4 mai 2008)

Études à Genève, puis Beaux-Arts à Paris de 1945 à 1947. Voyages autour de la Méditerranée. Peinture abstraite, influencée surtout par De Staël et Hartung. À partir de 1954, il réside périodiquement à Aspremont, près de Nice, où, installé en 1960, il fréquente les artistes niçois et amorce des travaux « ludiques », abandonnant la toile pour des constructions en bois. Dès 1967, il expose avec les artistes Ecole de Nice. Son travail se diversifie sur des collages-reliefs, conservant toujours des structures simples de formes géométriques élémentaires, dans une gamme réduite de couleurs pures. « Chubac a donc dû renoncer à la toile et poursuivre dans le bois, dans le métal et dans le plastique ces formes exigeantes. Qu’on ne les imagine pas contournées ou barbares, elles sont simples comme la lumière du Midi et comme elle aiguës. » (Robert Pinget, Open n°2, 1967)

A consulter :

Chubac, Galerie d’Art contemporain des musées de Nice, 1983
Chubac, collection Z’artiste, Z’éditions, Nice 1989
Albert Chubac, Musée d’Art moderne et d’Art Contemporain, Nice 2004

Serge III
(Serge Oldenbourg, Meudon 4 février 1927 – Nice, 5 mai 2000)

Études au lycée Buffon, à Paris. Peintre en bâtiments, s’installe à Nice en 1950. Et commence à peindre des paysages. En 1958, rencontre Ben.En 1963, Serge III commence un travail sur le contenant-contenu (plâtre de l’intérieur d’une bouteille, ou d’une armoire…), il rencontre Maciunas venu à Nice pour le premier concert Fluxus niçois, et se joint au Théâtre Total de Ben. À partir de 1964, nombreuses performances dont parmi les plus connues : jouer à roulette russe sur scène (Festival de la Libre Expression de J.J. Lebel, à Paris en1964), Peindre une jolie fille avec les mains (1969) Détournement d’un Bus (Tours, 1970) Faire de l’auto-stop avec un piano.
« Les « gestes » de Serge III ont toujours été définitifs : roulette russe, avec balle réelle, vol d’un soldat tchèque à l’Etat, détournement d’un autobus et appel au peuple pour payer l’amende, accrochage public d’une croix (Le Christ revient de suite), lavage et repassage de drapeaux tricolores. Ils s’inscrivent dans l’obsession du refus des injustices, de la recherche permanente, ainsi que dans le besoin d’une constante remise en question des certitudes » (Egidio Alvaro)
Rompt avec Ben et Fluxus par un tract « Rentrez chez vous » distribué à l’entrée du spectacle Fluxus prévu au Théâtre de Nice (1971).

Sa production d’objets est variée, selon ses propres désignations : Bleus, contenus, Peintures évolutives, Vinyls blancs, Croix, Marines, Tricolores, Prisons, Barbelés, Tableaux-jeux…. Cependant, son œuvre plastique traduit les mêmes préoccupations que ses « comportements » : Dérisions à propos d’icônes culturels, barbelés sur images, recouvrement en blanc d’œuvres « d’artistes », il s’agit toujours de provoquer ou de moquer le convenu, de prendre parti pour la liberté d’expression et d’attitude.

A consulter :

Serge III Ecole de Nice, catalogue Galerie d’Art Contemporain des Musées de Nice, ACME/Z’éditions Nice 1988

Yves Klein
(Nice, 28 avril 1928 – Paris, 6 juin 1962)

Études secondaires à Nice. Rencontre dès 1946, dans son club de judo, Arman et Claude Pascal. Yves Klein, voyages (Italie, Angleterre, Japon, Espagne) surtout motivés par sa passion du judo. En 1953 publie un recueil de 10 planches monochromes, à 150 exemplaires, préfacé par Claude Pascal. En 1954, rencontre avec Restany, Tinguely, Hains, Iris Clert... En 1957, première « zone de sensibilité picturales immatérielles ». 1958 : première expérience de « pinceaux vivants », année du Nouveau Réalisme. « La fulgurance de la carrière de Klein prend sa source dans l’intensité de son questionnement de l’art, dans son génie à poser aux limites les problèmes plastiques, en même temps qu’il les articule selon des modalités qui font ressurgir leurs dimensions mythiques » (Raphaël Monticelli). Son travail sur le vide, le feu, le pinceau vivant, le monochrome, l’eau…etc sera en effet énoncé en un rapide parcours, moins de dix ans de pratique exposée.

