BULGARIE

République de Bulgarie
Capitale : Sofia
Superficie : 110 994 km2
Population : 8 950 000 hab.

Situation actuelle 1994

Les Bulgares ont une personnalité ethnique et nationale bien établie ; les Macédoniens n'en sont qu'une variante régionale et les Pomaks, une très petite minorité musulmane. Ne comportant aucune minorité ethnique territoriale, la Bulgarie n'a rien à céder à ses voisins mais a, par contre, des territoires à récupérer.

Analyse et propositions ethniste

Pour ce qui est des rapports particulièrement complexes avec la Macédoine, il suffira de rappeler le rôle capital joué dans l'histoire bulgare par le patriarcat orthodoxe d'Ohrid, ville située dans ce dernier pays. Plus près de nous, c'est également de Macédoine qu'est parti au XIXe siècle, le réveil national bulgare. Les appétits impérialistes des autres voisins de cette région linguistiquement et culturellement bulgare ont conduit les Slaves macédoniens à se distinguer nationalement des autres Bulgares. Mais rien n'empêche de croire à la pertinence et au bien fondé d'une unification de ces deux pays pour peu que changent les configurations géopolitiques balkaniques.

Avec la Roumanie, le traité de délimitation de la Dobroudja en 1941 n'a jamais vraiment été remis en question car il était très correct. Il n'a laissé au nord de celle-ci que quelques îlots bulgares très éloignés de la frontière dont la situation ressort du statut des minorités non territoriales .

Avec la Serbie, composante dominante de la République fédérale de Yougoslavie, un contentieux important existe qui porte sur un certain nombre de districts de la Serbie orientale. Deux étaient reconnus comme bulgares par l'ancienne Yougoslavie, ceux de Bosilegrad et Dimitrovgrad; ils pourraient donc être rattachés à la Bulgarie sans condition.

Plus délicate est la question de l'appartenance des districts torlaques, peuplés par les Bulgares serbisés de la région de Nich. Si se faisait jour chez eux un sentiment ethnique et national bulgare, un statut d'autonomie nationale devrait leur être concédé par les Serbes, préliminaire indispensable avant leur rattachement à la Bulgarie. Leur actuel chauvinisme serbe est le fruit du refoulement de leur véritable personnalité ethnique; il entrave bien évidemment la libre expression de cette dernière.

Avec la Grèce, les frontières doivent être revues et corrigées au détriment de cet État qui englobe de notables minorités bulgarophones, orthodoxes mais aussi musulmanes-pomaques. Les minorités habitant les zones frontalières de la Macédoine doivent évidemment être d'abord rattachées à ce pays quel que soit le futur de celui-ci; celles vivant en Thrace, seront, elles, directement rattachées à la Bulgarie. Cependant, il y a lieu de rejeter catégoriquement tout rêve bulgare d'un accès direct à la mer Egée.
Du côté de la Turquie, la Bulgarie pourrait abandonner ses prétentions justifiées sur la région d'Edirne encore partiellement peuplée de Bulgares en échange du rapatriement progressif de 800 000 Turcs. A l'inverse, les Bulgares et Pomaks turquisés résidant dans l'État turc gagneraient la Bulgarie.
Ces différents processus auraient pour corollaire la mise en place par l'État bulgare de structures fédérales, souhaitables pour faciliter l'union avec la Macédoine. D'autre part, s'impose une stricte application du droit des minorités ethniques et religieuses, particulièrement en ce qui concerne les importantes communautés tsigane et turque. Ce sont là les conditions nécessaires à la réalisation et à la réussite de la réunion de tous les Bulgares.

Jean-Louis Veyrac 1994

Voir aussi :
Grèce, Macédoine, Roumanie, Yougoslavie

carte

tableau des populations, ethnies, langues, religions

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