A consulter :

Yves Klein, M.N.A.M. Centre Georges Pompidou, 1983
Yves Klein, le feu au cœur du vide, Pierre Restany, La Différence, Paris 1990
La peinture monochrome, Denys Riout, Folio essais, 2006



Arman
(Armand Fernandez, Nice 17 novembre1928 - New York 2005)

De 1955 à 1960 s’enchaînent rapidement des travaux dans la logique des pratiques du rapport direct de l’objet à l’œuvre : empreintes répétées « Cachets » en 1955. En 1956, « Allures d’objets », objets laissant traces sur la toile ou le papier. En 1958, premières « Colères », les mêmes objets éclatés. « Accumulations », à partir des réserves d’objets à utiliser. Etudiant à l’Ecole du Louvre, (1949-1951), il s’est intéressé à l’archéologie et à l’art oriental : en 1957, il voyage avec le mission archéologique française en Iran, Turquie, Afghanistan. Les « Poubelles » (1959) seront le résultat d’une réflexion sur le déchet de la civilisation industrielle comme « archéologie du présent ». L’ensemble de son œuvre (« Coupes », « Combustions »…) se développera à partir des mêmes principes, exploitant des jeux de matières (couleurs, transparence des polyesters) l’action spectaculaire des fabrications (le feu, les explosions, destructions diverses), il travaillera la performance, l’espace, le monumental.

A consulter :

Arman, Passage à l’Acte, éd. Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, Nice, Skira, 2001
ELIANARMAN, Bye bye ma muse, Christine Siméone, éd. Fondation A.R.M.A.N 2008

Pierre Pinoncelli
(Pierre Pinoncely, né à St Etienne le 15 avril 1930)

Vit à Nice quelques années, à partir de 1967. Expose Galerie A. de La Salle. Connu surtout pour ses interventions, il se réclame de l’esprit du dadaïsme, plus proche du « Happening » de J.J. Lebel, ou de Serge III que de Fluxus : il asperge A. Malraux de couleur rouge lors de l’inauguration du Musée Chagall, à Nice (1969) ; attaque symbolique d’une banque (1975), ou contre l’urinoir de Duchamp (1996 et 2006)…

A Consulter :

Diogène S.D.F. Pierre Pinoncelli, photos Didier Michalet, Michel Guinde éditeur. 1997
Pinoncelli, Pour une poignée de bobards… à l’occasion de Art Jonction 92 (Chez l’auteur)
Pinoncelli, les copulations d’un Chinois à Vence, Pierre Restany, Galerie de la Salle, Vence


Ben
(Benjamin Vautier, né à Naples le 18 juillet1935)

Enfance à Naples, puis Ismir (Turquie) Alexandrie (Egypte) puis Lausanne. Arrive à Nice en 1949. Autour de son groupe « Théâtre Total » et de ses publications ronéotées, il mène dès 1958 des actions, produit des écritures, signe des objets et affirme des positions qui le conduiront avec Spoerri en 1962 à la manifestation « Misfits Fair » de Londres, où il rencontre George Maciunas, qu’il reçoit à Nice en 1963 pour un ensemble d’activités sous le signe de Fluxus. En 1964, rencontre George Brecht à New York. Son parcours va se poursuivre dans la lignée Fluxus dans une interprétation fortement personnalisée, agitant les notions « nouveau », « tout est art »… et « d’Ego » : « Quand j’ai dit « tout est art » j’ai voulu que la vie devienne art. Et vice-versa. Pour résoudre cette équation il a fallu que je m’intéresse à ce qu’il y avait dans l’art et qu’il n’y avait pas dans la vie : l’Ego. La vie ne pouvait pas être art parce que l’Art contenait avec l’artiste l’Ego et que la Vie ne le contenait pas. » (Musée de Saint-Etienne, 1981)
Sa boutique rue Tonduti-de-L’Escarène ouverte en 1958 jouera un rôle important jusqu’au milieu des années 70 comme lieu de rencontre et de diffusion pour les artistes niçois et étrangers de passage ou en séjour.

A consulter :

Ben, pour ou contre, une rétrospective, Réunion des Musées Nationaux, Musée de Marseille 1995
Je cherche la vérité... Flammarion, Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, Nice 2001.


Martial Raysse
(Né le 12 février 1936, à Golfe-Juan)

Expose Galerie Longchamp, à Nice, en 1967. Il est de 1960 à 1965 le plus Pop’ parmi les Nouveaux Réalistes : peintures fluorescentes, collages d’objets, utilisations des néons et collages d’objets. Suit la période « Hygiène de la vision » jusqu’en 1969. Travaille entre 1967 et 1970 pour le ballet (Roland petit) réalise des films (José-Cola ou l’hygiène de la vision, puis Homero Presto, Camenbert Martial extra doux et Le grand départ), en 1969 pour la Scala de Milan, les décors et costumes de Votre Faust de Michel Butor et Henri Pousseur. À partir 1973, retour à une pratique picturale avec Loco Bello, Speculum…

A consulter :

Martial Raysse, Ed. Galerie Nationale du Jeu de Paume, Paris, et Carré d’Art, Nîmes, 1992

Marcel Alocco :
(Né le 8 février 1937, à Nice)

D’abord dans la démarche Fluxus, il s’intéresse à la naissance et construction du sens à partir d’éléments disparates (« Events » « Tiroirs aux Vieilleries », « Bandes Objets » 1963-1968). Ce qui le conduit à aborder le passage de la tache au signe, le rapport aux limites de la peinture à l’écriture avec les travaux sur « L’Idéogrammaire » (1966-1969) et les « draps de lit » (1967-1968) abordant ainsi les problèmes de la Peinture analytique et critique. Plus connu pour ses « Peinture en Patchwork » (depuis 1972 jusqu’à aujourd’hui) : il s’agit d’un travail sur la fragmentation et la reconstruction par couture de peinture sur tissu libre, portant des images de cultures diverses, des origines à nos jours. Cette démarche, liée à la texture du support entraîne à partir de 1980 un travail sur le détissage, puis de 1995 à 2000, des « tissages de cheveux » offerts par des donatrices. Après une interruption de 3 ans, poursuite de l’œuvre plastique par l’utilisation de dessins d’enfants (de 3 à 6 ans) sur la naissance de la figure, du gribouillis à la construction de la représentation.
Ecrivain, Marcel Alocco a créé et dirigé la revue « Identités » (1962-1966) et « Open » (1967-1968) et a publié des articles, des ouvrages de réflexion, des poèmes et des romans.

A consulter :

Alocco, Itinéraire : 1952-2002 Centre International d’Art Contemporain, Carros – L’Ormaie éditions, 2002.
Marcel Alocco, treize fragments ou la quarantième, Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, Nice 1993.

Sacha Sosno
(Alexandre Sosnovski, né à Marseille le 18 mars 1937)

Petite enfance à Riga, Lettonie. Études secondaires à Nice, au Lycée Masséna. En 1961, crée à Nice, avec « Sud-Communication » un mensuel culturel qui n’aura qu’une brève existence. De 1965 à 1968, il couvre comme photographe pour l’A.F.P. les événements d’Irlande, du Bengladesh et du Biafra. À partir de ces photos, expose des « oblitérations » au studio Ferrero, en 1972. Participe alors à l’Art sociologique. Revient à l’art comme sculpteur en 1978, et s’intéresse à la collaboration avec les architectes. À réalisé à Nice la monumentale sculpture de l’hôtel Elysée Palace, et la Tête « oblitérée » de la Bibliothèque Nucéra.

A consulter :

Sosno. Oblitération : peinture, sculpture. Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, Nice, 2001


Robert Malaval
(Nice, le 29 juillet 1937 – Paris le 9 août 1980)

D’abord plutôt dans un climat surréaliste, Robert Malaval est un marginal systématique, un dandy, intellectuel raffiné qui travaille à la façon des artistes de l’Art Brut. Parfois présenté comme un pop’artiste à la française, lui aimait se dire artiste « rock ». « Chez Malaval, il y a toujours l’obsession du fourmillement, de l’envahissement. Son problème est fondamentalement narcotique : un désir de claustration et son corollaire, la claustrophobie et de là, son désir d’aménager la prison.(…) très clairement, ces sculptures manifestent l’angoisse et ne manifestent que cela. » écrivait Otto Hahn en 1971, à propos de Transat, Marine, Rock’N’Roll, au C.N.A.C, à Paris.
Depuis les aliments blancs présentés à Vence (Galerie Chave, en 1961 et 1962, Galerie A. de La Salle en 1965 et 1966) jusqu’aux « Poussières d’étoiles » (Galerie Sapone, à Nice, en 1974) le développement de l’œuvre est plein de ruptures, mais toujours très typé.

A consulter :

Malaval, Galerie d’Art Contemporain de Nice, 1981
Malaval, Gilbert Lascault, Art Press Flammarion, Paris, 1984
Robert Malaval, Musée d'Art Moderne et d'Art Contemporain, Nice, 1995

Claude Gilli
Né le 15 septembre 1938 à Nice
École d’Art décoratif de Nice. En 1959, expose avec M.Raysse et A.Chubac (« Scorbut »), chez Ben « Laboratoire 32 ». Sa rencontre avec Arman, en 1961, change sa vision du travail. Commence l’année suivante ses « Ex-voto », travail de découpe (Nus, Paysages, objets divers…) Travaille, toujours dans les découpes en bois, les coulées, puis les transparences. À partir de 1969, œuvres sur les déplacements d’escargots. « Les traces d’escargots sont aux coulées, ce que le mouvement est à l’immobilité : un rapport très réel, très tendu, la même chose mais en sens inverse. En plus, l’escargot coule la trace… » (Claude Fournet, 1982). En 1985, à propos des images antérieures, commence des sculptures : « Les Aciers ».

A consulter :

Claude Gilli, Ex-voto, Cibles, Paysages-découpages. Éditions Ville de Nice, Régie autonome des comptoirs de vente des musées, 1999.



Jean-Claude Farhi
Né le 11 février 1940 à Paris.

Arrive à Nice en 1957, après dix ans passés en Colombie. Après son retour du service militaire, rencontre César, Arman, Pierre Restany. Commence les « Motorcolors » puis les sculptures en Plexiglas (qu’il développe grâce à l’appui des usines Polivar). Assiste un temps César dans la période des « Expansions ». Crée pour l’ameublement, et des œuvres monumentales comme « dissémination » à Nice l’Arénas (1990). Travaille ensuite des œuvres de grandes dimensions en acier brut.

A consulter :
Jean-Claude Farhi, Galerie d’Art Contemporain des Musées de Nice, 1986


Bernard Pagès
Né le 21 septembre 1940, à Cahors.

Enfance rurale, études secondaires au Lycée de Cahors, puis Atelier d’Art sacré, place Fustemberg, à Paris (1959). En 1963, épouse une niçoise et en 1965 s’installe dans l’arrière-pays niçois. Travaille l’assemblage de matériaux divers : bois, branchages, pierres, briques, plâtre, tuyau. À partir de 1969, (exposition Viallat, Saytour, Pincemin, Dolla, Dezeuze, Alocco, Ecole Spéciale d’Architecture, à Paris,) expose avec des futurs artistes de « Supports-Surfaces » , mais rompt avec eux au moment où ils formalisent le groupe. Construit ensuite des pièces plus importantes, maçonnées, et plus tard travaille le métal. S’il se tient le plus souvent à l’écart de « L’Ecole de Nice », il est présent dans la culture locale, et plusieurs de ses sculptures sont installées dans des lieux publics, notamment à Nice, et à Contes où il réside.

A consulter :

Bernard Pagès, Galerie d’Art Contemporain des musées de Nice, 1981
Pagès, Collection Contemporains, centre Georges Pompidou, Paris, 1982



Bernar Venet
(Bernard Venet, né le 20 avril 1941, à Château-Arnoux, Saint Auban, Alpes de Hautes Provence)

Refusé aux Arts décoratifs de Nice, il étudie une année à l’Ecole Municipale de Nice (Villa Thiole). Décorateur à l’opéra de Nice. En 1963, il montre des « peintures au goudron », et des pliages de cartons ondulés. Il rencontre Arman, et à New York découvre l’Art Minimal. Produit les graphiques, les « Blow-up », « page de livre à lire et image agrandie en tableau ». S’installe à New York en 1968. Après une interruption (1971-1976) il réalise des sculptures monumentales : Arcs, Angles, Lignes indéterminées : « Mes sculptures, c’est l’histoire de leur fabrication et la résistance du métal. Épreuve de force et combat mené entre la barre d’acier et moi-même. C’est « qui » fait faire « quoi » à l’autre. »

A consulter :
Bernar Venet : 1 pour 1. Jean-Philippe Peynot. Archiboks éditeur, Collection Voix. 2008
Bernar Venet, Thierry Lenain, Flammarion, Paris 2007


Louis Chacallis
Né à Alger le 8 mars 1943

Enfance en Egypte, Djibouti, Mozambique, Madagascar, Indes, Aden… Inscrit en 1960 à l’Ecole des Beaux-arts d’Alger, il reprend ses études à l’Ecole des Arts décoratifs de Nice où il reçoit son diplôme en 1968. Par l’intermédiaire d’Isnard, il rejoint dans la mouvance d’INterVENTION Charvolen, Miguel et Maccaferri, avec lesquels ils forment bientôt le groupe 70, jusqu’à la Biennale de Paris (1973).
Son travail se singularisera surtout par la prise en compte de l’espace réel, avec les « Indiens », les « Anamorphoses », « au croisement entre la prise en compte de la matérialité des faits plastiques, et la recherche d’une mythologie qui noue des archétypes à notre quotidien ». (R.Monticelli)

A consulter :
Chacallis, Musée de Toulon, 1983
Louis Chacallis, fiction, Galerie d’Art Contemporain des Musées de Nice, 1986.


Noël Dolla
Né le 5 mai1945 à Nice.

Après des études écourtées aux Arts décoratifs de Nice, il passera son diplôme à Marseille. Première exposition en 1967, à Nice (le « Hall des remises en question »). Participe aux publications et expositions INterVENTION. Invité pour l’exposition « Nouvelles tendances de l’Ecole de Nice » à Lyon en 1968. Il travaille dans la peinture analytique et critique, avec des toiles « ponctuées », des «Etendoirs », « les Tarlatanes ». Il produit dès 1969 des interventions peintes en extérieur : « Restructurations spatiale » sur les rochers de l’Athion (Octobre 1969) sur la neige (Cimes de l’Authion, février 1970). Intègre le groupe Supports-Surfaces pour l’exposition à la Cité Universitaire, en 1971. Enseigne depuis 1974 à Nice, (E.N.S.A. Villa Arson.)

A consulter :

Noël Dolla, Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice, 1999.

Serge Maccaferri
(Né le 13 décembre 1945, à Troyes)

Études aux Arts décoratifs de Nice. À partir de 1967, il travailla avec Miguel et Dolla, participe à INterVENTION (1968-69) et au Groupe 70. Avec les « fléchages » de 1969 jusqu’aux « Bandes cadres » qui mélangent en exposition les rectos et versos, Maccaferri pose le problème de l’orientation, du cadre, de la limite de la toile. « Dans le même sens, les citations pop’ de 1975, les concrétions accumulées de toiles et de peintures de 1976, ou les travaux de cendre et d’huile de ces dernières années, mettent à mal la figure ou la couleur comme fait de surface » (Raphaël Monticelli)

A consulter :

Groupe 70 et Supports-Surfaces, Raphaël Monticelli, Art-Transit, Marseille, 1992

Vivien Isnard
(Né le 4 septembre 1946 à Forges-les-Eaux)

École des Arts décoratifs à Nice où, en 1966, il rencontre Viallat, André Valensi et Chacallis, par l’intermédiaire duquel en 1970 il rencontrera les autres artistes du Groupe 70. Comme Chacallis, il quitte le groupe en 1973. Enseigne à l’Ecole des Beaux-arts de Tours à partir de 1979. Son travail se développe d’abord sur la mise en cause de l’intégrité de la toile support et un travail d’effaçage à l’acide. Il revient par la suite sur une démarche plus attachée aux images du réel, au tableau. « À contre-courant des mouvements dominants d’aujourd’hui (mais Isnard, dès 1975, dans la série des Treilles et des Transparences, avait compris le retour à la figuration), l’œuvre se tend vers un point inconnu, irrémédiablement au futur et désespérément attaché à l’ici, à l’aujourd’hui, par une sorte de fil plus ou moins tressé entre ces deux pôles mythiques, ne donnant que le spectre du temps qui relie et qui sépare à la fois. » (Claude Fournet)

A consulter :

Vivien Isnard, Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, Nice, 1992
Vivien Isnard, Entretien avec Jean-Marc Réol. Éd. Galerie Sapone, 2006

Max Charvolen
Né le 10 décembre 1946, à Cannes.

Après une formation de menuisier, Max Charvolen entre aus Arts décoratifs de Nice. Exclu après la deuxième année, il reprend ses études à Marseille et devient architecte (1973). Il entre en relations avec Alocco, Dolla, Monticelli, Miguel et Maccaferri avec la mouvance INterVENTION et participe à la création du Groupe 70. « Depuis la fin des année 70, c’est l’espace physique et les objets de cet espace qui permettent de questionner l’espace plastique. Le travail se présente comme une prise en compte des lieux et des objets sur lesquels Charvolen modélise les fragments de toile, et par rapport auxquels il met en place ses dispositifs de couleur. » (Raphaël Monticelli) Le rapport des œuvres à l’espace urbain prend de plus en plus d’importance dans une démarche dans laquelle le peintre prend appui sur l’architecte.

A consulter :

Les portulans de l’immédiat, Max Charvolen, 1979/1996, travaux sur bâtis. (Sous la direction de R. Monticelli) Editions al dante / Galerie Alessandro Vivas 1997


Jean Mas
(Jean Massa, né à Nice le 17 décembre1946)

Influencé par Ben, il est le dernier produit niçois de Fluxus. Il travaille d’abord sur les « Cages à mouches », les « Ombres », les « Bulles de savon ». Ses nombreuses interventions ou « Performances » sont particulièrement établies sur un détournement esthétique du discours freudien. Depuis quelques années il travaille et fait travailler sur la lettre P (prononcer : peu).

A consulter :

De tout un Peu, Editions de L’Ormaie, 2004
Jean Mas, Ombres, Jean Mas, photos François Fernandez, éd. Gilletta, Nice 1992.
De la cage à mouche, Jean Mas, Z’éditions, 1987


Martin Miguel
(Né à Nice le 14 février 1947)

Après un passage aux Arts décoratifs (renvoyé en même temps que Dolla et Maccaferri), il passera son diplôme aux Beaux-Arts d’Aix-en-Provence. En 1968, il rencontre Alocco, Monticelli, et avec INterVENTION retrouve Dolla et Maccaferri. Le travail de Martin Miguel situera d’emblée le problème de la couleur dans la mise en espace de la matière. « Ainsi, de « L’Espace mental » de 1968 construit autour d’une découpe et d’un vide, aux montages de peinture et de bétons bâtis autour de fragments d’encadrements de portes et de fenêtres de ces dernières années, son travail creuse l’une des problématiques en raison desquelles s’était constitué le Groupe 70 » indique Raphaël Monticelli. Ce sont toujours dans ses constituants mêmes qu’est envisagée la construction de l’œuvre.

A consulter :

Martin Miguel, peindre perdre, Galerie de la Marine, Nice 2007
Martin Miguel, béton et peinture, Espace Vallès, St Martin d’Hères, 1996
Groupe 70 et Supports-Surfaces, Raphaël Monticelli, Art-Transit, Marseille, 1992

2008-01-19

ALOCCO CORRIGE BIANCHERI ET GIORDAN

VOICI UNE LECTURE CORRECTION DU LIVRE DE BIANCHERI ET FRANCOIS GIORDAN SUR LECOLE DE NICE DE MARCEL ALOCCO


MA PROPRE CRITIQUE EST QUELLE EST TROP CHER
60 EUROS C'EST TROPCHER

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DANS « L'ECOLE DE NICE » DE BIANCHERI-FRANÇOIS-GIORDAN

PAGE 15 : « UNE APPROCHE MULTIPLE »
« Ce livre n'est pas non plus un livre ni d'historien d'art, ni de critique, ni de sociologue, ni de psychanalyste, ni d'épistémologue, ni de collectionneur. »
(C'est donc le livre de personne - de la rumeur ?- ce qui explique la suite…)

PAGE 19 : SUPPORTS-SURFACES
« il reste Supports/Surfaces, issu de l'Ecole des Arts Décoratifs de la rue Tondutti de l'Escarène à Nice… »
(Dont le directeur avait interdit à Viallat l'atelier de peinture, le cantonnant à l'enseignement du dessin, lequel Viallat comme professeur s'était à la rentrée 67 trouvé exclu, d'où son départ pour Limoges…Exclus aussi les élèves Charvolen, Miguel, Maccaferri… De toute façon le travail Support-Surfaces, s'amorçait à peine et se faisait hors et contre les enseignements des Ecoles)

PAGE 20 : GROUPE 70
« Ensuite a existé le Groupe 70 avec Marcel Alocco, encore et toujours lui, auquel s'ajoutent Martin Miguel, Serge Maccaferri, Max Charvolen, Luis Chacallis et Vivien Isnard » (Les cinq participants, exacts, mais M.Alocco n'a jamais été dans le Groupe 70, même s'il a incité le regroupement des 5, et a permis leurs premières expos à 5 ou dans INterVENTION ou autres collectifs)

PAGE 22 : « NICE, LE CENTRE DU MONDE »
« Les artistes de l'Ecole de Nice vident la peinture (purement « rétinienne » selon le terme de Duchamp), et s'emploient à faire de leur propre personne une dimension essentielle de leur œuvre »
(Deuxième partie de la phrase : Ce n'est à peu près vrai que pour Ben et Pinoncelli. Les Nouveaux-Réalistes comme les Pops visent une représentation sociologique, Supports-Surfaces et G.70 sont dans l'obsession d'évacuer le subjectif et l'anecdotique…, Fluxus c'est tout et n'importe quoi, L'ego, bien sûr (Ben) et son contraire absolu, la dépersonnalisation objective (Brecht), le politique (Flynt ou Maciunas) etc…
Il est pourtant dit, page 13 : « Une déconstruction systématique des principes canoniques de l'esthétique traditionnelle est déclinée sur plusieurs frontières »
Mais il n'est pas tenu compte de ce constat dans les analyses d'œuvres produites.
OUI, tous les artistes de l'Ecole de Nice sont (et l'affirment) « post-duchampien », même les proclamés « peintres » Supports-Surfaciens, qui travaillent sur les moyens spécifiques et leurs sens. Alors problème : Quel sens peut avoir l'analyse de ces œuvres à travers les critères traditionnels (et rétiniens) employés dans cet ouvrage, tels que « Morphologie » et « Chromatisme », surtout s'il n'est pas fortement indiqué au préalable que ce qui est examiné alors ne peut être que des conséquences ou effets secondaires ? Que signifierait ces analyses morphologiques et chromatiques appliquées à « Fountain » de M.Duchamp ?
exemples : Dans la bâche de Viallat, le peintre ne construit pas, il accepte la composition donnée en l'état par les coutures et les limites d'un objet adopté comme support. Dans le travail d'Alocco, le déchirage et remontage au hasard qui fondent et structurent le « Patchwork » ne sont pas évoqués, les mots pas prononcés, ce qui rend le principe « d'aléatoire » et l'ensemble de la démarche de décomposition totalement incompréhensibles.)

PAGE 28 : MICHEL BUTOR« (dans les bistrots) …s'émulent ceux qui feront l'Ecole de Nice, mais aussi des écrivains. Le Clézio, Michel Butor qui jouera un rôle prépondérant,….. » (Il semblerait que présent sur Nice auprès de certains artistes (à l'écart, et parfois hostiles à l'E.de N.) Michel Butor n'ait eu de contact avec l'Ecole de Nice qu'à partir de 1984-85, à la Villa Arson au temps où il la préside, par l'intermédiaire de R.Monticelli et M. Alocco.)
Page 33 : Légende photo de la revue Identités
« Numéro consacré à l'Ecole de Nice, 1964 »
(NUMERO DATE ETE AUTOMNE 1965, C'EST ECRIT DESSUS….)

PAGE 44 : LEGENDE NE CORRESPONDANT PAS A LA PHOTO
« Sosno. Hôtel Elysée Palace, Nice »
(Erreur de photo, (ou de légende ?) Rien à voir avec Sosno, on ne peut pas confondre avec l'architecturale sculpture de L'Elysée Palace. Il s'agit de la photo reproduite page 187, mais dont il manque étrangement la partie inférieure, et légendée Louis Dollé, Les Muses...)

PAGE 98 : DOLLA
« membre fondateur du Groupe Supports-Surfaces »
(N'a participé au Groupe officiel qu'à partir de l'exposition à la Cité Universitaire à Paris au printemps 1971. Sauf à considérer que l'expo fondatrice serait celle de l'Ecole Spéciale d'Architecture en avril 1969, dans ce cas seraient aussi membres fondateurs Pagès et Alocco qui n'ont jamais exposé avec le Groupe formel)

PAGE 104 : VALENSI
Noté « André Valensi 1947-»
La notice se termine par
«André Valensi est actuellement professeur à l'école des Beaux Arts de Perpignan »
(Après un premier poste à Perpignan, Valensi a ensuite enseigné pendant des années aux B-A d'Aix-en-Provence. S'est mis en disponibilité, parti en Afrique, il y est resté et a refusé de rejoindre son poste. Il est mort en 1999).

PAGE 122 : SERGE MACCAFERRI
« Malgré son départ du groupe en 1973, l'artiste sera présent… »
(C'est Chacallis et Isnard qui ont quitté le groupe en 73 ; Départs pourtant bien noté page 110)

PAGE 142 : ALBERT CHUBAC
« Ami de Malaval, Serge III et Marcel Alocco, il fréquente assidûment le café Le Provence, et se lie avec les auteurs du Nouveau Roman, Alain Robbe-Grillet et Michel Butor. »
(Qui a vu Butor et Robbe-Grillet au Provence en ces années là ? Ses plus anciens copains étaient, (ils étaient encore étudiants) Gilli et Raysse en vacances à Aspremont. Et très proche amitié de longue date, à Paris quand tous deux étudiants, avec Robert Pinget, d'où texte de ce dernier sur Albert Chubac dans Open)

PAGE 156 : JEAN MAS
« … intègre l'Ecole de Nice au début des années soixante-dix. Il fréquente alors le Bar l'Eden Nice, où il rencontre Yves Klein, Ben, Jacques Martinez… »
(Klein mort en 1962… donc… Jacques Martinez fréquentant L'Eden Bar en 70 ?… Mas dit se souvenir d'y avoir à 19 H, l'heure de la fermeture chez Ben, rencontré régulièrement Ben, Serge III, Flexner, parfois Alocco, et quelques fois Arman).

PAGE 178 : BERNAR VENET
« Bernar Venet est une figure marginale de l'Ecole de Nice »
(Pas du tout. Il figure dans toutes les expositions Ecole de Nice : dans les années 60 il est complètement immergé dans le milieu niçois, il fréquente le Provence et le Félix-Faure, la boutique de Ben, se lie avec Ben et quelques autres et particulièrement avec Arman… )

2007-01-17

QUEL CRITERE MR BEN ?

LA GRANDE QUESTION : SI ON JOUE LA CARTE DE LA GRANDE SELECTION IL N'Y A PAS DE BEAU IL N'Y A PAS DE LAID IL FAUDRAIT PEUT ETRE AJOUTER TOUS LES ARTISTES DE LA SELECTION "AMBRE" A L'ECOLE DE NICE.
BIEN SUR QUE NON
MAIS POURQUOI NON ?
S'IL Y A NON IL Y A JUGEMENT, S'IL Y A JUGEMENT CE N'EST PLUS DUCHAMP
S'IL Y A JUGEMENT IL Y A CRYTERE ETC ETC...
LE DEBAT EST LANCE

fr <http://www.ambre-international.fr>

2007-01-17

DE NOUVEAUX ACTEURS ENTRENT EN JEU

Il se passe toujours quelque chose à Nice

Et oui !..
et le téléphone arabe marche toujours Tbien !
CELA SE PASSE A NICE

Nivèse me dit : mais que vient faire Chaix dans la bande ?

Je réponds : c'est le plus grand

(il mesure plus de deux mètres)

Mas est au courant de tout

On me dit que Mas et Grisoni la main dans la main

préparent un livre sur l'Ecole de Nice
et le Giordan de Genève (à ne pas confondre avec le Henri Giordan de Coaraze) prépare aussi un texte sur l'Ecole de Nice

Pour la petite histoire locale !

Le Giordan de Genève, c'est un vrai niçois du babazouc ...
Comment Ben -lui qui suit tout- ne le sait-il pas ??? !!!

C'est... votre ancien client de disques de la rue Tondutti... celui que vous fouilliez chaque fois à la sortie comme tous les autres ! Celui qui laissait des petits mots pour commenter vos phrases !

c'est celui qui se dépense pour faire connaître la culture niçoise partout dans le monde, et pour commencer le pilou à travers la grande équipe Nissa Pilo sur le prom le vendredi et le livre E viva lo pilo !..

c'est celui qui tente faire(re)vivre la cuisine niçoise par le livre d'idées cité par Jean Mas E viva la coïna nissarda ! chez Serre avec José maria... et divers textes sur l'histoire de la cuisine à Nice

c'est celui qui se bat pour faire découvrir à l'étranger qu'à Nice, il n'y a pas que des mafieux et des vieux...
mais que ce fut de tous temps -et c'est toujours- une ville très ouverte sur la créativité.

Voilà pourquoi un livre de plus sur l'Ecole de Nice...
... pour dire tout le bien de ceux qui tentent, innovent, interpellent, inventent, nourrissent, produisent du sens et toutes les limites de ceux qui se répétent ou ne pensent qu'à faire du fric !..

Avec Alain Biancheri et Rebecca François, nous n'avons laissé aucune place aux côteries qui entourent encore malheureusement cette Ecole. Nous mettons en avant des artistes laissés pour compte. Nous traçons les tours, les contours et les détours. Nous proposons -mêmes si les artistes sont contre- qq repères de lecture pour faire connaître et aimer hors du sérail les oeuvres...
Ce sera un livre qui va (d')étonner !..

Bien sûr la place permanente qui vous revient dans l'aura et la richesse de l'Ecole ne nous a pas échappé ainsi que vos apports aux jeunes créateurs.

On vous attend et on compte sur vous pour sa sortie début février...

--
E viva...
Baïeta

André Giordan, Professeur
Laboratoire de Didactique et Epistémologie des Sciences, Directeur
Université de Genève

Courrier électronique giordan@pse.unige.ch
Site Web : http://www.ldes.unige.ch

2007-01-17

CA CONTINUE OU PLUTOT CA RECOMMENCE

> Cher Ben
> Sachez que le livre sur l'école de Nice d'André Giordan et de Biancheri
> ainsi que le livre de Jean Mas sont édités par : les éditions Ovadia !
> à Nice et non pas Grisoni !
> De plus sachez aussi que nous avons toujours un projet de livre en
> Les éditions Ovadia
> anciènnement Les Paradigmes
> F. Ovadia
> 06 64 88 97 77

2006-08-29

BEN ET RESTANY A NICE

Cher Monsieur Vautier

Me referant à mes lettres précédentes, il faut que je vous présente mes excuses.

Je pensais pouvoir vous associer aux nouveaux réalistes car en ce moment vous étiez proche de certaines d’eux. Aujourd’hui je me rends pleinement compte que cette démarche de mes pensées n’avait aucun sens. Surtout le scandale que Restany avait créé autour votre présence au Festival du nouveau réalisme à Nice (été 1961) me parais une bonne raison pour conclure que vous n’auriez jamais eu l’intention de même envisager de faire partie du groupe des nouveaux réalistes.

Je ne manquerai pas d’insister sur cette divergence entre vous et les nouveaux réalistes dans le résultat final de ma thèse, car ma seule intention est d’écrire une histoire d’art correcte. Si vous décidez quand même de me transmettre votre point de vue sur ces faits remarquables je vous en serais infiniment reconnaissant.

Je vous envoie mes meilleurs salutations,

Joris Joachim D'HOOGHE
Kerkhofstraat 54
1600 Sint-Pieters-Leeuw, Belgique
Fax : +32 (0)23310233